Archive pour janvier 2010

Frédérique Deghelt – La vie d’une autre

Marie est une jeune femme de 25 ans qui vient tout juste de terminer ses études et de décrocher son premier emploi. Alors qu’elle fête cela avec ses amis, elle rencontre Pablo et finit par passer la nuit avec lui. Elle se réveille le lendemain matin à… 37 ans !

Son dernier souvenir date d’il y a 12 ans et elle se retrouve mariée avec des enfants dont elle ne sait pas quoi faire ni comment il faut s’en occuper, elle ne sait pas si elle a un travail ou d’autres obligations, ne sait pas non plus si elle a les mêmes amis à qui elle pourrait demander de l’aide… N’osant rien avouer ni à son mari ni à ses proches, elle va tenter de jouer son rôle tout en enquêtant sur ce qu’elle a oublié. En général, l’amnésie est provoquée par un choc, qu’a-t-il donc bien pu se passer pour qu’elle tire un trait sur tout un pan de sa vie ? Marie a bien évidemment envie de retrouver ses souvenirs et en même temps peur de découvrir des choses qui ne lui plaisent pas.

J’ai bien aimé ce livre, je me suis posée plein de questions ! Comment je réagirais si je me retrouvais dans cette situation ? Y a-t-il des choses dont j’aimerais ne plus me souvenir ? On trouve aussi pas mal d’interrogations sur la relation amoureuse et sur le désir d’enfants.

J’avais été attirée par le titre du livre totalement par hasard dans une librairie et je ne suis pas du tout déçue de l’avoir acheté !

Livre de poche, janvier 2010

Lisa Schroeder – I heart you, you haunt me

Le livre commence pendant les funérailles de Jackson. C’est Ava, 15 ans, celle qui fut l’amour de sa vie, qui nous en parle. Tout le récit est écrit en vers, ce que j’ai trouvé – en plus d’être assez original – particulièrement touchant, on se sent vraiment proche des pensées de la narratrice. On comprend ses sentiments, la tristesse bien évidemment mais aussi la culpabilité ou encore la colère qu’il l’ait quitté alors qu’il lui avait juré qu’ils seraient toujours ensembles. Et puis il y a aussi les relations avec les autres, les vivants, ses parents et ses amis qui aimeraient la consoler… mais Ava est toujours autant accablée par le chagrin et les remords.

Et puis un jour, Jackson lui apparaît, elle voit son reflet dans le miroir et ressent sa présence et elle se sent mieux quand il est là. Seulement elle ne peut pas rester tout le temps chez elle, tout le temps avec lui…

C’est donc un livre que je conseille vivement, qui traite le deuil d’une belle manière, qui ne vous laissera sans doute pas insensible, et qui vous aidera peut-être. Un beau livre pour un sujet délicat.

Je ne sais pas si une traduction en français de ce livre est prévue mais si vous avez un bon niveau d’anglais il n’est pas très compliqué à comprendre.

L’avis de Clarabel qui m’avait donné envie de le lire.

Editions Simon Pulse, janvier 2008

YOSHIDA Shuichi – Park Life

Un petit mot sur l’auteur : Né en 1968 à Nagasaki, Yoshida Shuichi suit des études de gestion à l’Université Hosei à Tôkyô, avant de commencer à écrire. En 1997, il obtient le prix Bungakkai du premier roman pour Saigo no musoko (« Le Dernier fils »). Depuis il a publié de nombreux romans, plusieurs ont été couronnés par des prix littéraires. Park Life (パーク・ライフ ) dont je vais vous parler maintenant a reçu le prix Akutagawa en 2002.

Il s’agit d’un roman très court – une centaine de pages environ – il est donc assez difficile à résumer. L’histoire commence dans le métro lorsqu’un jeune homme adresse la parole à la personne qui est à côté de lui alors qu’il ne la connaît pas. Celle-ci pour lui éviter la honte d’avoir adressé la parole à une inconnue fait semblant de le connaître et lui répond comme si de rien n’était. C’est dans le parc où il a l’habitude d’aller tous les jours pour se détendre qu’il va la revoir. Le récit est une suite de souvenirs et d’anecdotes du narrateur qui finissent toujours par avoir un rapport avec ce fameux parc mais aussi de dialogues étranges avec l’inconnue du métro.

Sans aller jusqu’à dire que j’ai été déçue, ce n’est pas un roman qui m’aura particulièrement marqué. Il y a certes des aspects intéressants dans la relation du narrateur avec les autres personnages mais on survole le texte sans vraiment se sentir concerné. Je tenterai tout de même de lire Parade qui vient de sortir aux éditions Philippe Picquier avant de me faire un avis définitif sur Yoshida Shuichi.

Editions Philippe Picquier poche, janvier 2010

Ceridwen Dovey – Les liens du sang

Dans un lieu et à une date non précisée dans le roman, les conséquences d’un coup d’Etat orchestré contre le Président en fonction nous sont contées par son portraitiste, son coiffeur et son cuisinier. Ces trois personnages ainsi que des personnes de leur entourage prennent tour à tour la parole. Chacun raconte comment il est traité après le coup d’Etat mais revient aussi sur son passé, son histoire et on découvre petit à petit les liens qui les unissent et leur rapport avec le Président déchu. La personnalité de chacun se dévoile et des aveux voient le jour dans ces circonstance extrèmes.

C’est un portrait plutôt pessimiste sur la nature humaine que nous dresse Ceridwen Dovey, mais elle le fait avec beaucoup de talent. Un premier roman réussi.

Editions 10×18, janvier 2010 (précédemment publié aux Editions Héloïse D’Ormesson en août 2008)

Anna Godbersen – Envy, A Luxe Novel

Envy - Anna GodbersenVoici le troisième volet de la série « The Luxe » écrite par Anna Godbersen. The Luxe c’est un peu Gossip Girl version 19e siècle, avec son lot d’intrigues, de rebondissements, de trahisons mais aussi d’histoires d’amour !

Dans ce troisième tome, nous retrouvons la même formule que dans les précédents avec nos personnages préférés… ou non ! Attention si vous n’avez pas lu les deux premiers volumes je vous conseille de ne pas lire le paragraphe suivant.

A la fin du précédent tome, nous avons laissé Diana Holland dans un état de désespoir total puisque son bien-aimé, Henry Shoonmaker, venait d’épouser la machiavélique Penelope Hayes. Nous la retrouvons dans un état tout aussi désespéré dans Envy, alors qu’elle brûle toutes les lettres que lui envoie Henry et où il tente de lui expliquer cette surprenante décision. Va-t-elle finir par apprendre qu’il a fait cela pour la protéger suite au chantage de Penelope ? Du côté de sa sœur ainée, Elizabeth, ça ne va pas mieux, elle porte toujours le deuil de Will sans pouvoir l’afficher puisqu’elle l’avait épousé en secret et qu’elle doit agir comme si avait été kidnappée. Pourtant toute la société new-yorkaise attend qu’elle fasse son retour dans le monde… Quant à « Miss Carolina Broad », ex-employée de maison de la famille Holland, elle a quasiment réussi à s’intégrer à cette société pourtant tellement select grâce à la protection de Carey Lewis Longhorn, mais peut-être devrait-elle se méfier car la chute pourrait arriver plus vite que son ascension…

Je vous préviens, il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre ces aventures car il y a un rebondissement à chaque chapitre ! C’est ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas car pour ma part les descriptions des parures et autres objets de luxe de tous nos protagonistes ont tendance à gâcher un peu mon plaisir. Mais je continue à suivre cette série avec avidité car, je dois bien avouer que j’ai un petit faible pour Henry Shoonmaker ;)

Pour celles dont le cœur a déjà palpité à la lecture de Rebelles et de Rumeurs, réjouissez-vous car le livre sort en français sous le titre « Tricheuses » le 3 mars aux Editions Albin Michel, Collection Wiz.

La suite est déjà sortie en anglais en novembre dernier, son titre : Splendor ; il faut vite que je me l’achète, je veux savoir la suite !

Harper Collins, février 2009

Belles de pub

Belles de pubCe livre réunit 400 images publicitaires depuis la fin du 19e jusqu’à plus de 100 ans plus tard,  mettant en scène la femme. De la femme au foyer à la pin-up, de la ménagère à la femme du monde, voici 400 images pour se plonger dans le passé.

Le classement des images n’est pas chronologique mais par type de produits ce qui nous permet de constater l’évolution des styles mais aussi des mœurs. Il y en a des drôles, des  élégantes, des modernes pour leur époque, sur divers supports, par des artistes plus ou moins connus, bref il y a de tout ! Certains slogans valent aussi leur pesant de cacahuètes et certains seraient d’ailleurs inimaginables maintenant (et je ne parle pas seulement des pubs pour les cigarettes ou les boissons alcoolisées).

Beaucoup des marques présentes dans ces pages ont disparu et on en deviendrait presque nostalgique d’une époque que l’on n’a pas connue, quoique je suis bien contente d’avoir toujours eu l’électricité et de n’avoir jamais utilisé les toutes premières machines à laver le linge !

Un livre que j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder, un petit bémol cependant sur le fait que les images ne sont pas toujours datées, c’est dommage  j’aurais aimé avoir plus de repères.

Par François Bertin et Claude Weill, Editions Ouest France, 2004

Daphné Du Maurier – Rebecca

Rebecca - Daphné du MaurierDaphné Du Maurier a écrit ce livre en 1938, il a été porté à l’écran deux ans plus tard par Alfred Hitchcock avec Laurence Olivier, Joan Fontaine et Judith Anderson. En voici l’histoire :

Une jeune fille issue d’un milieu modeste devient dame de compagnie lorsqu’elle se retrouve orpheline. C’est lors de son séjour à Monte-Carlo où elle accompagne Mrs Van Hopper, une vieille femme aisée et superficielle, qu’elle fait la connaissance de Maximilien de Winter. Ce dernier habite la magnifique propriété de Manderley mais on dirait qu’il tente d’y échapper depuis la mort tragique de sa femme Rebecca. Lorsque Mrs Van Hopper décide du jour au lendemain de partir pour New York, Maxim de Winter demande à la jeune fille de l’épouser. L’arrivée de la nouvelle Mme de Winter ne va peut-être pas plaire à tout le monde à Manderley car le souvenir de l’ancienne épouse continue de hanter le domaine.

J’ai vraiment adoré ce roman, le style de l’auteur, l’ambiance de cette grande maison anglaise, les paysages, les questionnements de l’héroïne, la peur inspirée par Mrs Danvers qui est tellement bien décrite qu’on a envie de s’enfuir à chaque fois qu’on voit son nom apparaître. Plus on avance dans l’histoire et plus on a envie d’en savoir plus, c’est typiquement le genre de livre à cause desquels je suis à deux doigts de rater ma station de métro tant je suis plongée dans l’histoire ! Si vous aimez la charme de l’Angleterre des années 30 et les films d’Hitchcock, ne passez pas à côté de ce livre !

Disponible en Livre de Poche

Martin Page – Une parfaite journée parfaite

Une parfaire journée parfaite

Nous avions découvert Martin Page avec Comment je suis devenu stupide dans lequel le narrateur plongeait délibérément dans l’alcoolisme afin de ne plus être capable d’analyser sa triste vie. Voici son deuxième roman : Une parfaite journée parfaite.

Dans ce court roman, nous suivons la journée du narrateur, une journée somme toute banale, celle que nous vivons à peu près tous chaque jour. Le réveil sonne, on se lève, prend le petit déjeuner, part travailler. Sauf que tout au long de cette journée, il va tenter de trouver la meilleure méthode pour se suicider car tel est son objectif, un peu à l’instar d’Antoine dans le premier roman de Martin Page. On peut voir dans ce roman une critique de la société de consommation mais pas seulement. Il raconte aussi le malaise d’un homme et ce qu’il invente pour oublier son désespoir, comme par exemple le quatuor de mexicains reprenant les standards pop-rock qu’il croise tout au long de sa journée, dans l’ascenseur ou à la cantine. Ce livre est bourré de trouvailles, d’humour et de métaphores et d’une grande richesse bien qu’il ne fasse qu’une centaine de pages.

Un roman qui se lit agréablement et arrive à faire sourire malgré son sujet, je le conseille si vous aimez le cynisme et l’humour noir.

Editions Points, janvier 2010

Orgueil et préjugés et zombies : le retour !

Je vous en parlais il y a peu, une suite à Orgueil et préjugés et zombies va paraître en mars 2010 aux  États-Unis ; il s’agit en fait d’une préquelle qui nous racontera la jeunesse d’Elizabeth Bennett et son apprentissage du combat contre les zombies.

Dawn of the Dreadfulls

D’autre part, un nouveau livre dans le même genre est annoncé, toujours aux USA, pour août 2010, il s’agit cette fois d’une parodie d’Anna Karénine de Léon Tolstoï qui s’intitulera Android Karenina. Cette célèbre histoire va être transposée dans un univers steampunk peuplé de robots et de cyborgs. C’est Ben H. Winters qui en sera l’auteur ; il est déjà l’auteur de Sense and Sensibility and Sea Monsters qui est sorti en septembre dernier.

Pour l’instant je ne sais pas si des sorties françaises sont prévues mais on en reparlera sûrement !

Melissa Marr – Ne jamais tomber amoureuse (Wicked Lovely)

Ne jamais tomber amoureuse - Wicked lovely

Aislinn est une jeune fille qui possède la Vue, tout comme sa mère, morte à sa naissance, et sa grand-mère avec qui elle vit. Elle a donc la capacité de voir les créatures féériques qui l’entoure ce qui ne rend pas sa vie très simple car elle ne doit surtout pas leur révéler qu’elle les voit. C’est le plus souvent chez son ami Seth qu’elle trouve refuge car ce dernier vit dans un train ce qui éloigne ces créatures qui ne supportent pas le contact du métal. Il est en plus beau et attentionné envers elle et on se dit dès le début du roman qu’on aimerait bien qu’une idylle naisse entre eux car la demoiselle a l’air d’être secrètement amoureuse de lui !  Mais, et oui il y a un mais sinon ça ne serait pas drôle, Keenan, le Roi de L’Eté l’a choisie pour devenir sa reine et il a bien l’intention de tout mettre en œuvre pour la séduire et se débarrasser de la malédiction que lui a lancé sa mère, la Reine de l’Hiver et qui entrave ses pouvoirs. Notre héroïne va donc devoir faire son choix entre les deux garçons, mais peut-elle vraiment lutter contre le destin ?

On ne peut pas vraiment dire que j’ai été très emballée par ce livre car je dois avouer m’être un peu ennuyée par moments. Malgré un début prometteur, il ne se passe finalement pas grand-chose ; une révélation vers la fin du livre offre un petit moment de surprise mais à part cela le scénario est tout de même assez basique. J’ai bien aimé les citations au début de chaque chapitre, tirées d’ouvrages anciens sur les fées qui nous instruisent sur les mœurs de ces créatures. On comprend donc bien les réticences d’Aislinn à se laisser séduire par Keenan (les beaux yeux de Seth mis à part !) car les fés savent utiliser de nombreux subterfuges pour tromper les humains ! En revanche, je n’aime pas le titre qui a été choisi en français qui ne reflète pas l’histoire et encore moins la couverture, celle de la version originale est bien plus jolie !

C’est donc une lecture qui n’est pas déplaisante mais qui manque d’un petit quelque chose pour la rendre vraiment intéressante, on espère un peu plus de rebondissements dans les prochains livres car Melissa Marr a déjà sorti deux autres romans : Fragile Eternity, la suite de Ne jamais tomber amoureuse et Ink Exchange, qui se déroule dans le même univers mais avec des personnages différents. La suite, Radiant Shadows, est prévue pour avril 2010. Y’a plus qu’à attendre que tout ça soit traduit !

Universal Pictures a acquis les droits de l’adaptation cinématographique, je ne manquerai pas de vous en parler dès qu’on en saura plus !

Editions Albin Michel, Collection Wiz, janvier 2010