Archive pour novembre 2010

Frédéric Beigbeder – Un roman français

Un roman françaisUn soir en plein Paris, Frédéric Beigbeder est arrêté pour consommation de substance illicite sur le capot d’une voiture. Mis en garde à vue, c’est l’occasion pour l’écrivain de revenir sur son passé. Quels sont ses souvenirs d’enfance ? Comment a-t-il vécu la séparation de ses parents ? Quelles étaient ses relations avec son frère aîné ? C’est aussi un moyen de faire le bilan de ce qu’il est devenu, sans oublier, bien sûr, d’y distiller ses critiques de la société française actuelle.

On retrouve le ton habituel de l’auteur qui n’a rien perdu de son humour, souvent grinçant, mais on découvre un Frédéric Beigbeder plus sentimental. Ici, il ne se cache plus derrière des personnages de fiction comme dans ses précédents écrits et se livre avec plus de sincérité. Pas le meilleur roman que j’ai lu mais, sans conteste, le meilleur de Frédéric Beigbeder.

Livre de poche, août 2010

Helene Hanff – 84, Charing Cross Road

84, Charing Cross RoadTout commence le 5 octobre 1949 lorsque Helene Hanff s’adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. A partir de ce jour commence une correspondance avec Frank Doel qui s’étalera sur plusieurs années et dans laquelle elle ne cessera de lui réclamer des livres introuvables.

Honnêtement, je m’attendais à mieux. Si les échanges ne sont pas inintéressants compte tenu de l’époque à laquelle ils se situent, ils manquent cependant un peu de vivacité, ce qui en fait au final une histoire assez plate. Bien que des liens se tissent entre les correspondants au fil du temps, leur relation ne devient jamais plus intime comme on pourrait l’espérer et je n’ai donc pas réussi à m’attacher au sort de ces personnes. Je m’attendais plus à quelque chose comme Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, petite déception donc.

Livre de poche, novembre 2003

Rachel Hawkins – Hex Hall

Hex HallPour avoir utilisé la magie dans le monde des humains, Sophie est envoyée à Hécate, établissement qui rassemble les jeunes gens de son espèce. Ayant été élevée par sa mère, humaine, Sophie n’a qu’une connaissance limitée de ses facultés. Elle n’a par ailleurs jamais rencontré son père, de qui elle tient ses pouvoirs. C’est donc un monde tout nouveau qu’elle découvre, peuplé de fées, de lycanthropes et d’autres sorcières, comme elle, sans parler du fait qu’elle va partager sa chambre avec une vampire !Il s’avère difficile pour elle de s’intégrer à ce nouvel environnement d’autant plus que dès le début elle se met à dos les filles les plus populaires et la prof la plus exigeante, mais là n’est pas le plus grave ; elle ne se doute pas de ce qui se trame réellement à Hex Hall.

Dans ce roman, j’ai aimé les personnages, chacun ayant une personnalité bien décrite, et les nombreuses touches d’humour. L’héroïne n’est pas niaise, même si elle reste une adolescente tout ce qu’il y a de plus classique, au fond. En tout cas, elle ne se laisse pas démonter quoi qu’il arrive et manie fort bien le sarcasme, tout à fait ce qu’il faut pour me plaire. Cependant, j’ai trouvé la trame un peu trop prévisible et le roman trop court, j’aurais aimé plus de rebondissements et de surprise. Je n’en lirai pas moins la suite, en espérant qu’il sera un peu plus étoffé que ce premier opus.

La sortie en VO du deuxième volume, Demonglass, est prévu pour février 2011.

Albin Michel, Wiz, octobre 2010

Arthur Schnitzler – Mademoiselle Else

Mademoiselle ElseElse, fille d’un avocat viennois, passe ses vacances dans une station thermale italienne. Elle reçoit alors une missive de sa mère dans laquelle cette dernière lui demande d’aller trouver Dorsday, qui séjourne au même endroit, dans le but de lui demander de bien vouloir leur prêter de l’argent. En effet, son père a contracté une dette importante au jeu et sera bientôt arrêté s’il ne peut rembourser la somme dûe.

Lorsque la jeune fille trouve enfin le courage d’aller lui demander cette faveur, Dorsday consent à prêter cet argent à sa famille mais en échange, Else devra accepter de se montrer nue devant lui.

La nouvelle est construite comme un monologue silencieux, on suit ainsi toutes les pensées d’Else. Partagée entre le désir de sauver son père et celui de conserver son intégrité morale, elle ne sait quelle décision prendre. En suivant les errances du personnage, le lecteur réfléchit lui aussi à la question tout en voyant se dessiner la voie qu’Else va choisir et dont, impuissant, il ne pourra la détourner. A lire.

Livre de poche, avril 1993 (Première parution en 1924)

Bret Easton Ellis – Moins que zéro

Bret Easton Ellis - Moins que zéroCe roman met en scène Clay, un jeune et riche étudiant qui retourne dans sa ville natale, Los Angeles, pour les vacances d’hiver. Il y passe la plupart de son temps dans des fêtes et à se défoncer avec des amis, tout en s’interrogeant sur sa relation avec son ex-petite amie, Blair. Il se demande également pourquoi son ami Julian ne répond pas à ses appels et pourquoi il ne l’a pas vu depuis son retour. Voilà ce autour de quoi tournent les vacances de Clay.

Il s’agit là du premier roman de Bret Easton Ellis, paru alors que l’auteur n’a que 20 ans. J’ai bien aimé suivre le personnage dans ses errances mais force est de constater en refermant le livre qu’il ne se passe pas grand chose. L’auteur accumule volontairement des situations répétitives et dénuées d’intérêt dont les acteurs sont des personnages totalement creux, dans le but probablement de dénoncer la décadence et la futilité de ce mode de vie.

Je l’ai donc trouvé moins intéressant et moins fouillé que ses parutions suivantes mais pas mauvais du tout.

En septembre dernier paraissait, aux éditions Robert Laffont, la suite des aventures de Clay intitulée Suite(s) Impériale(s) ; je suis curieuse de voir comment l’auteur a fait évoluer ce personnage.

10 x 18, avril 1988

Joyce Carol Oates – Délicieuses pourritures

JCO - Delicieuses PourrituresL’histoire se déroule en Nouvelle-Angleterre dans les années 1970. Gillian Bauer, brillante étudiante en littérature, tombe amoureuse de son professeur, Andre Harrow. Ce n’est d’ailleurs pas la seule puisque toutes les jeunes filles qui suivent son cours sont dans le même cas. Au cours de son atelier de poésie, il décide de faire écrire un journal intime à ses élèves, confessions qu’elles doivent lire en classe et qui ne recevront les éloges du charismatique professeur qu’à condition d’être croustillantes…

Autre personnage charismatique de ce court roman : l’épouse d’Andre, Dorcas, dont les sculptures reflète la personnalité glauque et perverse. Elle utilise les élèves de son époux sous prétexte de recherche d’inspiration. Dans l’espoir d’être aimé de son professeur, Gillian va-t-elle être aussi manipulée par le couple Harrow ?

Jusqu’à présent je n’avais lu qu’ Un endroit où se cacher de cette auteure, un roman plutôt orienté jeunesse mais déjà très fort, voire dur et qui m’avait beaucoup plu. Avec Délicieuses pourritures, on trouve une autre ambiance mais c’est tout aussi efficace. On se demande jusqu’où les personnages sont capables d’aller. J’ai refermé le livre avec un sentiment de soulagement d’avoir quitté cette ambiance glauque et la satisfaction d’avoir lu un roman marquant.

En tout cas, il est certain que je vais continuer ma découverte de JCO ; d’ailleurs, dans ma PAL, j’ai déjà La fille du fossoyeur.

Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, vous pouvez aussi aller voir l’avis de Sandy qui m’avait donné envie de le lire.

J’ai lu, octobre 2005

Paolo Giordano – La solitude des nombres premiers

Paolo Giordano - La solitude des nombres premiersPrésentation de l’éditeur : Alice est une jeune fille anorexique, handicapée par un accident de ski dont elle rend son père responsable. Mattia est un jeune surdoué des mathématiques, qui se scarifie les bras pour se punir d’avoir abandonné sa soeur jumelle, attardée mentale, dans un parc. Solitaires, ils vont s’engager dans une relation asymétrique, entre fugues et retrouvailles, entre amour et haine.

Alors moi, je n’ai pas aimé du tout. Les personnages ne m’ont pas plu du tout, leur personnalité et leurs décisions m’ont énervée, aussi bien Alice et Mattia que leur entourage respectif. De plus, l’histoire n’est pas très prenante, j’ai eu du mal à aller jusqu’au bout. Au final, je trouve qu’il ne se passe pas grand chose dans le livre malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Ce roman a pourtant reçu un accueil très positif, raison pour laquelle je lui ai donné une chance même si le résumé ne m’emballait pas plus que ça, donc si il vous tente ne vous fiez pas à mon avis et lisez-le, les goûts et les couleurs, comme on dit.

Points, avril 2010

Beth Fantaskey – Alchimie

Beth Fantaskey - AlchimiePrésentation de l’éditeur : Depuis l’entrée de Tristan Hyde dans le même collège que Jill Jekel en Pennsylvanie, leurs noms de famille font l’objet de toutes les plaisanteries. En effet, ils rappellent vaguement quelqu’un… Et tous deux ont de bonnes raisons de ne pas rire de ces moqueries.

Le père de Jill a toujours cru que sa famille était liée au Dr Henry Jekyll, ce scientifique qui a créé son alter ego maléfique. D’ailleurs, il affirme que la boîte fermée à double tour dans son bureau contient le détail de cette expérience diabolique. Quant à Tristan, ses liens avec l’histoire de Mr. Hyde sont encore plus proches, et plus dévastateurs.

Jill sait qu’elle ne doit pas ouvrir cette boîte. Mais quand son père est assassiné, et qu’elle découvre que le compte en banque qui devait payer ses études a été vidé, elle n’hésite plus. Si elle parvient à recréer l’élixir du Dr Jekyll, elle obtiendra sans doute la bourse qui lui permettra d’entrer dans un des meilleurs programmes de chimie des États-Unis.

Tristan accepte de l’aider, espérant sauver sa raison et peut-être même sa vie. Si l’on en croit la légende familiale, il est le descendant direct du monstre, ce qui le condamne à perpétrer la violence et le chaos autour de lui.

Pourront-ils échapper à leur destin et éviter que l’amour qui les étreint peu à peu ne conduise à leur propre destruction ?

Mon avis : L’idée de Beth Fantaskey de s’inspirer de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde – nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson en 1886 – est intéressante mais je la trouve mal exploitée. En effet, l’histoire entre Jill et Tristan manque de profondeur et de rythme. Personnellement, je n’ai pas assez réussi à m’attacher aux personnages pour avoir envie que leur histoire se termine bien. D’ailleurs pour tout vous avouer, j’ai terminé le livre il y a environ un mois et j’ai déjà oublié la fin, preuve que l’histoire ne m’a vraiment pas marquée. J’espère néanmoins que Beth Fantaskey saura nous proposer un nouveau roman digne de son premier éclat.

D’ailleurs, si vous ne l’avez pas lu, je ne peux que vous conseiller très vivement le premier roman de l’auteure, Comment se débarrasser d’un vampire amoureux, paru l’an dernier chez le même éditeur. J’en parlais ici.

Le Masque, Collection MSK, septembre 2010

Alan Bennett – La Reine des lectrices

Alan Bennett - La reine des lectricesLa reine des lectrices est un très court roman dans lequel Alan Bennett imagine que la Reine d’Angleterre se découvre, à presque 80 ans, une passion pour la lecture. Passion qui s’avère bien plus intéressante que ses obligations en tant que Reine mais qui n’est pas forcément compatible avec son emploi du temps.

Le roman est trop court pour que je vous donne plus de détails mais vous pouvez aisément imaginer que l’entourage de la reine ne manquera pas de s’apercevoir des changements de comportement de sa majesté.

C’est un roman assez drôle, qui fait passer un bon moment ; le genre de lecture qui nous fait sourire du début à la fin. Et puis, ce que j’ai trouvé très amusant, c’est que je me suis en quelque sorte reconnue dans le personnage ; en effet, quel accro à la lecture ne s’est pas dit qu’il préférerait finir son livre plutôt que de partir au travail ? ;)

Folio, mai 2010

Philip K. Dick – Substance Mort

Substance mortLe protagoniste principal du roman est Bob Arctor, un consommateur de drogues en tous genres qui cohabite avec deux autres toxicomanes. Il est aussi l’Agent Fred, chargé d’enquêter sur… Bob Arctor. Son identité, comme celle de tous ses collègues, étant protégée par un « complet brouillé », il est l’unique personne à savoir que Bob et Fred sont la même personne. Voilà que les choses se compliquent, comment enquêter sur soi-même sans devenir totalement schizophrène ? D’autant qu’il se laisse peu à peu submerger par la drogue, la Substance Mort, qu’il est obligé de consommer pour être crédible.

Ce que j’en ai pensé ? Pas facile à dire… On lit souvent que ce livre est le chef d’œuvre de Philip K. Dick, peut-être parce qu’il est en grande partie autobiographique, en tout cas, pour moi, ça n’a pas été une lecture marquante. Ce qui m’a gêné, je pense, c’est justement le fait que beaucoup de choses soient trop réelles pour être un roman de SF. Rendez-vous manqué en ce qui me concerne, tant pis.

Folio SF, octobre 2000 (Première publication en 1977)