Archive pour août 2012

Christophe Lambert – Vegas Mytho

Christophe Lambert - Vegas MythoThomas Hanlon, poète de la beat generation, fait la connaissance de la belle et riche héritière de la famille Stamatis, Sofia. Cette dernière l’invite à rencontrer sa famille à l’occasion de l’ouverture du nouveau casino de son père à Las Vegas. Un évènement qui n’est pas du goût de la famille Nasrallah qui gère le casino voisin et qui a également éveillé l’intérêt de la mafia et du FBI. Thomas Hanlon va se retrouver au milieu d’affaires qui dépassent les simples humains…

Si vous connaissez un tant soit peu la mythologie, vous devriez vite reconnaître quels dieux se cachent sous les traits de la famille Stamatis, un petit jeu que j’ai trouvé on ne peut plus amusant.

Christophe Lambert signe ici un livre qui mélange les genres et les époques, fort bien documenté, bourré de clins d’œils et d’humour, dans lequel on ne s’ennuie pas un seul instant. Sans être un must read, il offre un excellent divertissement, il n’y a donc pas de raison de se priver !

Pocket, mars 2012

Robert McLiam Wilson – Eureka Street

Robert McLiam Wilson - Eureka StreetDans un Belfast sous le coup des menaces terroristes de l’IRA et autres groupuscules extrémistes, nous suivons, d’une part, Jake, le catholique, miné par sa rupture avec Sarah et qui collectionne les histoires d’amour foireuses, et d’autre part, Chuckie, le protestant, dont les combines pour devenir riche dépassent l’imagination.

Leurs différences ne les empêchent pas d’être amis et de se retrouver régulièrement au pub pour picoler avec leur bande de copains.

Cependant, après avoir fêté ses trente ans, Chuckie prend conscience qu’il n’a encore rien accompli et se lance dans les affaires en partant de rien ; de plus il commence à sortir avec Max, une américaine dont le père pacifiste a été assassiné dans un aéroport irlandais alors qu’il venait participer à des pourparlers en faveur de la paix. Jake a donc moins d’occasions de le voir jusqu’au jour où Chuckie l’invite à un dîner avec sa petite amie et la colocataire de cette dernière. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’Aoirghe Jenkins, une militante républicaine qui a vite fait de l’exaspérer.

Je voulais lire ce roman depuis très longtemps et en même temps j’hésitais, pour découvrir Robert McLiam Wilson, avec Les dépossédés, une non-fiction traitant de la pauvreté. C’est finalement Eureka Street qui a croisé ma route en premier et je ne suis pas déçue du tout. Tout d’abord parce que j’ai aimé le fait que cela se passe à Belfast dans un climat où la menace est toujours présente et dans lequel les protagonistes ne savent jamais où va éclater la prochaine bombe. On verra d’ailleurs dans le roman comment les deux personnages principaux seront touchés par ces attentats. J’ai aussi aimé les relations entre les personnages, la façon dont chacun appréhende le monde du travail mais aussi les relations amoureuses. Chuckie et Jake sont à la fois différents et semblables, on voit chez eux les aspirations de la jeunesse irlandaise même s’ils ne prennent pas le même chemin.

Par ailleurs, j’ai vraiment apprécié la plume de Robert McLiam Wilson et l’humour que nous retrouvons tout au long du livre malgré la difficulté du contexte historique. Un auteur que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt et que j’aurai assurément plaisir à retrouver !

10/18, mars 1999

D.H. Lawrence – L’Amant de Lady Chatterley

D.H. Lawrence - L'Amant de Lady ChatterleyConstance Reid a épousé Clifford Chatterley en 1917, pendant que celui-ci était en permission. Lorsqu’il revient en 1918, il est grièvement blessé ; il ne devra jamais retrouver l’usage de la partie inférieure de son corps.

En plus de ne pouvoir la satisfaire sexuellement, Clifford néglige son épouse qui, de son côté, pourtant, fait tout pour l’aider ; on a souvent l’impression qu’il la traite comme une aide-soignante plutôt que comme son épouse. Connie, se sentant délaissée, n’hésite que très peu de temps avant de prendre un amant mais son désir reste partiellement inassouvi.

Elle rencontre alors Mellors, le garde-chasse de la propriété, un homme d’un milieu social inférieur mais par lequel elle est irrésistiblement attirée. Grâce à lui, elle prend conscience que l’amour ne peut exister seulement au niveau spirituel mais que l’aspect physique est indispensable et indissociable.

Je ne regrette pas de l’avoir lu pour mon enrichissement personnel mais je ne peux pas dire que l’histoire m’ait passionnée. Les rapports entre les protagonistes m’ont paru bizarres et je n’ai pas vraiment ressenti le désir de Constance pour son amant.

A sa sortie, le livre a été jugé obscène et a fait l’objet de procès dans plusieurs pays. Ceci est dû au vocabulaire employé par l’auteur, un vocabulaire qui ne choque pas tant que ça à l’heure actuelle mais qui a dû faire pousser les hauts cris à l’époque. Cependant, pour moi, plus que l’aspect érotique, c’est dans la façon de penser des personnages que L’amant de Lady Chatterley est le plus précurseur et sujet à controverse.

Un roman que j’ai refermé avec un sentiment mitigé, ne sachant pas vraiment quoi penser du destin de ces personnages.

Livre de poche, août 1997

Rainbow Rowell – Attachement

Rainbow Rowell - AttachementDans Attachement, la narration se fait en deux temps, d’une part, nous avons un échange d’e-mails entre deux collègues et amies, Jennifer Scribner-Snyder et Beth Fremont ; de l’autre, Lincoln, employé du service informatique de la société dans laquelle elles travaillent. La mission de Lincoln est de traquer les employés qui se servent d’internet en dehors du cadre de leur travail ; il tombe, évidemment, assez rapidement sur les échanges des deux jeunes femmes qu’il décide de ne pas dénoncer à ses supérieurs tant il s’est pris de sympathie pour elles à travers leur correspondance.

Globalement, j’ai trouvé cette lecture sympathique mais j’ai été un peu dérangée par le fait que le roman se déroule à la fin des années 90 alors qu’il s’agit d’un roman paru en 2011. Les références à la pop-culture du moment et au fameux bug de l’an 2000 m’ont, du coup, semblé un peu has been et je ne suis pas sûre que les lecteurs n’ayant pas connu cette période apprécieront lesdites références.

Ceci mis à part, j’ai trouvé cette lecture plutôt agréable mais je n’ai pas vraiment été touchée par les personnages, je les ai parfois trouvé mignons mais je crains de ne pas être le bon public pour ce genre de récits (tout comme je ne suis pas friande des comédies romantiques auxquelles il est fait allusion dans le livre).

C’est donc un peu déçue que j’ai refermé ce roman dont j’avais pourtant entendu beaucoup de bien mais ne vous fiez pas à mon seul avis, je ne suis pas spécialiste en matière d’histoires romantiques !

Milady, août 2012

Le mardi sur son 31 #14

Non seulement le sergent technicien Garp était orphelin, mais c’était aussi un idiot dont le vocabulaire se limitait à un seul mot, ce qui l’empêchait de faire ses doléances aux journaux.

Il s’agit d’un extrait de Le monde selon Garp de John Irving. Je découvre l’auteur avec ce roman et c’est une rencontre très réussie !

Retrouvez tous les participants et toutes les infos à propos de ce rendez-vous chez Sophie :

MURAKAMI Haruki – 1Q84, Livre 2 : Juillet-Septembre

MURAKAMI Haruki – 1Q84, Livre 2 - Juillet-SeptembreJ’avais adoré le premier tome de 1Q84, et j’étais certaine que la suite allait me plaire tout autant, il s’avère que j’avais entièrement raison.

C’est avec un immense plaisir que j’ai replongé dans le monde de l’année 1Q84 et que j’ai retrouvé Aomamé d’un côté et Tengo et la jeune auteure Fukaéri de l’autre.

Tout le récit repose en équilibre sur le fil ténu qui sépare la réalité du fantastique, à tel point que l’on oublie parfois que l’histoire se situe dans une année parallèle à 1984 baptisée 1Q84. Aomamé poursuit ses travaux pour la mystérieuse vieille femme et se lance cette fois dans ce qui pourrait être sa dernière mission, elle est cette fois chargée d’éliminer le gourou de la secte évoquée dans le tome précédent. Par ailleurs, la jeune Fukaéri, dont le roman se vend à des milliers d’exemplaires, a subitement disparu ; Tengo est une des seules personnes a savoir qu’elle se cache délibérément ce qui ne lui facilite pas la vie.

Ce second tome est tout à fait à la hauteur du premier, non seulement parce que l’auteur nous raconte une histoire vraiment originale mais aussi parce que le style est fluide et agréable à lire. Je suis une fois de plus bluffée par le talent de Murakami Haruki et je ne peux que vous conseiller cet auteur qui est indéniablement un de mes écrivains contemporains favoris.

Pour information, les deux premiers volumes de la trilogie sortent en poche au mois de septembre aux éditions 10/18. Vous n’avez plus aucune raison d’hésiter !

Belfond, août 2011

François Marchand – Un week-end en famille

François Marchand - Un week-end en familleLe personnage principal de cette histoire part pour un week-end chez ses beaux-parents dans un petit village de Samouse avec Aurélie qu’il vient d’épouser à Las Vegas.

Le personnage est un anti-héros qui n’attire en rien la sympathie, c’est un parisien dans le pire sens du terme, qui pense avoir toujours raison et qui est incapable de comprendre l’intérêt de la vie à la campagne. Son unique mode de communication est le sarcasme. D’emblée, il sait que cela va mal se passer même s’il essaye, dans un premier temps de prendre sur lui. Et effectivement, les choses dégénèrent assez rapidement. L’auteur pousse l’exagération à son comble, et caricature les traits, d’un côté comme de l’autre, n’hésitant pas à en rajouter des tonnes pour servir son propos – parfois trop, à mon goût, cependant.

Un roman qui se lit bien, dans lequel l’ironie est maniée à merveille, mais que j’oublierai néanmoins assez rapidement.

Il s’agit du troisième roman de François Marchand après L’imposteur en 2009 et Plan social en 2010.

Le Cherche Midi, août 2012

Aravind Adiga – Le tigre blanc

Aravind Adiga - Le tigre blancLe tigre blanc raconte l’histoire d’un jeune indien de basse classe qui réussi à se faire engagé comme chauffeur auprès du fils d’un riche négociant. Aux yeux de sa famille, c’est une belle réussite, mais pour Balram ce sera la découverte d’un monde corrompu dans lequel il est bien difficile de faire son trou.

Le récit est composé comme plusieurs longues lettres écrites en une semaine par Balram Halwai à Wen Jiabao, Premier Ministre de la Chine, qui se prépare à effectuer un voyage en Inde. Il y explique comment il est devenu le meilleur entrepreneur de Bangalore. De son enfance dans un village des plus pauvres situé sur les bords du Gange au moment où il écrit ces lettres, le lecteur découvre un long chemin parsemé d’embuches au travers desquelles Balram ne passe pas toujours de manière politiquement correcte (c’est le moins que je puisse dire sans vous révéler toute l’histoire !).

Comme toutes les bonnes histoires de Bangalore, la mienne commence loin de Bangalore. Aujourd’hui, je vis dans la Lumière, mais j’ai vu le jour et grandi dans les Ténèbres.

Le tigre blanc est le premier roman d’Aravind Adiga pour lequel il a obtenu le Booker Prize en 2008. Une récompense que je trouve amplement méritée car c’est un roman qui possède beaucoup de qualités. J’ai aimé le regard cynique que l’auteur porte sur son pays et en particulier sur la classe des nouveaux riches. J’ai aimé aussi le fait que le personnage principal soit un anti-héros, irrévérencieux et manipulateur, car même si l’auteur aborde le problème des différences de castes en Inde, le récit ne devient à aucun moment accablant.

Une très bonne découverte que je vous conseille si vous aimez ou avez envie de découvrir la littérature indienne.

10/18, avril 2010

Sorj Chalandon – Retour à Killybegs

Sorj Chalandon - Retour à KillybegsTyrone Meehan, sentant sa mort proche, retourne à Killybegs – ville portuaire située dans le comté de Donegal en Irlande – dans la maison où il a grandi, et entreprend d’écrire l’histoire de sa vie et les raisons de sa trahison.

Peu après la mort de son père, alcoolique notoire, il déménage chez son oncle à Belfast, en Irlande du Nord, avec sa mère et ses huit frères et sœurs. Alors que la guerre contre l’Allemagne fait rage, les familles catholiques irlandaises comme la sienne subissent de nombreuses pressions. Tyrone décide alors de s’engager dans la lutte armée et de répondre à ces persécutions par la manière forte.

J’ai rejoint l’IRA le 10 janvier 1942, quatre jours après notre arrivée à Dholpur Lane. Enfin, pas l’IRA. Pas tout à fait. J’étais trop jeune. Personne dans le quartier ne nous connaissait. Etre chassé par les loyalistes n’était pas suffisant pour instaurer la confiance.

Au début du roman, on ne comprend pas bien en quoi il a trahit son pays, ce n’est que dans la deuxième moitié du livre que la vérité éclate. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont l’auteur exprime les sentiments de son personnage principal. Le cheminement de sa pensée est bien retranscrit et m’a amené à me demander ce que j’aurais choisi de faire à la place de Meehan.

D’un point de vue historique, j’ai trouvé ce roman très intéressant, l’auteur n’hésite pas à donner un certain nombre de détails sur les attentats perpétrés par l’IRA ainsi que sur les conditions de détention de ses membres ayant été fait prisonniers et confère ainsi à cette histoire un indéniable réalisme.

Une histoire marquante et bien racontée, je vous recommande vivement cette lecture !

Retour à Killybegs a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie française en 2011.

Livre de poche, août 2012

William Somerset Maugham – Le fil du rasoir

William Somerset Maugham - Le fil du rasoirDans Le fil du rasoir, Somerset Maugham raconte les destins croisés de Larry et Isabel de la Première Guerre Mondiale à la Grande Dépression.

L’écrivain-narrateur dresse le portrait de Larry Darrell, un jeune américain qui fut aviateur pendant la guerre et dont il fait la connaissance lors d’un dîner chez une de ses connaissances, Elliott Templeton. Larry est présent en qualité de fiancé de la nièce de celui-ci, Isabel Bradley. A la surprise de tous, il annonce au cours de cette soirée qu’il ne souhaite pas se mettre à travailler et a l’intention de vivre de sa rente et réfléchir sur le sens de la vie. Le mariage est par conséquent reporté et Larry part pour Paris où il entame une vie de bohème. L’auteur sera par la suite amené à le rencontrer plusieurs fois brièvement ce qui lui permet ainsi de nous relater le destin de cet homme peu ordinaire et les péripéties de son histoire avec Isabel.

Elliott Templeton, quant à lui, est un mondain, ses seules préoccupations sont les réceptions qu’il donne et celles auxquelles il est invité, ses fréquentations sont savamment triées parmi les gens les plus en vue et il n’est ami avec Somerset Maugham que parce qu’il est de bon ton d’avoir quelques connaissances dans le milieu artistique lorsqu’on fréquente assidument les meilleures soirées de Londres et Paris. Il est néanmoins très attaché à sa sœur malgré son choix de vie plus modeste et l’avenir d’Isabel lui tient également à cœur. Bien qu’il puisse être irritant, j’ai fini par éprouver une certaine sympathie pour ce personnage.

Lorsque j’ai commencé cette lecture, je ne savais pas du tout de quoi le livre allait parler et je n’avais rien lu de l’auteur, je ne savais donc pas du tout à quoi m’attendre ! J’ai d’emblée apprécié le style, assez soutenu tout en étant facile à lire. J’ai aimé la façon dont il se moque, gentiment, de son ami Elliott Templeton et à travers lui, de la société huppée en général. Par ailleurs, j’ai trouvé vraiment intéressante l’histoire de Larry et ses pérégrinations ; je ne veux pas trop en dire sur le roman au cas où vous aimeriez le lire mais j’ai vraiment aimé le fait que l’auteur évoque des cultures différentes et on ne peut plus exotiques pour l’époque à laquelle le roman a été écrit.

Une lecture fortement recommandée, donc ; pour ma part, je vais me pencher sur le reste de l’œuvre de l’auteur – et il y a de quoi faire !

Points, février 2010