Archive pour avril 2010

KATAYAMA Kyoichi – Un cri d’amour au centre du monde

Un cri d'amour au centre du monde - KatayamaSakutaro n’arrive pas à se remettre de la mort de son âme sœur, Aki, décédée en peu de temps d’une leucémie.

Sous forme de flashback, il se remémore sa rencontre au collège avec Aki, et l’évolution de leur relation au fil du temps. Le temps passé ensemble à réviser, les longues discussions, le premier baiser… Le lecteur découvre alors une belle histoire d’amour tout en connaissant la fin inéluctable. Ce genre de livre est assez terrible car on sait dès le début comment cela se termine mais on y croit encore, comme si on pouvait faire changer les choses.

Quoi qu’il en soit c’est un très beau roman, emprunt de poésie et de sensibilité, qui donne à réfléchir sur la souffrance, la maladie et la mort. L’amour disparaît-il une fois que l’être aimé n’est plus ? Y a-t-il quelque chose après la mort ? Des questions auxquelles Sakutaro devra trouver ses propres réponses.

Un cri d’amour au centre du monde (Sekai no Chūshin de, Ai wo Sakebu, 世界の中心で、愛をさけぶ) a été adapté en manga, en film et en drama.

Livre  de poche, septembre 2008

Michael Chabon – Le club des policiers yiddish

le-club-des-policiers-yiddishCe roman, à la fois policier et uchronique, se déroule à Sitka, Alaska, territoire concédé au début des années 1940, en guise de terre promise afin d’accueillir les Juifs d’Europe de l’Est. Le climat y est difficile au sens propre comme au figuré.

Meyer Landsman, flic têtu et solitaire, est séparé de sa femme et vit depuis dans une chambre d’hôtel. Son coéquipier, Berko Shemets, un métis indien par sa mère et juif par son père constitue en quelque sorte sa seule famille.

Pour cause de rétrocession territoriale imminente, il ne sait, ni si il sera encore inspecteur ni si il sera autorisé à rester sur le territoire une fois qu’elle aura eu lieu. Pourtant, lorsqu’un occupant d’une chambre voisine est assassiné d’une balle dans la nuque, il se lance coûte que coûte à la recherche du meurtrier. Lorsque la victime s’avère être le fils du rebbè des verbovers, puissante communauté fondamentalistes juives, il s’entête encore plus à élucider cette affaire même si son ex-femme, devenue son supérieur hiérarchique, lui a demandé de classer l’affaire.

Le club des policiers yiddish n’est pas un banal roman policier en dépit du caractère archétypal de son personnage principal. Michael Chabon nous dévoile petit à petit le contexte uchronique à travers les souvenirs de Landsman. Quant à l’utilisation des termes d’argot dérivés du yiddish, ils ne constituent en aucun cas un obstacle à la lecture et à la compréhension de l’intrigue (il y a de toute façon un glossaire à la fin qui vous aidera à comprendre les principaux termes).

En conclusion, un roman sans conteste intéressant et maitrisé qui va plus loin qu’un simple roman noir.

Il a été couronné de nombreux prix dont le Prix Hugo 2008 du meilleur roman.

Robert Laffont, janvier 2009

A noter : Pour ceux qui n’auraient pas envie de l’acheter en grand format, le livre sort en poche le 6 mai prochain aux éditions 10×18.

Beastly au cinéma !

Sortilège (Beastly), le livre d’Alex Flinn, sorti aux éditions Hachette dans la collection Black Moon en juin 2009, a été adapté sur grand écran par le réalisateur Daniel Barnz. On retrouve à l’affiche Alex Pettyfer dans le rôle de Kyle, Vanessa Hudgens, Neil Patrick Harris ou encore Mary Kate Olsen.

Sortie en France le 20 octobre 2010 !

La bande-annonce (en VO) :

Ellen Kushner – A la pointe de l’épée

A la pointe de l'épée - Ellen KushnerRichard Saint-Vière est le plus fameux des tueurs des Bords-d’Eau, le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu’impitoyable, violent à ses heures, ce dandy scandaleux gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale. Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons, certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint-Vière va dès lors se retrouver au cœur d’un inextricable dédale d’intrigues politiques et romanesques qui pourraient bien finir par lui coûter la vie…

Voici un roman très orignal, il ne s’agit pas vraiment de fantasy, pas tout à fait non plus d’un roman de cape et d’épées… L’auteure le présente comme un mélodrame d’honneur, c’est tout à fait cela !

Attention, ceux qui recherchent une aventure palpitante remplie de combats épiques avec ce roman risqueraient d’être fortement déçus, au contraire l’histoire est racontée avec beaucoup de poésie et son rythme n’est pas vraiment soutenu. Pour autant, je ne me suis pas du tout ennuyée et j’ai vraiment la sensation d’avoir lu un livre à part, qui m’a vraiment permis de m’évader dans un autre univers.

Folio, mars 2010

Chuck Palahniuk – Pygmy

Pygmy - PalahniukPygmy, protagoniste et narrateur de ce roman épistolaire, est un jeune garçon de 13 ans, originaire d’un mystérieux Etat totalitaire, qui a été envoyé aux Etats-Unis avec d’autres jeunes de son âge dans le cadre d’un programme d’échange culturel. Leur objectif caché est en fait de découvrir l’american way of life pour mieux infiltrer le pays et mettre en œuvre une action terroriste sans précédent, l’opération Dévastation.

Chaque chapitre est un rapport écrit par Pygmy, alias l’opérateur 67, dans lequel il décrit froidement ses actions dans un français extrêmement malmené, souvent difficile à décrypter. Le propos de Palhniuk, déjà présent dans le reste de son oeuvre est de dénoncer les pires côtés de la société américaine. Ici, il a choisit de la confronter à la conviction et au fanatisme de jeunes terroristes. Malheureusement, le procédé stylistique utilisé est beaucoup trop fatigant pour retenir l’attention du lecteur sur les 250 pages du roman ; il faudra donc beaucoup de concentration et de persévérance pour arriver au bout. Je conseille d’ailleurs à ceux qui voudraient le lire de le feuilleter au préalable en librairie pour éviter toute (mauvaise ?) surprise. Chapeau au traducteur d’ailleurs (Bernard Cohen) qui n’a pas dû s’amuser tous les jours avec ce roman de Palhniuk. En tout cas au final, ce fut pour moi une lecture en demi-teinte.

Denoël & D’ailleurs, avril 2010

Douglas Coupland – jPod

jPod - Douglas CouplandCe nouveau – enfin quand je dis nouveau, il faut savoir qu’il est sorti dans sa version originale en 2005 mais qu’il a été traduit en France il y a seulement quelques mois – ce nouveau roman de Douglas Coupland donc, racontre l’histoire d’Ethan Jarlewski et de l’équipe de programmeurs de jeux vidéos avec laquelle il travaille.

L’équipe du jPod, qui doit son nom au fait que les 6 membres de l’équipe ont leur nom ou prénom qui commence par un J, se voit obligée d’intégrer un personnage de tortue dans un jeux vidéo de skate alors que ce dernier était quasiement terminé.

En plus de ses problèmes au travail, Ethan est constamment dérangé par sa mère, femme au foyer qui cultive des plants de marijuana ; son père, qui a abandonné sa carrière pour devenir acteur figurant et son frère qui fraye avec Kam Fong, riche trafiquant chinois qui va rapidement se retrouver impliqué dans les affaires de la famille Jarlewski.

Même si le livre n’est pas du tout désagréable à lire, on ne sait pas trop où Douglas Coupland veut nous mener, et le fait est qu’il ne nous mène pas bien loin. Si le côté loufoque et déjanté de ses précédents romans est toujours là, le propos est trop léger pour laisser une trace chez le lecteur une fois le livre refermé. Certains passages m’ont tout de même bien fait rire mais encore faut il connaître un peu le milieu des geeks. Petite déception donc pour cet auteur qui m’avait vraiment emballée avec Girlfriend in a coma ou Eleanor Rigby.

Au Diable Vauvert, janvier 2010

Tokyobanhbao – Serial-Shoppeuse, le (presque) guide

Vous connaissez peut-être déjà Tokyobanhbao via le blog  Le monde de Tokyobanhbao.

Une BD vient de sortir, toutes les shopping-addicts se retrouveront sans doute dans de nombreuses situations. Bah oui, comment résister à la petite paire de bottines en vitrine, est-ce qu’on doit attendre les soldes au risque qu’il n’y ait plus sa pointure ? Ne me dites pas que vous ne vous êtes jamais posé cette question !

Entre les grands magasins à Paris et les soldes à Londres, l’héroïne de la BD ne sait plus où donner de la tête. La cure de désintox paraît indispensable, non ?

Les dessins sont plutôt mignons, la bouille du personnage m’a souvent fait sourire même si les situations décrites ne m’ont pas semblé très originales.

En bref, c’est rigolo, léger, on passe un bon moment, idéal pour se détendre après une journée pourrie au boulot, mais pas forcément indispensable dans votre bibliothèque.

Editions Paquet, avril 2010

Lydia Lunch – Déséquilibres synthétiques

Déséquilibres synthétiques - Lydia LunchFigure emblématique de l’underground new-yorkais, Lydia Lunch est à la fois chanteuse, poétesse, écrivain et actrice. Elle est née en 1959 à Rochester, dans l’Etat de New-York. Victime d’inceste, elle quitte à seize ans le foyer familial pour connaître la rue et les bas-fonds de New York City : alcool, drogue et prostitution. c’est grâce au groupe Teenage Jesus and the Jerks, groupe de no wave dont elle est à l’origine avec James Chance, qu’elle commencera à se faire connaître. A partir de 1978, elle commence également à se produire dans des films indépendants. Et ce n’est que le début d’une longue carrière qui continue aujourd’hui.

Ce livre réunit à la fois des textes autobiographiques et des nouvelles de fictions, ainsi que des interviews. A la lecture, on se demande d’ailleurs parfois où commence la réalité et où s’arrête la fiction.

Je n’ai pas tout aimé dans ce livre mais il m’a permis d’en apprendre plus sur Lydia Lunch qui se dévoile sans aucune pudeur, tout en étant tout a fait consciente de l’image qu’elle véhicule. Un livre en tout cas très intéressant pour qui s’intéresse un peu à cette artiste et au milieu underground en général, j’ai beaucoup aimé notamment son interview de Hubert Selby Jr. (Last Exit to Brooklyn, Le Démon…).

A noter : Lydia Lunch sera en concert au Batofar (Paris) le 24 avril prochain.

Au Diable Vauvert, avril 2010

ISHIDA Ira – Ikebukuro West Gate Park III

ikebukuro_west_gate_park_iii_-_rave_d_une_nuit_d_eteSitôt terminé le volume II, je me suis lancée dans la suite des aventures de Makoto, solutionneur d’embrouilles à Ikebukuro.

Ce volume est constitué cette fois d’une seule histoire intitulée Rave d’une nuit d’été. Une drogue appelée Snake Bite et dont les effets sont extrêmement puissants s’est mise à circuler et de plus en plus de gens en prennent, notemment lors des raves organisées par la société Heaven. Les petites pilules vertes de Snake Bite sont exclusivement distribuées par des dealers portant un tatouage sur la main en forme de serpent qui se mord la queue ; ils se font appeler Ouroboros.

Ses effets s’avèrent rapidement dangereux, occasionnant la violence et pouvant aller jusqu’à la mort de ceux qui en absorbent. C’est pourquoi on fait encore appel à Makoto pour tenter, avec l’aide des G-Boys, de mettre fin à ce trafic. Mais le poisson à ferrer n’est-il pas cette fois-ci trop gros pour Makoto, simple solutionneur d’embrouilles de quartier ?

La formule opère toujours sur moi, j’aime bien mener l’enquête au côté de Makoto dans ce quartier d’Ikebukuro qui au fil des histoires est devenu familier au lecteur. Certes ce volume n’est pas plus original que les autres mais on le lit avec le même plaisir.

Éditions Philippe Picquier, février 2010

ISHIDA Ira – Ikebukuro West Gate Park II

ikebukuro_west_gate_park_2Dans ce Ikebukuro West Gate Park II, nous retrouvons Makoto, solutionneur d’embrouilles dans le quartier d’Ikebukuro à Tokyo. Une fois de plus, ce jeune homme qui tient un magasin de fruits et légumes avec sa mère va se retrouver plus ou moins malgré lui dans des histoires insensées qu’il va devoir résoudre à l’aide de ses connaissances du quartier.

Il va ainsi devoir sauver un petit garçon atypique pour qui il s’est pris d’amitié, fils d’une star du petit écran et d’un chef yakouza, lorsqu’il sera victime d’un kidnapping. Puis sa gentillesse coutumière va le mêler une fois de plus à une histoire louche en tentant de convaincre une prostituée qu’elle doit mieux s’occuper de sa fillette de 11 ans. Il recherchera également à démasquer un réseau de faux-monnayeurs avant de se retrouver entraîné dans un une sombre histoire d’agressions répétées de SDF.

J’avais beaucoup apprécié le premier volume, il en est de même pour celui-ci. Makoto est vraiment un personnage que j’aime beaucoup, car c’est quelqu’un de vraiment simple, modeste, qui aide les autres par pure gentillesse et parce qu’il aime ce quartier où il vit depuis toujours.

Avec Ikebukuro West Gate Park, dont il a également fait un manga, Ishida Ira a connu un grand succès, à tel point qu’un drama (série télévisée) en a été tiré en 2000. Il est également l’auteur du manga Akihabara@ Deep, décliné lui aussi en drama en 2006.

Éditions Philippe Picquier, mai 2009