Archive pour octobre 2011

Happy Halloween !

Quoi de mieux pour célébrer Halloween que de vous parler d’un texte que j’aime beaucoup et que je relis régulièrement : la nouvelle Ligeia qui figure dans le recueil Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe.

Edgar Poe - Histoires extraordinaires

« I Cannot, for my soul, remember how, when, or even precisely where, I first became acquainted with the lady Ligeia. Long years have since elapsed, and my memory is feeble through much suffering. Or, perhaps, I cannot now bring these points to mind, because, in truth, the character of my beloved, her rare learning, her singular yet placid cast of beauty, and the thrilling and enthralling eloquence of her low musical language, made their way into my heart by paces so steadily and stealthily progressive that they have been unnoticed and unknown.

Yet I believe that I met her first and most frequently in some large, old, decaying city near the Rhine. Of her family – I have surely heard her speak. That it is of a remotely ancient date cannot be doubted. Ligeia! Ligeia! in studies of a nature more than all else adapted to deaden impressions of the outward world, it is by that sweet word alone — by Ligeia — that I bring before mine eyes in fancy the image of her who is no more. And now, while I write, a recollection flashes upon me that I have never known the paternal name of her who was my friend and my betrothed, and who became the partner of my studies, and finally the wife of my bosom. Was it a playful charge on the part of my Ligeia? or was it a test of my strength of affection, that I should institute no inquiries upon this point? or was it rather a caprice of my own – a wildly romantic offering on the shrine of the most passionate devotion? I but indistinctly recall the fact itself – what wonder that I have utterly forgotten the circumstances which originated or attended it? And, indeed, if ever she, the wan and the misty-winged Ashtophet of idolatrous Egypt, presided, as they tell, over marriages ill-omened, then most surely she presided over mine. »

Ce sont les deux premiers paragraphes qui nous plongent tout de suite dans une ambiance à la fois poétique et mystérieuse.

Je vous ai mis cet extrait en anglais parce que j’apprécie la VO mais cela existe bien sûr en français dans une traduction de Charles Beaudelaire, rien que ça.

Un mot sur l’histoire : Le narrateur rencontre Lady Ligeia sur les bords du Rhin et en tombe amoureux. Peu de temps après leur mariage, elle tombe malade et meurt, laissant son époux dans le désespoir le plus profond.

Quelques temps plus tard, il rencontre Lady Rowena de Trevanion, aussi belle quoique très différente de sa première épouse qu’il ne parvient pas à oublier. Il épouse cependant Lady Rowena en secondes noces mais celle-ci va rapidement se rendre compte qu’il se passe des évènement étranges dans sa nouvelle demeure…

C’est une nouvelle sublime que je vous recommande chaudement (tout comme le reste du recueil d’ailleurs !) ; en plus, elle colle parfaitement au thème de cette journée !

Je vous conseille également le film The tomb of Ligeia réalisé en 1964 par Roger Corman, avec Vincent Price et Elizabeth Shepherd, inspiré de cette nouvelle. Certes, c’est un vieux film, il possède les défauts de son époque, mais c’est aussi ce qui fait son charme !

Sur ce, je vous souhaite un merveilleux Halloween !


Maria V. Snyder – Les secrets d’opale

Maria V. Snyder - Les secrets d'opalePour résumer rapidement, au début de ce tome, Elena est restée en Sitia pour continuer son apprentissage de la magie et Valek est reparti en Ixia – où la magie est interdite, je le rappelle. C’est alors que Cahil et Ferde – les méchants du tome 2 – s’évadent de prison ; Elena va se lancer à leur poursuite en compagnie de son frère Leif…

Que cette lecture fut laborieuse ! On est loin du premier tome et de son scénario aux rebondissements à couper le souffle et du charme d’un début de romance, ici, il y a de l’action, certes, mais elle n’a ni queue ni tête ! Les rebondissements sont invraisemblables, les réactions de personnages débiles et la romance quasi-inexistante, rien pour nous faire vibrer.

Pour autant, je ne peux pas dire que je me sois ennuyée, ce n’est pas un livre chiant où il ne se passe rien, au contraire, il se passe peut-être même trop de choses, on a l’impression que l’auteure n’a fait que remplir des pages sans chercher à écrire un scénario cohérent.

Bref, c’est long, parfois confus, peu crédible, une fin tout à fait décevante pour cette série qui avait si bien démarré…

Je vous invite à aller lire les avis de mes copines de LC, Cécile, Sandy et Karine qui partagent plus ou moins mon avis il me semble.

Harlequin, Darkiss, décembre 2010

Augustin Feye – Un écrivains

Couverture de Un écrivainS de Augustin FeyeCe premier roman de l’écrivain d’origine belge Augustin Feye s’avère difficile à résumer.

Sa construction est comme un labyrinthe dans lequel le lecteur s’enfonce, presque malgré lui, à la fois réticent et fasciné.

J’ai été interpellée dès les premières lignes par le style incisif et l’ambiance malsaine. On ne sait jamais vraiment qui est le narrateur de ce récit schizophrène composé de deux parties : Lou on the wild side et Luna. Si Nico semble être celui qui écrit cette histoire depuis sa cellule – où il purge une peine pour une raison que je vous laisse découvrir – Lou/Louise tente de prendre les rênes pour raconter sa propre histoire.

J’ai terminé cette lecture un peu déboussolée mais subjuguée par la richesse que recèle ce roman d’une centaine de pages.

A lire en écoutant l’album The Velvet Underground and Nico, évidemment !

Le livre est disponible en format e-book sur le site des éditions E,P&LA dans la catégorie « Littérature générale ».

Éditions E,P&LA, 2011

Jean Molla – Sobibor

Jean Molla - Sobibor« Aujourd’hui, j’ai vomi pour la dernière fois. »

C’est sur cette phrase que s’ouvre le récit et pourtant, pour en arriver là, il va falloir se plonger dans la terrible histoire d’Emma ou plutôt dans celle de sa grand-mère, surnommée Mamouchka. Peu avant son décès, cette dernière avait, dans son sommeil, prononcé le nom de Sobibor, un nom qui restera gravé à jamais dans la mémoire d’Emma.

Le récit alterne entre le récit d’Emma à la première personne et les pages de journal d’un certain Jacques Desroches, mystérieux inconnu dont elle a trouvé le journal dans les affaires de sa grand-mère.

Les passages du journal de Jacques m’ont beaucoup intéressée même s’il sont souvent durs, j’ai même appris quelques trucs grâce aux notes de bas de page. Certaines phrases m’ont fait frémir d’horreur, l’auteur a vraiment su faire passer les émotions dans ce texte. J’ai passé beaucoup de temps à me demander qui était cet homme qui semblait avoir pris une part importante dans la vie de Mamouchka et j’ai été aussi écœurée qu’Emma lorsque j’ai compris la vérité.

Jean Molla aborde dans ce roman deux sujets importants, j’ai trouvé l’idée de réunir les deux dans un même roman originale et je trouve l’ensemble plutôt réussi.

Folio, septembre 2011

Jérôme Noirez – Le diapason des mots et des misères

Jérôme Noirez - Le diapason des mots et des misèresAu diapason des mots et des misères humaines s’accordent et s’entremêlent les âmes et les sons, les voix polyphoniques et les corps dissonants, l’écho du métronome de nos cœurs assassins, et la verve et le fiel et les espoirs déçus. Lisez et écoutez ces quinze morceaux, au fil desquels Jérôme Noirez compose une symphonie sublime, où le tragique côtoie le grotesque dans une sarabande aussi implacable qu’infernale.

Il y a, dans ce recueil, des histoires que j’ai aimé, d’autres moins, mais en tout cas, j’ai trouvé l’écriture d’une grande qualité.

A travers ces nouvelles, Jérôme Noirez réveille nos peurs d’enfant et revisite un certain nombre de contes et de mythes. Il nous entraîne dans des univers tous plus flippants les uns que les autres bien qu’on ne s’en aperçoive pas forcément au premier abord.

Les sons, comme vous pouvez vous en douter, ont également une part très importante dans ces histoires ; je ne pouvais bien évidemment pas m’empêcher d’entendre le son du taiko (tambour japonais) à la lecture de Kesu, le gouffre sourd, et j’ai trouvé l’idée de retranscrire la partition Berceuse pour Myriam à la suite de l’excellente nouvelle Nos aïeuls, originale et intéressante.

Si je suis mitigée sur l’ensemble – comme c’est souvent le cas dans un recueil de nouvelles – je dois dire, par contre, que j’ai absolument adoré les trois dernières, regroupées sous le titre Contes pour enfants morts-nés : Shirley’s doll, L’enfer des enfants pas sages et La leçon de piano (dans le style de Balthus). Là, j’ai vraiment trouvé un univers que j’aime avec une atmosphère glauque et angoissante, autant dire que le recueil se termine an apothéose !

Ce livre a reçu le prix du Meilleur recueil de nouvelles du Grand Prix de l’Imaginaire en 2010.

On notera, au passage, la couverture dessinée par Aurélien Police qui illustre à merveille une des nouvelles du recueil.

J’ai lu, septembre 2011

Challenge Gilmore Girls

Bien que je connaisse peu la série, je me suis inscrite au challenge Gilmore Girls, organisé sur le blog Mon coin lecture.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas la série je vous suggère de lire la review de Karine sur la saison 1 qui vous donnera peut-être envie de la découvrir !

Voici la liste établie par Karine. Dans celle-ci j’ai mis en gras les livres que j’ai déjà lu, et en rouge, ceux que j’ai envie de lire pour le challenge. Pour le compléter, il faudra en lire trois mais mon choix n’est pas encore fait, j’ai tous envie de les lire !

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“If one cannot enjoy reading a book over and over again, there is no use in reading it at all.”

Aujourd’hui, dans un élan de bonheur totalement égoïste, j’ai envie de vous faire partager ma joie d’avoir reçu un sublime cadeau pour mon anniversaire : les Œuvres d’Oscar Wilde.

Il s’agit de l’édition de la bibliothèque de la Pléiade, un beau livre qui sent le papier et le cuir, dont il me faudra tourner les fines pages avec délicatesse… Je m’en délecte d’avance et ai bien l’intention de prendre mon temps pour le lire afin de savourer chaque phrase, chaque mot, chaque pensée de l’auteur.

Je me rends compte, avec cette édition, que je n’ai pas tout lu de l’auteur, notamment ses poèmes que j’ai déjà feuilleté ce matin, et ses essais. Je me réjouis d’avance de me plonger dans ces textes, de pouvoir redécouvrir Le fantôme des Canterville, le texte qui m’a fait connaître Oscar Wilde quand j’étais en sixième (on en avait fait une pièce de théâtre en cours d’anglais !) et également pouvoir relire Le portrait de Dorian Gray, un roman marquant qui fait partie de mes livres préférés.

De belles heures de lecture en perspective ! :)

TOMA Rei – L’arcane de l’aube #1

TOMA Rei - L'arcane de l'aube - Reimei no arcanaNakaba, princesse de sang royal, est envoyée en pays ennemi accompagnée de son unique serviteur, Loki, afin d’épouser leur prince et ainsi garantir la paix entre les deux royaumes. Rencontrant son mari pour la première fois le jour de son mariage, la jeune fille, malgré sa grande beauté, est tout de suite rejetée par son époux du fait de sa chevelure rousse, apanage des gens du peuple, alors que les rois se targuent d’une crinière d’ébène. Dans cet environnement hostile où les intrigues de cour peuvent être fatales, l’étrange pouvoir qui sommeille en Nakaba émerge doucement…

La première chose qui m’a plu dans 黎明のアルカナ(Reimei no arcana), c’est le dessin ! D’habitude, j’aime bien les shōjo mais je trouve que les dessins sont toujours un peu identiques alors que celui-ci se démarque vraiment.

Puis, j’ai commencé à le lire, et là, je dois dire que j’ai été tout de suite interpellée par le caractère bien trempé des personnages. Déjà, nous n’avons pas affaire à une héroïne complètement cruche et complètement aveuglée par l’amour, ça change. Quant aux deux personnages masculins, nous avons d’un côté le Prince Caesar, marié à Nakaba contre son gré et à qui il ne demande qu’une chose, l’obéissance, de l’autre, Loki, serviteur mi-homme mi-bête totalement dévoué à sa maîtresse et prêt à mourir pour elle ; les deux ont leur charme !

Un scénario qui allie action, histoire(s) d’amour et fantasy et des graphismes superbes, je crois que ce manga réunit tout ce qu’il faut pour en faire une série tout à fait à mon goût.

J’avais lu de bonnes critiques mais je ne m’attendais pas à aimer autant ! N’hésitez pas à le lire, pour ma part, je me jette sur la suite !

Kazé, avril 2011

Challenge « Vie de Château » – Part III

Pour cette troisième partie, j’ai choisi de quitter la cour de France et de me rendre en Écosse en lisant la biographie de Marie Stuart écrite par Stefan Zweig. J’étais, cette fois, en terrain inconnu et j’ai appris beaucoup de choses grâce à cette lecture !

Stefan Zweig – Marie Stuart

Stefan Zweig - Marie StuartMarie Stuart naît le 8 décembre 1542, six jour plus tard, elle est officiellement Reine d’Écosse. En avril 1558, elle épouse François qui succèdera à son père l’année suivante sous le nom de François II, Marie Stuart est Reine de France. Ce règne sera pourtant de courte durée puisque son époux disparaît le 5 décembre 1960. Elle n’a plus qu’une chose à faire, rentrer en Écosse, ce pays sur lequel elle règne et qu’elle connaît pourtant si mal…

C’est à partir de ce moment que Marie Stuart va être tiraillé entre son rôle de reine et sa vie de femme.

Outre ses histoires de cœur, il y a un autre personnage qui a joué un rôle non négligeable dans le destin de Marie Stuart, il s’agit d’Élisabeth, Reine d’Angleterre, dont la légitimité a été fort controversée par les partisans des Stuart.

Quelle histoire ! Pas besoin de lire de la fiction pour rencontrer des rebondissements abracadabrants, tout est là ! Comme je le disais, je ne connaissais pas bien la vie de Marie Stuart et c’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu cette biographie. J’ai aimé le fait qu’elle se pose la question entre privilégier les affaires de l’État – que d’autres étaient fort content d’assumer – ou ses désirs de femme, mais bien que je conçoive qu’elle ait eut envie de suivre ses inclinations, force est de constater qu’en matière d’hommes, ses choix ont été calamiteux !

Si j’ai dans l’ensemble apprécié cette lecture, j’y ai pourtant trouvé quelques longueurs ; en effet, il m’a fallu un moment avant de trouver le personnage de Marie Stuart intéressant et je trouvais que l’auteur s’attardait beaucoup sur Élisabeth. C’est seulement à partir du moment où on entreprend de la remarier que j’ai été vraiment interpellée. De manière globale, je n’ai de toute façon pas vraiment été conquise par le personnage – contrairement à Marie-Antoinette lu précédemment – et je n’ai pas été autant touchée par son destin tragique. Quoi qu’il en soit il s’agit là d’une affinité toute personnelle qui ne gâche en rien la qualité de l’ouvrage. Je ne peux que vous le conseiller !

Le livre de poche, juin 2001

Loïc Le Borgne – Je suis ta nuit

Loïc Le Borgne - Je suis ta nuitEté 1980, en Bretagne… Ils sont six copains, inséparables, rêvant à Star Wars, à Goldorak et aux filles. Lors d’une partie de casse-bouteilles, ils découvrent le cadavre mutilé d’un vagabond. C’est le début d’une cascade d’événements terrifiants, mystérieux, dont les enfants sont l’épicentre. La peur s’installe dans le village et, peu à peu, la bande comprend qu’une force maléfique rôde, qui cherche à la détruire. Le Mal est-il de retour ?

Comme je me suis ennuyée pendant cette lecture… Je m’attendais à une lecture angoissante, à avoir peur de cette créature maléfique comme on peut avoir peur du Clown de Ça (S. King), ce ne fut pas du tout le cas ! Je n’y ai pas cru une seule seconde et je pense que les jeunes lecteurs ne seront pas plus effrayés que ça non plus.

De plus, le style est plutôt banal, voire mauvais, rien de transcendant donc de ce côté non plus. Certains passages s’enchaînent mal, la lecture n’est pas du tout fluide en plus de manquer de piment. La fin ne surprend pas non plus car on la soupçonne depuis un moment, je l’ai même trouvé un peu facile finalement.

Non vraiment, j’ai essayé de trouver à ce roman au moins un point positif, c’est peine perdue…

Il y a plein de bons romans pour ados sur la perte de l’innocence, celui-ci n’en fait pas partie, à éviter !

Le livre de poche, mai 2010

Lu dans le cadre du challenge Un mot, des titres, organisé chez Calypso.

Prochain rendez-vous le 1 décembre pour une lecture avec le mot « secret » !