Archive pour 27 avril 2012

Joyce Carol Oates – Zarbie les Yeux Verts

Joyce Carol Oates - Zarbie les Yeux VertsFrancesca, plus connue sous le diminutif de Franky, est une adolescente qui vit à Seattle avec ses parents et sa petite sœur Samantha. Leur demi-frère, Todd, est étudiant à l’université et n’habite donc plus sous le toit de leur père, le célèbre commentateur sportif et ancien champion de football, Reid Pierson.

Dès le début du roman, on se rend compte que les choses sont loin de se passer à merveille entre Krista Pierson et son époux. Celui-ci semble souvent perdre son sang-froid ; ses sautes d’humeur sont imprévisibles. Pourtant, lorsque Krista s’éloigne de sa famille en se rendant dans sa maison de Skagit Harbor où elle a installé son atelier, Reid continue à prétendre que tout va bien. Un mensonge auquel Franky a bien du mal à croire…

On pourrait penser au début du livre qu’il est basé sur Franky et sur la façon dont elle perd parfois le contrôle de ses émotions laissant Zarbie les Yeux Verts s’exprimer à sa place mais cela va bien plus loin. Zarbie les Yeux Verts est un récit horrible au cours duquel on ne peut rester stoïque en découvrant les sentiments des uns et des autres. Reid Pierson est un des personnages les plus immondes qu’il m’ait été donné de croiser dans la littérature, sa façon de manipuler les gens est à vomir, une pourriture de la pire espèce sous des dehors charmeurs. Quant à Franky, même si j’ai essayé de me mettre à sa place, j’ai parfois eu du mal à la comprendre et j’ai eu l’impression après avoir refermé le livre qu’elle n’avait pas tiré toutes les leçons nécessaires de cette histoire.

Quoi qu’il en soit, une fois de plus Joyce Carol Oates a réussi à m’entraîner dans un récit dont je ne soupçonnais pas l’issue, et j’ai dévoré ce roman à une vitesse incroyable, presque en apnée, et j’avais soif d’une grande goulée d’air lorsque j’ai tourné la dernière page.

Une lecture difficile psychologiquement mais que je ne regrette pas du tout. Joyce Carol Oates a encore frappé très fort !

Folio, avril 2012