Archive pour juillet 2010

Dacre Stoker & Ian Holt – Dracula, l’Immortel

Dracula l'immortelDacre Stoker, arrière-petit-neveu de Bram Stoker, nous propose, avec le concours de Ian Holt (historien et membre de la Société transylvanienne de Dracula), la suite du chef d’oeuvre Dracula, écrit à partir des notes de son arrière-grand-oncle lui-même.

Vous connaissez sans doute le roman originel, je n’ai donc pas besoin de vous le résumer (de toute façon, c’est fait dans le prologue du présent ouvrage, au cas où). Vingt-cinq ans après la fin du roman de Bram Stoker, nous retrouvons nos six héros d’antan ; chacun a été extrêmement marqué par sa rencontre avec Dracula et aucun n’a pu retrouver une existence normale.  Jonathan est devenu alcoolique et ne supporte plus la vue de sa femme Mina sur qui le temps n’a aucune emprise, le docteur Seward poursuit ses recherches, persuadé que cette histoire n’est pas terminée, Lord Godalming se terre et refuse toute communication avec ses anciens compagnons… Très vite, l’intrigue se porte sur Quincey Harker, le fils de Jonathan et Mina qui se passionne pour le théâtre au grand regret de son père qui souhaite le voir terminer ses études de droit et suivre ses traces. Lors d’une représentation au théatre de l’Odéon, il va faire la rencontre de Basarab, acteur roumain dont le talent est inégalable ; c’est à ce moment que des morts inexpliquées commencent à se produire… Le monstre sanguinaire serait-il de retour ?

Voilà, le décor est à peu près planté, il ne me reste plus qu’à vous donner mon avis.

Je ne vais pas parler de déception car les critiques lues précédemment m’avaient prévenue, c’est mauvais. J’ai tout de même tenu à le lire pour voir l’ampleur des dégâts, et croyez-moi, ce n’est pas beau à voir. Outre le style sans intérêt et les passages superflus, le scénario est plutôt grotesque. On dirait que les auteurs ont sélectionné tous les faits et les récits correspondant à l’époque et les ont mis dans un mixer pour en sortir cette bouillie sans saveur. On a donc le loisir de croiser Erszébet Báthory, Jack l’éventreur, et Bram Stoker lui-même pour une aventure totalement abracadabrante, n’ayant ni queue ni tête et bourrée de clichés. Un conseil, passez votre chemin…

Michel Lafon, octobre 2009

Richelle Mead – Frostbite

Richelle Mead - FrostbiteContrairement au premier volume qui plantait le décor et les personnages, ce deuxième tome commence sur les chapeaux de roues. Lissa et Christian sont maintenant officiellement ensemble, ce qui fait naître chez Rose un sentiment de jalousie puisqu’elle ne voit plus autant son amie qu’avant et ne peut lui confier ce qu’elle a sur le cœur. Car elle est toujours amoureuse de Dimitri bien qu’il lui ait fait comprendre qu’une relation entre eux était impossible. C’est alors qu’une attaque perpétrée par les Strigoi contre une famille Moroi met tout le monde à cran, aussi bien les royaux que les dhampirs qui sont leurs gardiens.

Ce tome va être plein de rebondissements pour Rose, tout d’abord elle va s’appercevoir de l’attirance qu’elle exerce sur son ami Mason, revoir sa mère qui ne s’est jamais occupée d’elle, et elle va faire la connaissance d’Adrian Ivashkov, un Moroi qui a l’air de s’intéresser à elle, ajoutons à cela le problème des Strigoi et voilà qui nous promet de ne pas nous ennuyer !

Et en effet, j’ai trouvé Frosbite meilleur que le premier tome de la série, plus rythmé et plus fouillé, à la fois grâce à l’arrivée de nouveaux personnages mais aussi grâce à l’évolution des relations entre certains. Place à l’action donc mais sans oublier les réparties de Rose dont j’aime toujours autant le sale caractère. En revanche, on apprend rien de plus sur le lien qui unit Lissa et Rose, on reste donc avec nos questions, en attendant impatiemment le prochain tome.

Razorbill, avril 2008

Sire Cédric – De fièvre et de sang

De fièvre et de sang - Sire CédricDans une ferme isolée de la région toulousaine, les frères Salaville séquestrent et torturent des jeunes filles jusqu’à ce que mort s’en suive. Après des mois d’enquête, le commandant Alexandre Vauvert et la profileuse Eva Svärta se rendent sur les lieux pour arrêter les criminels. C’est une horreur indescriptible qui les attend, un nombre incroyable de corps mutilés, des miroirs brisés, et surtout ces inscriptions en lettre de sang qui laisse les policiers perplexes quant au mobile de ces homicides.

Pourtant, un an plus tard, à Paris cette fois, de nouveaux meurtres suivant le même procédé ont lieu. Le cauchemar n’est pas terminé…

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi angoissée en lisant un bouquin ! Dès les premières pages j’étais partagée entre l’envie de reposer le livre tout de suite pour m’éviter des cauchemars et celle de continuer à plonger dans cette enquête sordide. C’est mon côté maso qui l’a emporté et j’ai sombré dans l’horreur en compagnie d’Eva Svärta, cette sublime trentenaire albinos qui chasse ses propres démons en même temps que les criminels. L’ambiance générale, même si oppressante, m’a vraiment plu ainsi que les personnages qui sont tous si bien dépeints qu’on a aucun mal à les imaginer (et à les haïr pour nombre d’entre eux). D’autre part, notons que le style de Sire Cédric a encore gagné en maturité et que le scénario est très bien ficelé, rien n’est laissé au hasard. Vraiment, je ne trouve aucun reproche à faire à ce roman et je vous encourage à le lire si vous avez le cœur bien accroché.

Le Pré aux Clercs, mars 2010

David Muñoz/Tirso – Le manoir des murmures, tome 1 : Sarah

Chaque lieu possède ses secrets…

si vous êtes prêt à les entendre.

Le manoir des murmures 1 : Sarah

Nous sommes en Tchéchoslovaquie en 1949 ; Sarah se réveille, désorientée, dans ce qui ressemble à une chambre d’hôpital. Petit à petit elle rassemble ses esprits et se souvient : ses parents sont morts ; ils ont été attaqués par un monstre… Heureusement (ou pas), des médecins l’ont recueillie et vont s’occuper d’elle jusqu’à ce qu’elle aille mieux. Ils lui expliquent qu’il n’y a jamais eu de monstre mais que sa famille a attrapé un virus et qu’elle est la seule survivante…

Très vite, et à l’insu des médecins, elle va faire la connaissance des autres pensionnaires, des enfants qui, comme elle, ont perdu leurs parents dans d’étranges circonstances. Ses sorties nocturnes en compagnie de ses nouveaux amis vont lui en apprendre d’avantage sur la Fondation Broemel et la petite Sarah se pose de plus en plus de questions…

Un premier tome vraiment intrigant qui donne vraiment envie de connaître le fin mot de l’histoire. Le dessin et les couleurs ont un côté glauque et effrayant  qui contraste avec le côté enfantin des personnages et rend le tout encore plus angoissant. Je suis donc tout à fait convaincue et je vais sans aucun doute me procuprer la suite !

Et la très bonne nouvelle, c’est que Les Humanoïdes Associés proposent chaque mois des BD à lire gratuitement sur ordinateur ou sur iPad. Vous pouvez donc lire ce volume en ligne en cliquant sur ce lien. Merci pour cette sympathique initiative.

Les Humanoïdes Associés, novembre 2007

Tom Piccirilli – La rédemption du marchand de sable

Tom Piccirilli - La redemption du marchand de sableJ’avais découvert Tom Piccirilli avec Un chœur d’enfants maudits et je n’avais pas aimé. Compte tenue des nombreuses critiques positives, je me suis laissée tentée par ce thriller. C’est donc avec un peu d’appréhension mais aussi avec pas mal de curiosité que j’ai commencé  La rédemption du marchand de sable (dont je préfère le titre original : The Dead Letters).

La vie d’Eddie Whitt a basculée le jour où sa fille a été assassinée. Ce meurtre fut le premier d’une longue série attribuée à un tueur surnommée Killjoy, selon les propos de Whitt lui-même. Sa femme quant à elle est devenue folle et vit désormais dans une institution spécialisée. Habité par un désir de vengeance, Eddie a laissé tomber son travail de publicitaire et a appris à se servir d’une arme dont il ne se sépare plus. Il mène lui-même son enquête, allant parfois jusqu’à cacher des preuves aux forces de police. En effet, depuis le drame, il reçoit régulièrement par courrier les confidences de Killjoy. La relation qui s’instaure entre les deux personnages est extrêmement ambigüe, d’autant que Killjoy s’est mis à enlever des enfants maltraités pour les confier aux parents dont il a tué la progéniture…

Au début, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire, le style et l’ambiance plus que glauque m’ont rebutée de prime abord et m’ont rappelée pourquoi je n’avais pas aimé Un chœur d’enfants maudits. Cependant, après une trentaine de pages, j’ai été happée par l’intrigue et par les réflexions de Whitt pour tenter de démasquer l’assassin. De plus, j’avais vraiment envie de comprendre ce qui poussait Killjoy à enlever d’autres enfants pour les donner aux familles des victimes. Au final, c’est un roman très réussi dont l’intrigue est bien menée et je le conseille vraiment si vous vous sentez le courage d’affronter cette atmosphère poisseuse. En ce qui me concerne, me voilà réconciliée avec Tom Piccirilli.

Denoël, Lunes d’encre, avril 2009

Bree Despain – Dark Divine

Dark Divine - Bree DespainGrace Divine vit avec ses parents et ses frères et sœurs, Jude, James et Charity, dans une petite ville où son père est pasteur. Après plusieurs années, Daniel Kilby revient et intègre le même lycée qu’elle ; c’est à son cours de dessin qu’elle va le revoir mais elle aura bien du mal à le reconnaître. Il a en effet beaucoup changé depuis la nuit où il a disparu dans des circonstances qui restent pour elle inexpliquées. Jude en revanche a l’air de savoir quelque chose mais il n’a jamais voulu lui raconter ce qui s’était passé ; en tout cas, une chose est sûre, il voit d’un très mauvais œil le retour de Daniel et interdit à sa sœur de le fréquenter. Pas si simple cependant pour Grace car Daniel ne la laisse pas indifférente…

Je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce qui s’est passé cette fameuse nuit !

Ça faisait un moment que j’attendais de lire ce bouquin et finalement j’ai trainé un peu après l’avoir acheté (il faut bien dire que le choix face à une PAL bien fournie est toujours assez compliqué). Pourquoi je vous dis ça ? Parce que je suis bien bête d’avoir attendu car une fois commencé on a vraiment envie de savoir la suite. Pour l’anecdote, j’ai acheté un exemplaire défectueux, il manquait une bonne quarantaine de pages et j’ai donc dû attendre qu’une amie me prête son exemplaire ! (merci Lisa :)) Quelle frustration ! J’étais désemparée en m’en apercevant car le passage en question est une des meilleures scènes entre Grace et Daniel !

Rassurez-vous, une fois rattrapées les pages qui manquaient, j’ai pu assouvir ma faim et je l’ai dévoré en quelques heures, pestant contre l’indécision de l’héroïne qui est peut-être la seule chose qui m’a un peu agacée dans ce roman.

Une fois n’est pas coutume, une suite est annoncée pour décembre 2010 aux USA ; son titre : The Lost Saint.

La Martinière jeunesse, juin 2010

Les parutions de la rentrée

C’est l’été, les vacances pour certains et pourtant on pense déjà aux nouveaux livres qui nous attendent à la rentrée ! Petite sélection personnelle de romans qui vont sans doute rejoindre ma PAL :

Claro – CosmoZ

Claro - CosmoZRéclamés à parts égales par la fiction et le réel, échappés de l’univers mythique du Magicien d’Oz , quelques orphelins du siècle traversent, des tranchées de 14-18 au champignon atomique d’Hiroshima, un demi-siècle de barbarie. Mise à mal par les diverses tornades de l’Histoire, la petite tribu des « Oziens » se confronte aux politiques monstrueuses qui transformèrent l’Europe en une galaxie de camps de concentration et le reste du monde en parcs d’attraction ou en camps retranchés. CosmoZ, une anti-féérie pour revisiter, à l’aune d’un merveilleux qui se rêve résistance, la mortelle illusion des utopies qui, sous mille visages, nous gouvernent.

(Actes Sud, 18 août 2010)

Amélie Nothomb – Une forme de vie

 Amélie Nothomb - Une forme de vie« Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau. »
Amélie Nothomb

Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman Hygiène de l’assassin paru en 1992, elle s’est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec Stupeur et tremblements le Grand Prix de l’Académie française. Une forme de vie est son 19ème roman.

Un extrait est disponible ici.

(Albin Michel, 18 août 2010)

Michelle Zink – Maudites, tome 2 : La gardienne de la porte

Michelle Zink - Maudites 2Lia a désormais pris conscience du rôle qu’elle doit jouer dans la prophétie qui la lie à sa soeur. Contarirement à ce qu’elle croyait, elle n’est pas de la Gardienne de la Porte, mais bien la Porte vouée à s’ouvrir pour laisser les troupes de Satan déferler sur Terre. Mais elle refuse cette destinée et décide de partir à travers l’Europe pour trouver les clefs, d’autres jeunes filles, qui permettront d’empêcher que le Mal n’engloutisse l’univers. Mais ce voyage s’avère extrêmement dangereux et Lia doit faire face à des épreuves dont elle n’aurait pu soupçonner la difficulté…

(Hachette, Black Moon, 25 août 2010)

Sarah Waters – L’indésirable

Sarah Waters - L'indésirableAu hasard d’une urgence, Faraday, médecin de campagne, pénètre dans la propriété délabrée qui a jadis hanté ses rêves d’enfant : il y découvre une famille aux abois, loin des fastes de l’avant-guerre. Mrs Ayres, la mère, s’efforce de maintenir les apparences malgré la débâcle pour mieux cacher le chagrin qui la ronge depuis la mort de sa fille aînée. Roderick, le fils, a été grièvement blessé pendant la guerre et tente au prix de sa santé de sauver ce qui peut encore l’être. Caroline, enfin, est une jeune femme étonnante d’indépendance et de force intérieure. Touché par l’isolement qui frappe la famille et le domaine, Faraday passe de plus en plus de temps à Hundreds. Au fil de ses visites, des événements étranges se succèdent : le chien des Ayres, un animal d’ordinaire docile, provoque un grave accident, la chambre de Roderick prend feu en pleine nuit, et bientôt d’étranges graffitis parsèment les murs de la vieille demeure. Se pourrait-il qu’Hundreds Hall abrite quelque autre occupant?
Dans ce roman à tiroirs, Sarah Waters revisite avec le talent qu’on lui connaît les codes des classiques anglais, d’Henry James à Edgar Allan Poe.

(Denoël, 26 août 2010)

Ian McDonald – Le fleuve des Dieux

Ian McDonald - Le fleuve des DieuxTous les Hindous vous le diront, pour se débarrasser de ses péchés, il suffit de se laver dans les eaux du Gangâ, dans la cité de Vârânacî.
Et, en cette année 2047, les péchés ce n’est pas ce qui manque : un corps aux ovaires prélevés glisse doucement sur les eaux du fleuve ; des intelligences artificielles se rebellent et causent de tels dégâts qu’une unité de police a été spécialement créée pour les excommunier.
Gangâ, le fleuve des dieux, dont les eaux n’ont jamais été aussi basses, se rue vers un gouffre conceptuel, technologique, évolutionnaire – ou peut-être tout cela à la fois.
À travers le kaléidoscope de neuf destins interconnectés, Ian McDonald dresse le portrait d’une Inde future, mais aussi d’une Terre future, où tout n’est que vertige. Souvent considéré outre-Atlantique et outre-Manche comme le roman de science-fiction le plus important des quinze dernières années, Le Fleuve des dieux a reçu le Britisch Science Fiction Award et a été finaliste du prestigieux prix Hugo.

(Denoël, Lunes d’encre, 26 août 2010)

Melissa Marr – Ne jamais te croire

Sombre, tourmenté et dangereusement attirant, il est le roi des Ténèbres et tous les fés le craignent. Chargée d’un lourd passé à seulement dix-sept ans, elle est humaine et ne sait rien de ces intrigues fascinantes et semées de pièges. Tout les sépare. Pourtant, les destins d’Irial et de Leslie sont irrémédiablement liés.

(Albin Michel, Wiz, 1 septembre 2010)

Sarah Rees Brennan – La nuit des démons

Sarah Rees Brennan - La nuit des démonsCertaines personnes naissent avec un don pour la magie démoniaque…

Pour Nick et son frère Alan, ce don s’apprente à une malédiction : depuis que leur père a été tué par un cercle de magiciens parmi les plus puissants et les plus dangereux, leur vie se résume à une éternelle fuite en avant. En effet, Black Arthur, le terrifiant chef du Cercle, cherche à récupérer un talisman dérobé qui lui permettrait d’invoquer les démons… Chacun à leur manière, Nick, le rebelle sombre et taciturne, et Alan, l’éternel optimiste, ont du apprendre à ne compter que l’un sur l’autre. Mais tout change lorsque Mae, une jeune fille menacée par le Cercle, frappe un jour à leur porte.

(Albin Michel, Wiz, 1 septembre 2010)

Rachel Vincent – La voleuse d’âme

Résumé à venir.

(Harlequin, Darkiss, 1 septembre 2010)

Maria V. Snyder – Le souffle d’émeraude

Après des années d’exil, Elena retourne en Sitia, son pays natal, où elle a hâte de retrouver sa famille et de commencer sa formation magique auprès d’Irys, son mentor. Mais rien ne se déroule comme elle l’avait espéré : non seulement son unique frère semble lui vouer une haine farouche et incompréhensible mais de plus, un drame terrifie toute la population sitienne : l’une après l’autre, une série d’adolescentes sont enlevées et assassinées par un magicien rebelle animé de funestes projets. L’occasion pour l’audacieuse Elena de mettre en œuvre les pouvoirs qu’elle vient de se découvrir. Des pouvoirs très particuliers.
Confrontée aux démons de son propre passé et à de dangereux ennemis, Elena peut heureusement compter sur le soutien d’anciens amis, et de Valek, son mystérieux amant…

(Harlequin, Darkiss, 1 septembre 2010)

Thomas Pynchon – Vice caché

Thomas Pynchon - Vice cachéLos Angeles, 1970. Doc Sportello est un détective privé d’un genre particulier : il vit sur une des plages de la ville, est un adepte du joint bien roulé, et, à l’occasion, du trip intersidéral à l’acide. Avec son meilleur ennemi, le flic Bigfoot, il enquête sur l’étrange disparition du milliardaire et homme d’affaires Mickey Wolfmann. Tous deux ont de bonnes raisons de tirer au clair cette intrigue, d’en avoir peur, de se perdre en route pour mieux rebondir à grand renfort de bananes glacées ou de marie-jeanne colombienne. Il faut dire que quelques coups de massue donnés par l’Histoire en marche ont fini de détraquer la Californie et de torpiller le rêve hippie : les émeutes du quartier de Watts à Los Angeles, en 1965, ont crispé les esprits et les tensions raciales se sont exacerbées, les assassinats commandités par Charles Manson ont créé un profond traumatisme, sans compter la guerre du Vietnam qui a ramené en ville une jeunesse paranoïaque et détruite.

Ce polar détourné, aux rebondissements rocambolesques, s’appuie sur une multitude de personnages déjantés avec, comme toujours, un fond musical au son du ukulélé. Pynchon nous offre une nouvelle fois un roman jubilatoire avec un art très aigu du dialogue et des digressions dans l’intrigue.

(Editions du Seuil, 2 septembre 2010)

Beth Fantaskey – Alchimie

Beth Fantaskey - AlchimiePour Jill Jekel et Tristan Hyde, descendants du célèbre Dr Jekyll et de son alter ego Mr. Hyde, l’amour n’est qu’une question d’alchimie…
Depuis l’entrée de Tristan Hyde dans le même collège que Jill Jekel en Pennsylvanie, leurs noms de famille font l’objet de toutes les plaisanteries. En effet, ils rappellent vaguement quelqu’un… Et tous deux ont de bonnes raisons de ne pas rire de ces moqueries. Le père de Jill a toujours cru que sa famille était liée au Dr Henry Jekyll, ce scientifique qui a créé son alter ego maléfique. D’ailleurs, il affirme que la boîte fermée à double tour dans son bureau contient le détail de cette expérience diabolique. Quant à Tristan, ses liens avec l’histoire de Mr. Hyde sont encore plus proches, et plus dévastateurs. Jill sait qu’elle ne doit pas ouvrir cette boîte. Mais quand son père est assassiné, et qu’elle découvre que le compte en banque qui devait payer ses études a été vidé, elle n’hésite plus. Si elle parvient à recréer l’élixir du Dr Jekyll, elle obtiendra sans doute la bourse qui lui permettra d’entrer dans un des meilleurs programmes de chimie des États-Unis. Tristan accepte de l’aider, espérant sauver sa raison et peut-être même sa vie. Si l’on en croit la légende familiale, il est le descendant direct du monstre, ce qui le condamne à perpétrer la violence et le chaos autour de lui. Pourront-ils échapper à leur destin et éviter que l’amour qui les étreint peu à peu ne conduise à leur propre destruction ?

(MSK, 8 septembre 2010)

Lucy Christopher – Lettre à mon ravisseur

Lucy Christopher - Lettre à mon ravisseurGemma, seize ans, se fait enlever à l’aéroport de Bangkok où elle est en transit pour le Vietnam avec ses parents. Ty, un homme séduisant de vingt-quatre ans, lui offre un café et Gemma se retrouve dans un état comateux.

Quelques jours plus tard, elle se réveille dans une maison en bois, au milieu d’un désert de sable rouge, seule au milieu de nulle part. Ni route, ni habitation, ni rien à l’horizon.

(Gallimard jeunesse, Scripto, 9 septembre 2010)

Fabrice Colin – La vie extraordinaire des gens ordinaires

Fabrice Colin - La vie extraordinaire des gens ordinairesGabriel Da Silva Maia est brésilien et épicier. Il est différent des autres car très doué au football. Il a réussi très jeune un exploit unique : marquer trois fois en étant à plus de 100 m du but. Pourtant, il n’est jamais passé professionnel.

Recueil de nouvelles sur des gens à la fois ordinaires et extraordinaires.

(Flammarion, 15 septembre 2010)

Catherine Kalengula – Obsession

Catherine Kalengula - ObsessionGisèle, une jeune danseuse française de dix-neuf ans, débarque à New York dans le but de faire carrière dans l’un des théâtres de la mythique Broadway. Mais elle rate son audition et voit ses rêves s’envoler. Pourtant, elle est remarquée par le propriétaire du théâtre, qui lui propose un poste de femme de ménage dans son établissement : elle pourra ainsi assister discrètement aux répétitions en attendant de trouver un rôle dans un spectacle. Mais bientôt, des phénomènes étranges se manifestent autour de Gisèle. Elle apprend alors qu’un jeune danseur s’est suicidé dans ce théâtre, quatre décennies auparavant. Gisèle est-elle devenue folle, ou est-il possible que la présence qui semble l’enlacer lorsqu’elle s’entraîne en cachette sur la scène du théâtre soit un fantôme ?

(Hachette, Black Moon, 15 septembre 2010)

Elizabeth Chandler – Le baiser de l’ange, tome 3

Ivy a échappé de peu à la mort et veut comprendre ce qui s est passé. Elle découvre enfin que Tristan, depuis sa disparition, ne l’a pas quittée et est devenu son ange-gardien. Et que c’est lui qui l’a sauvée. Protégée et accompagnée par celui qu elle a toujours aimé, Ivy va tenter d élucider le mystère qui entoure Gregory. Les mailles du filet se resserrant autour de lui, Gregory enlève Philip, le petit frère d Ivy…

(Hachette, Black Moon, 15 septembre 2010)

Bret Easton Ellis – Suite(s) impériale(s)

Bret Easton Ellis - Suite(s) impériale(s)Clay, l’anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles. Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désoeuvré. Il retrouve ceux qu’il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip… les représentants d’une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent. Producteur associé à l’adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses. Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui ? Clay découvre vite qu’il est constamment observé et suivi…Jalousie, trahisons, meurtres, manipulations… ici, dans la Cité des Anges, chacun se heurte aux mêmes jeux d’emprise et aux mêmes démons, s’enivre de sexe, d’images, de drogues, de fêtes irréelles… et se révèle toujours plus amer et désespéré. Le vide et la fureur aspirent les personnages, et leur font perdre tout sens des limites. On est saisi par la virtuosité du style sobre et acéré, les chapitres courts donnent à la narration un rythme percutant. L’atmosphère est oppressante, la noirceur non dépourvue d’humour. L’angoisse et la tension croissantes annoncent une lente descente aux enfers. Le portrait de notre époque est aussi violent que subversif.

(Robert Laffont, 16 septembre 2010)

Scott Westerfeld – Leviathan

Scott Westerfeld - Leviathan1914. A l’aube de la Première Guerre mondiale. D’un côté, les darwinistes (Anglais, Français), adeptes du tout biologique et rois de la manipulation génétique. De l’autre, la civilisation ultra-mécanique, les clankers (Allemands, Autrichiens.) La guerre éclate avec l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand. Alek, son fils, menacé lui-aussi de mort, prend la fuite sur un robot de combat bipède bardé de mitrailleuses. Il réussit à rejoindre la Suisse et se cache dans un vieux château en ruines. Pendant ce temps, la jeune Ecossaise Deryn Sharp, orpheline, s’habille en garçon et se fait engager dans l’Air Service (forces aériennes britanniques.) Après un premier vol d’essai mouvementé aux commandes d’une méduse volante, elle rejoint l’équipage du Léviathan, sorte de baleine géante gonflée à l’hydrogène. A son bord, un chargement biologique, classé secret défense. Ils volent vers Constantinople, mais les Allemands les attaquent et le Léviathan s’écrase dans les Alpes. C’est là que Deryn, toujours déguisée en homme, fait la rencontre explosive d’Alek…

(Pocket jeunesse, 16 septembre 2010)

Fabrice Colin – La Saga Mendelson, tome 3 : Les fidèles

Saga Mendelson - Les fidèlesDans ce troisième et dernier tome de la Saga Mendelson, Fabrice Colin évoque les année 1965-2000 et une fois de plus on suit les péripéties de cette famille en regard des faits historiques de l’époque. Certains vous seront sans doute plus familiers car plus proches de nous, d’autres moins et pourtant lorsqu’on y regarde bien 1965, c’était il y a seulement 45 ans…

Attention risque de spoilers pour ceux qui n’ont pas lu les deux premiers tomes.

Souvenez-vous, à la fin du tome 2, Ralph Mendelson annonçait sa décision de partir faire la guerre au Vietnam. Il laisse sa fiancée Joan seule à New York… C’est donc une période très difficile pour le couple qui menace plusieurs fois de se séparer. Chez les Mendelson, personne ne comprend vraiment pourquoi Ralph a décidé de partir.

Doris de son côté travaille pour la Croix-Rouge internationale, envoyée en mission à divers endroits, elle a aussi vu beaucoup de choses et ses témoignages sont toujours très émouvants.J’ai d’ailleurs eu, une fois de plus, les larmes aux yeux à certains passages du récit.

Je ne vais pas vous parler de tous les protagonistes mais vous retrouverez bien sûr David et Leah, deux figures emblématiques mais aussi tous leurs enfants et petits-enfants !

Ce troisième tome est aussi enrichissant que ses prédécesseurs et évoque de nombreux évènements de l’époque concernée : tremblements de terre en Chine, apparition du sida, génocide rwandais, apartheid en Afrique du Sud… Sur cette trame de fond, les Mendelson continuent leur chemin, on les voit s’interroger sur leur avenir, sur leur foi, on les voit aimer, être déçus, lutter mais en tout cas toujours aller de l’avant.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, je vous conseille vivement de vous procurer les trois tomes de La Saga Mendelson, c’est non seulement très bien écrit mais en plus vous apprendrez plein de choses !

Éditions du Seuil, mai 2010

Catherine Fisher – Incarceron

Incarceron - Catherine FisherIncarceron est un univers pénitentiaire dans lequel Finn et son frère de sang Keiro survivent tant bien que mal à la domination de Jormanric, chef cruel et sanguinaire, en qui on ne peut avoir aucune confiance. Finn n’a aucun souvenir de son enfance mais il a l’impression au fond de lui de ne pas appartenir à Incarceron, il rêve de s’enfuir, comme Sapphique avant lui, vers l’Extérieur, vers la liberté…

Claudia, elle, vit à l’Extérieur, dans un royaume où tout ce qui a été inventé après le 18e siècle a été banni et où l’on doit suivre le Protocole à la lettre ; elle est la fille du directeur d’Incarceron et destinée à épouser le fils de la Reine Sia. A l’aide de son professeur, le Sapient nommé Jared, elle tente de percer le mystère d’Incarceron qu’elle imagine comme un monde idéal.

Un jour, chacun se retrouve en possession d’une clé qui leur permet de communiquer, ce sera l’occasion pour Claudia d’une découverte qui pourrait changer son existence, pour Finn, c’est l’espoir de pouvoir s’enfuir de cette prison pour, peut-être, retrouver ses origines…

Ce livre a été une très bonne découverte. L’intrigue est fort bien menée et le monde imaginé par Catherine Fisher offre un cadre absolument parfait à cette histoire. Même si l’on peut deviner une petite partie de ce qui va se passer, le roman réserve quelques surprises au lecteur. La diversité des personnages est aussi un atout important car on s’interroge sur leurs origines et sur leurs motivations. Un très bon roman donc avec de l’action, des complots, une bonne dose de fantastique et un soupçon de romance ; une recette qui m’a bien plu.

Le second tome, Le Cygne noir, paraîtra en octobre 2010. J’ai d’ores et déjà hâte de retrouver Claudia, Finn et les autres pour la suite de cette aventure !

Pocket jeunesse, juin 2010

David Vann – Sukkwan Island

Sukkwan IslandJim et son fils Roy débarquent sur une île en Alaska munis du strict minimum nécessaire à leur survie, avec pour but de vivre pendant un an dans une petite cabane en bois sur Sukkwan Island. Leur objectif : vivre plus près de la nature comme des trappeurs et apprendre à mieux se connaître. En effet, Roy a vécu avec sa mère depuis le divorce de ses parents et cette expérience peut être l’occasion d’un rapprochement entre le père et son fils.

L’entreprise est louable mais très vite, on s’aperçoit que Jim ne connaît pas grand-chose à la nature, ne sait pas bricoler et qu’il a très mal organisé son voyage. Que s’imaginait-il ? Peut-on survivre dans des conditions extrêmes sans être préparé ? S’improvise-t-on aventurier, de surcroit en emmenant un jeune garçon ? Pas besoin de vous en dire plus, la suite du livre est une véritable descente aux enfers.

Disons le clairement, je n’ai pas été emballée par ce livre, attention je ne dis pas qu’il est mauvais mais la personnalité du père m’a vraiment énervée ; je n’aime pas les personnages faibles, qui s’apitoient sur eux-mêmes. Au début, j’ai pensé à La route de Cormac McCarthy, l’ambiance glauque, la survie en milieu hostile, le fait qu’un père et son fils se retrouvent seuls pour affronter leur environnement, mais très vite j’ai été déçue par le comportement du père et j’ai donc eu beaucoup de mal à poursuivre ma lecture.

Je suis peut-être un peu dure mais c’est mon ressenti. Ceci ne remet pas en cause les qualités stylistiques de David Vann et sa capacité à rendre ses personnages réels, mais je n’ai pas aimé.

Gallmeister, janvier 2010