Archive pour juillet 2012

William Faulkner – Tandis que j’agonise

William Faulkner - Tandis que j'agoniseTandis que j’agonise (As I lay dying en VO) est un roman composé de cinquante-neuf courts chapitres d’une intensité rarement égalée. Une quinzaine de narrateurs se succèdent pour raconter le trépas d’Addie Bundren et son voyage jusqu’à sa dernière demeure à Jefferson, la ville dont elle est originaire et où elle a demandé à être enterrée. Parmi eux se trouvent ses enfants et son mari – qui semble plus obsédé par l’achat d’un dentier que par l’enterrement de son épouse.

On est tout de suite frappé par l’atmosphère glauque qui règne des les premières lignes ; j’ai été vraiment choquée quand j’ai compris qu’Addie était encore en vie et qu’elle observait son fils construire son cercueil – oui, je sais, le titre aurait dû me mettre sur la voie mais que voulez vous, parfois, je suis longue à la détente. Plus on avance dans le récit mieux on comprend les relations qui existent entre les membres de cette famille, jusqu’à la chute du roman qui m’a vraiment mise sur le cul – pardonnez l’expression, je ne vois pas d’autre manière de le dire !

Malgré ses quelques 250 pages c’est une lecture qui n’est pas de tout repos et je vous avoue que j’ai eu du mal à avancer, non pas parce que ce n’était pas bien mais parce que c’était dur, souvent révoltant, et, bien que je l’ai terminé il y a plus d’une semaine, je ressens toujours un certain malaise en y repensant.

William Faulkner est assurément un très bon écrivain mais il faut avoir envie de s’embarquer dans son univers et être prêt à voir le pire se dérouler sous nos yeux. Une lecture éprouvante mais efficace.

Folio, janvier 1973

David Peace – Tokyo ville occupée

David Peace - Tokyo ville occupéeLe 26 janvier 1948, un homme pénètre dans la Banque Impériale de Tokyo en se faisant passer pour un médecin. Il administre aux seize employés présents un poison mortel, parmi eux seulement quatre vont en réchapper. Le meurtrier quant à lui a réussi à prendre la fuite.

Cette fois encore David Peace s’est basé sur un fait réel pour écrire son roman ce qui le rend, je trouve, encore plus angoissant. Le récit est composé de divers témoignages, de notes prises par les enquêteurs ou encore d’échanges épistolaires qui le rende assez vivant. Le style peut être déstabilisant au début car on ne sait pas bien qui parle et qu’il y a beaucoup de répétitions mais cette litanie finit par nous envoûter et l’envie de comprendre qui a pu commettre ce crime atroce se fait plus forte. A un certain moment du récit, on se demande si ce qu’on est en train de lire a vraiment un rapport avec l’affaire qui nous occupe et on essaye, à notre tour, de mettre en place les pièces du puzzle. Est-ce l’œuvre d’un détraqué ou s’agit-il d’un complot savamment orchestré ? Cette enquête est un vrai casse-tête !

J’ai trouvé ce roman meilleur que le précédent et je ne manquerai pas de lire le dernier roman de cette trilogie qui n’est malheureusement pas encore sorti au moment où j’écris ces lignes, mais j’ose espérer que c’est pour bientôt !

Rivages, février 2012

Voir aussi : David Peace – Tokyo année zéro

Claire-Lise Marguier – Le faire ou mourir

Claire-Lise Marguier - Le faire ou mourirLe jour où Samy s’est interposé entre Dam et la bande des skateurs qui étaient en train de le tabasser, tout a changé. Dam fait enfin parti d’une bande, il a des amis, des gens qui le comprenne, l’apprécie comme il est et lui donne l’affection dont il a toujours rêvé. Mais assez vite, son père lui interdit de fréquenter ces jeunes gens au look excentrique qui ont, estime-t-il, une mauvaise influence sur lui…

Comment vous parler de ce livre ? Comment vous dire à quel point il m’a remuée, touchée ; je suis tombée amoureuse de ce roman. Je n’ai pas pu le lâcher avant de l’avoir terminé et je ne voulais tellement pas que ça s’arrête que j’ai relu la fin plus calmement pour mieux la savourer.

Mais j’ai beau lire et relire des passages de ce roman, je ne trouve pas les mots pour vous en parler, c’est une lecture qui se vit et j’ai peur de ne pas lui rendre justice ici.

C’est incroyable à quel point cette centaine de pages m’a mis une claque ! Le faire ou mourir restera gravé en moi, je le sais, parce que des livres comme ça, on en lit pas tous les jours.

Claire-Lise Marguier est l’auteure d’un premier roman magnifique qui m’a complètement chamboulée et j’espère sincèrement que son prochain livre sera aussi bien écrit.

Elles ont aimé aussi : Bladelor, Radicale, Stephie, Clarabel, Theoma, Clara, Sara, Bouma.

Éditions du Rouergue, Doado, septembre 2011

Shaïne Cassim – Jolene

Shaïne Cassim - JoleneAurélien est un cowboy solitaire ; il oublie tout quand il écoute de la musique ou joue de l’harmonica et a pour règle de ne jamais s’attacher… jusqu’au jour où il rencontre Jolene qui va complètement bouleverser son univers.

J’ai aimé Aurélien et son besoin de solitude, son désir de ne pas s’attacher pour ne pas souffrir même si par son comportement c’est lui qui fait du mal aux autres. Il a pourtant un cœur énorme, il n’y a qu’à voir la façon dont il s’occupe de son petit frère. Ce n’est donc pas par méchanceté qu’il se tient à l’écart des autres. Et puis, il rencontre Jolene, une fille qui vit à 100 à l’heure, qui l’attire comme un aimant mais en même temps lui fait peur. Il est déboussolé mais il comprend à ce moment-là qu’il n’avait encore rien vécu.

On pourrait croire qu’il s’agit d’un banal roman d’amour mais Shaïne Cassim n’hésite pas à nous infliger une claque monumentale. J’étais tellement abasourdie que j’ai dû relire le passage en question à deux reprises. Je ne suis pas encore complètement remise d’ailleurs et je me demande toujours pourquoi l’auteure a choisi cette orientation.

Pour conclure, j’ai aimé le fait qu’elle ose aborder des thèmes difficiles tout en nous communiquant un message d’espoir. De plus, elle fait de la musique un acteur important de la vie de ses personnages, un aspect du roman que j’ai particulièrement apprécié.

Ça n’a pas été un coup de cœur pour moi comme ça l’a été pour Bladelor ou Clarabel mais j’ai moi aussi beaucoup aimé.

L’école des loisirs, mars 2012

Le mardi sur son 31 #10

Cette semaine, ma phrase choisie à la page 31 est issue du roman Pour la plus grande gloire de Dieu de Morgan Sportès.

Qui était ce vil jésuite, ce fils d’apothicaire d’on ne sait quel bled des Charentes, ce paysan barbouillé de latin, ce gueux encalotté qui voulait lui tenir tête à lui, un la Loubère, et qui depuis vingt jours qu’il était monté sur l’Oiseau essayait de tout régir à bord, mettant son nez de fouine dans les cuisines, la sainte-barbe, l’entrepont, et jusque dans l’âme même de ses hommes et officiers, qu’il obligeait deux fois la semaine à confesse, s’ingéniant par ailleurs à leur poser toutes sortes de questions des plus indiscrètes, sur leur famille, leur fortune, leurs ambitions, comme s’il eût voulu connaître un peu mieux les mécanismes secrets, leurs ficelles, mais dans quelle intention : de pouvoir les manipuler un jour ?

J’ai un peu de mal à m’habituer au style pour le moment mais l’histoire m’intéresse.

Quatrième de couverture : Un millier de mousquetaires du Roi-Soleil débarquent au Siam, en Thaïlande, à l’automne 1687. Officiellement chargés de protéger le roi siamois des Anglais et des Hollandais, ils projettent de conquérir les Indes. Si les jésuites intriguent pour s’emparer du pouvoir, les soudards français préfèrent s’enivrer, trousser les dames et piller les idoles. Las de ces prétendus protecteurs, les Siamois se rebellent…

Tous les participants sont chez Sophie. Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur le logo !

Tennessee Williams – La chatte sur un toit brûlant

Tennessee Williams - La chatte sur un toit brûlantL’action se situe dans la propriété des Pollitt où toute la famille est réunie pour fêter l’anniversaire du patriarche, Big Daddy. Sont présents : son épouse, son fils aîné accompagné de son épouse et de leur nombreuse progéniture, son fils Brick et son épouse Maggie, un couple en plein crise conjugale. Le Révérend et le Docteur qui a fait à Big Daddy un faux compte-rendu sur son état de santé, sont également de la fête.

Brick, dévasté par le suicide de son meilleur ami noie son chagrin dans l’alcool, il refuse de descendre pour la fête malgré les supplications de Maggie qui cherche à retrouver son amour. La pauvre se trouve dans une situation délicate d’autant qu’elle doit sans cesse faire face aux remarque acerbes de sa belle-mère sur le fait qu’elle et Brick n’ont pas encore d’enfants.

Contrairement à Un tramway nommé désir, cette relecture a confirmé le sentiment que j’en avais gardé, la pièce est excellente !

Tennessee Williams aborde dans ce texte plusieurs thèmes importants – alcoolisme, mensonge, homosexualité, peur de la mort, etc. – qui ont de quoi faire réfléchir. Ma préférence va aux personnages qui ont du caractère comme Maggie ou Brick au dépend de Gooper qui n’a aucun charisme ou de sa femme, irritante à souhait.

J’adore la fin de la pièce, le personnage de Maggie a plus d’un tour dans son sac et cela m’a plu !

Une pièce que je vous recommande absolument !

Je garde également un excellent souvenir du film avec Elizabeth Taylor et Paul Newman ; j’ai voulu le revisionner mais malheureusement je n’avais qu’une VHS sous la main et pas de magnétoscope #epicfail.

Kathryn Stockett – La couleur des sentiments

Kathryn Stockett - La couleur des sentimentsL’histoire débute en 1962 et se déroule à Jackson, Mississipi.

Lorsque Miss Skeeter, alias Eugenia Phelan, rentre de l’université après avoir achevé ses études, elle est très surprise de constater que Constantine, sa nounou, est partie sans même lui laisser un petit mot. Il semblerait pourtant qu’on essaye de lui cacher les vraies raisons derrière le départ de celle qui l’a élevée depuis toute petite…

Dans le même temps, choquée par les propos de son amie Hilly Holbrook, qui veut faire passer une loi pour que les domestiques noirs aient des toilettes séparés et ne puisse pas contaminer les toilettes des blancs avec leurs maladies, elle demande à Aibileen, domestique chez son amie Elizabeth, si elle n’aimerait pas, parfois, faire changer les choses. Cette question va être le déclencheur d’une formidable mais périlleuse aventure.

Skeeter entreprend alors d’écrire un livre de témoignages dans lequel les bonnes raconteraient leur service dans les maisons des blancs. Mais l’entreprise n’est-elle pas trop dangereuse pour que ces femmes acceptent de témoigner et de se livrer à une blanche ?

Ceci n’est qu’une partie de tout ce qui se passe dans ce roman, il y a tellement de personnages qu’il est difficile d’en parler en quelques lignes même s’ils sont tous importants. J’espère tout de même avoir attiser votre curiosité car…

…C’est un roman formidable, il n’y a pas d’autre mot ! J’ai été très touchée par l’écriture de Kathryn Stockett. Elle souligne avec beaucoup de justesse les injustices de cette ségrégation raciale et, ce qui m’a surtout plu, c’est qu’elle le fait avec beaucoup d’humour ! On ressent bien le danger que représente les gens comme Hilly Holbrook et je ne vous cache pas que j’ai savouré la petite vengeance de Minny, la bonne qu’elle a renvoyée au tout début du livre !

Mais si j’ai beaucoup ri dans ce livre, il faut également dire que j’ai été très émue par les histoires de ces bonnes, autant par les bons que les mauvais souvenirs, notamment lorsqu’elles parlent des enfants qu’elles ont élevés. Dans ces moments-là on arrive à se dire qu’il y a encore de l’espoir.

J’ai également adoré le personnage de Skeeter, victime elle aussi d’une forme de ségrégation parce qu’elle ne correspond pas aux critères de la bonne société de l’époque, pas seulement parce qu’elle pense que les noirs devraient avoir les mêmes droits que les blancs mais aussi parce qu’elle est ambitieuse et qu’elle ne pense pas que le seul but d’une femme est de se trouver un bon mari et de faire des enfants qui seront élevés par d’autres.

Je crois que je pourrais vous parler de ce livre pendant des heures, mais le mieux, c’est sans doute que vous vous le procuriez au plus vite et que vous le lisiez !

Un grand merci à Philisine Cave qui a eu l’excellente idée d’organiser cette lecture commune et sans qui le livre aurait pu rester encore longtemps dans ma PAL, ce qui aurait été extrêmement dommage ! Je vous invite également à aller voir les billets des autres participantes qui ont toutes été conquises : Une Comete, Littérature et Chocolat, Evalire, Shelbylee et Karine.

Éditions Jacqueline Chambon, septembre 2010

Après ma lecture, j’ai tout de suite regardé le film qui en a été tiré et je n’ai pas été déçue du tout. Il y a eu quelques remaniements de l’histoire pour l’adaptation sur grand écran, à cause de la longueur de l’ouvrage, je pense, mais l’essentiel et là et l’émotion aussi !

Toutes les actrices sont excellentes mais je dois dire que j’ai eu un petit faible pour Octavia Spencer qui joue le rôle de Minny, à la fois forte et touchante, et surtout très drôle.

Je vous recommande donc vivement le film, je ne pense pas que vous soyez déçus à moins d’être vraiment tatillon sur les différences qui existent entre le film et le roman.

The Help_Movie poster

MURAKAMI Ryū – Miso Soup

MURAKAMI Ryū - Miso SoupKenji, un jeune homme de vingt ans, joue les guides et interprètes pour les touristes étrangers souhaitant découvrir « Tokyo by night », plus précisément ses lieux de plaisir.

Mais cette fois, son client, Frank, un américain au visage impassible, lui semble plutôt louche ; les réactions du gaijin commencent à l’inquiéter…

Miso Soup est à mon avis un des meilleurs romans de Murakami Ryū, aussi bon en tout cas que Les bébés de la consigne automatique.

On y retrouve une ambiance glauque, malsaine, bien loin de l’image kawaii et proprette que l’on se fait parfois du Japon. On ressent aussi le côté désabusé d’une société dans laquelle les gens semblent voués à la solitude et essayent par le biais de divers expédients d’y échapper. Un thème que l’on retrouve souvent dans les romans de Murakami. Je l’ai aussi trouvé plus violent, plus gore, même si on sait que l’auteur ne fait jamais dans la dentelle, il nous pousse ici dans nos derniers retranchements.

A lire si vous aimez la littérature japonaise et l’auteur en particulier. Pour les néophytes, je pense que ce serait une entrée en matière un peu abrupte mais on ne sait jamais, à vous de voir !

Picquier poche, février 2003

William Shakespeare – Much Ado About Nothing

William Shakespeare - Beaucoup de bruit pour rien - édition bilingueDon Pedro, Prince d’Aragon, rentre de bataille victorieux et s’installe avec ses hommes sur les terres de son ami Leonato, gouverneur de Messine, pour goûter quelque repos.

Beatrice, nièce de Leonato, retrouve alors Benedick avec qui elle a l’habitude d’échanger des mots d’esprits bien qu’il ne possède à ses yeux aucun attrait. Don Pedro, par manière de plaisanterie, se promet de les faire tomber amoureux.

Dans le même temps, le jeune Claudio, ami de Benedick, tombe amoureux d’Hero, fille de Leonato ; une relation que le fourbe Don John, frère bâtard de Don Pedro cherche à détruire par les moyens les plus vils.

Much Ado About Nothing (Beaucoup de bruit pour rien) est sans doute une de mes pièces préférées et j’ai eu grand plaisir à la relire, en version originale cette fois, et j’ai pu constater que le texte n’a rien de compliqué malgré quelques tournures anciennes !

J’adore les dialogues entre Benedick et Beatrice et leurs personnalités. J’aime le cadre dans lequel se déroule la pièce. J’aime le passage du bal costumé. J’aime le complot qui se trame même s’il met toujours autant mes nerfs à vif. J’aime que pour une fois, ce ne soit pas une tragédie.

Et si vous ne l’avez jamais vu, je vous conseille vivement l’adaptation cinématographique de cette pièce par Kenneth Branagh, sortie en 1993, dans laquelle on retrouve, entre autres, le réalisateur lui-même dans le rôle de Benedick et Emma Thompson dans celui de Beatrice, ainsi que Keanu Reeves, Denzel Washington, Kate Beckinsale… c’est un régal !

Michael Chabon – Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay

Michael Chabon - Les Extraordinaires aventures de Kavalier & ClayFuyant Prague au moment où les juifs commencent à être persécutés par les autorités nazies, Josef Kavalier se retrouve chez sa tante à New York. C’est en plein milieu de la nuit qu’il fait connaissance avec son cousin « Clay » et qu’ils se découvrent une passion commune. Ils se lancent alors dans la création d’un comic qu’ils espèrent révolutionnaire. Grâce aux bénéfices qu’ils pourraient en tirer, Joe nourrit l’espoir de faire venir sa famille aux USA.

J’aurais aimé aimer ce livre. Je dis ça parce que, d’après le résumé, il avait pas mal d’atouts susceptibles de me plaire, mais il a manqué quelque chose. Je n’ai pas détesté pour autant mais je n’ai pas réussi à m’intéresser aux personnages, à m’y attacher, et je me suis sentie hors du coup tout au long du livre.

Pourtant la relation qui s’installe entre Sammy et Joe est intéressante à mesure qu’ils se découvrent des goûts communs. Trop communs sans doute pour qu’un obstacle ne vienne s’interposer dans leurs rapports. Je dois avouer que j’ai été surprise par certaines situations et réactions des personnages.

J’ai bien aimé aussi les passages concernant l’industrie des comics, non seulement la façon de mettre en forme ce type de productions mais aussi les problèmes de droits, de plagiat, etc. qui ont certainement du exister lors de l’émergence des super-héros.

Mais globalement, je dois dire que je me suis ennuyée, il y a plusieurs passages que j’ai trouvé longuets, notamment ceux qui concernent la jeunesse de Josef alors que je pensais que le contexte de la domination nazie allait m’émouvoir ou en tout cas, me faire réagir.

Un rendez-vous manqué pour moi, sans doute car j’en attendais beaucoup, mais que cela ne vous empêche pas de vous faire votre propre opinion !

Ce roman a reçu le Prix Pulitzer de la fiction en 2001.

10/18, octobre 2004