Archive pour septembre 2012

Armistead Maupin – Nouvelles chroniques de San Francisco

Armistead Maupin - Nouvelles chroniques de San FranciscoCet été, je découvrais Les chroniques de San Francisco et je tombais sous le charme du 28 Barbary Lane et de ses habitants. Il ne m’a donc pas fallu très longtemps pour me jeter sur ce deuxième tome après l’avoir reçu.

Je ne ferai pas de résumé pour éviter les spoilers mais laissez-moi vous dire que ce deuxième tome est bourré de surprises, et pas n’importe lesquelles ! On en apprend plus sur la logeuse, Mme Anna Madrigal ainsi que sur Mona, personnage qui ne m’avait pas trop plu dans la précédente saison mais qui commence à m’intéresser un peu plus. Ma préférence, toutefois, va toujours à Mary-Ann et à Michael, deux personnages attachants qui ne méritent pas les galères qui leur arrivent.

Armistead Maupin reprend la même formule que dans le tome 1, de nombreuses coïncidences, des révélations abracadabrantes, des situations cocasses, dont on pourrait penser qu’elle deviennent répétitives mais pas du tout, c’est à chaque fois une surprise qui nous entraîne sur des chemins encore inexplorés.

Au-delà des personnages, c’est aussi le roman d’une ville, San Francisco, et c’est à mon avis ce qui renforce le succès de ces chroniques. La ville a l’air tellement charmante, vivante, qu’on aimerait pouvoir partir tout de suite !

Je vais bientôt m’attaquer au troisième tome qui verra le début des années 80, j’ai hâte de savoir ce qui va se passer !

10/18, mars 2000

Jonathan Franzen – Freedom

Jonathan Franzen - FreedomPatty, championne de basket universitaire, se fait une nouvelle amie, Eliza, le genre de fille avec qui ont peut faire les 400 coups. Après quelque temps, Patty va pourtant s’apercevoir que cette fille n’est pas très nette. Mais là n’est pas le sujet, car c’est tout de même grâce à elle qu’elle va voir pour la première fois Richard Katz, sur scène avec son groupe. C’est également au cours de cette même soirée qu’elle fait la connaissance de Walter Berglund, son colocataire et ami. Ce dernier semble intéressée par Patty, qui, elle, n’accepte ses avances que pour se rapprocher de Richard. Une tentative qui se solde par un échec et la jette finalement dans les bras de Walter…

Des années plus tard, ils sont tous amenés à se demander s’ils ont fait les bons choix…

J’avais été un peu déçue par Les corrections, roman dans lequel je n’avais pas aimé les personnages mais il en a été tout autrement dans Freedom, d’autant que le style de Franzen se lit agréablement et qu’on ne voit pas passer les 700 et quelques pages qui composent le roman.

On retrouve à peu près les mêmes thèmes que dans son précédent roman, à savoir, les relations familiales, les regrets, le sentiment d’avoir fait les mauvais choix, mais j’ai trouvé qu’ils étaient mieux exploités chez les Berlund qu’ils ne l’étaient chez les Lamberts. Je dois avouer également que j’ai eu un petit faible pour le personnage de Richard Katz et son attitude rock n’roll, à la fois charismatique et un peu looser sur les bords.

En conclusion, j’ai bien fait de ne pas m’arrêter à ma première impression et de lire cet autre roman de Jonathan Franzen, il aurait été dommage de passer à côté.

Points, août 2012

Matt Bondurant – Des hommes sans loi

Quatrième de couverture : Comté de Franklin, Virginie, région des États-Unis la plus alcoolisée durant la Prohibition. Le 20 décembre 1930, Forrest, Howard et Jack Bondurant sont blessés par balle à Maggodee Creek par les adjoints du shérif alors qu’ils tentent de forcer un barrage. Les trois frères, bootleggers notoires qui se livrent au trafic d’alcool, n’ont dès lors qu’une idée fixe : se venger de ces hommes de loi, pas aussi respectables que le laisse supposer le port de leur étoile…

Le roman a la particularité d’être écrit de deux points de vue. D’une part, celui des frères Bondurant avec un focus sur le plus jeune d’entre eux, Jack, d’autre part, celui de Sherwood Anderson (célèbre écrivain américain) qui vient enquêter sur ce qui se passe dans le comté de Franklin afin d’écrire un papier pour son journal. Par ailleurs, les chapitres ne se suivent pas de façon chronologique, on sait ainsi plus ou moins ce qui va arriver aux frères Bondurant dès le début du roman. Un procédé souvent utilisé en littérature mais qui, en l’occurrence, à tendance à perdre un peu le lecteur par manque de précisions. C’est un peu dommage car en dehors de cela, j’ai trouvé l’histoire très intéressante.

Il faut savoir, d’ailleurs, qu’il s’agit d’une histoire vraie, celle du grand-père et des grands-oncles de l’auteur. Je trouve que cela rend le récit encore plus poignant d’autant que les descriptions de blessures physiques et d’actes de violence sont d’un réalisme indéniable qui m’a fait détourner les yeux de mon livre plus d’une fois.

Pas un roman inoubliable d’un point de vue stylistique mais un récit qui marque les esprits et nous permet d’en apprendre plus sur cette période de l’histoire des États-Unis.

Archipoche, septembre 2012

Le film Des hommes sans loi de John Hillcoat sort aujourd’hui, 12 septembre 2012, au cinéma (France).

Les frères Bondurant sont incarnés à l’écran par Shia LaBeouf, Tom Hardy et Jason Clarke. Ils partagent l’affiche avec Gary Oldman, Guy Pearce, Jessica Chastain ou encore Mia Wasikowska.

On notera que Nick Cave a écrit le scénario et qu’il signe également la musique du film avec son camarade Warren Ellis.

Un film que je regarderai sans doute si l’occasion se présente car j’ai un petit faible pour ce genre d’histoires.

Le mardi sur son 31 #15

Cette semaine, je vous propose une phrase extraite de Des hommes sans loi de Matt Bondurant, un récit basé sur une histoire vraie dont l’adaptation cinématographique de John Hillcoat sort demain sur les écrans français avec, entre autres, Shia LaBeouf, Tom Hardy et Jessica Chastain.

Au Rocky Mount Hospital, Anderson sortit de son manteau une bouteille de whisky et en proposa à l’homme au bas-ventre mutilé.

Comme toutes les semaines, vous pouvez retrouver les participants à ce rendez-vous chez Sophie en cliquant sur le logo ci-dessous.

Ray Bradbury – Fahrenheit 451

Ray Bradbury - Fahrenheit 451Dans une société située dans un futur hypothétique, où la lecture est devenu une activité illégale, les pompiers ont pour mission de brûler tous les livres. Parmi eux, Guy Montag commence à se poser des questions qui le mènerons à commettre un acte sacrilège, voler un livre…

C’est avec un immense plaisir que j’ai relu Fahrenheit 451. Je dois avouer, cependant, que je suis un tout petit peu déçue par la fin, dont je ne me souvenais pas et qui n’est pas vraiment marquante, mais malgré ce petit bémol, le reste du roman est tellement incroyable que cela ne vaut pas le coup de se priver !

Je ne peux, et je pense que vous êtes comme moi si vous me lisez, imaginer un monde sans livres, c’est un aberration ! L’auteur réussi à nous décrire un monde complètement abêti dont Mildred, l’épouse de Guy, est une incarnation parfaite. Le message est clair, sans livre, source de questionnement et de réflexion et instrument majeur du développement intellectuel, la société dans son ensemble est menacée.

Quant au fait que les pompiers ne sachent pas que leur rôle, dans un passé pas si éloigné, était d’éteindre les feux et non de les allumer, j’ai trouvé ça très triste. C’est une excellente idée de la part de Ray Bradbury d’avoir choisi, comme agent de la destruction du savoir, un métier aussi noble que celui de pompier.

Un livre que tout le monde devrait lire, amateur de science-fiction ou non !

Folio, octobre 2000

Cloud Atlas : the trailer

Voici la bande-annonce de l’adaptation cinématographique d’un livre que j’ai adoré et dont je vous recommande vivement la lecture : Cartographie des nuages (Cloud Atlas en VO) de David Mitchell.

Cloud Atlas poster

Le film est réalisé par Andy Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tykwer. Parmi les acteurs principaux on retrouve Tom Hanks, Halle Berry ou encore Hugo Weaving.

Une adaptation risquée car le roman est complexe mais le trailer me plait assez !

Jonathan Dee – Les privilèges

Jonathan Dee - Les privilègesLe premier chapitre du roman raconte le somptueux mariage des jeunes, beaux et populaires Cynthia Sikes et Adam Morey. Ils ont absolument tout pour eux et personne ne doute de la réussite de leur mariage ni de leur réussite professionnelle.

Ils ont très vite leur premier enfant et c’est sans hésitation, comme tout ce qu’ils ont fait jusqu’à maintenant, que Cynthia prend la décision de rester à la maison pour l’élever. Adam, quant à lui, trouve un bon job dès la fin de ses études mais celui-ci n’offre pas tellement de possibilités d’évolution, voulant toujours aller de l’avant et souhaitant faire le bonheur de sa famille, il va se confronter à un choix épineux.

En ouvrant Les privilèges, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le premier chapitre, qui décrit le jeune couple Morey, laisse présager une vie idyllique puisqu’ils ont toujours eu le privilège de pouvoir faire ce qu’ils voulaient sans que cela leur demande trop d’efforts. A ce moment, j’ai eu peur de m’ennuyer au cours de cette lecture, croyant voir où l’auteur voulait en venir, mais je me suis bien trompée.

Les personnalités de Cynthia et Adam se sont révélées différentes de ce à quoi je m’attendais et malgré les privilèges dont ils ont l’habitude de bénéficier, leur vie n’est pas aussi rose que ce qu’on imagine. A trop en vouloir, il arrive souvent qu’on se brûle les ailes.

Une excellente découverte donc, je lirai sans faute le nouveau roman de Jonathan Dee, La fabrique des illusions, qui vient de paraître aux éditions Plon.

10/18, août 2012

Toni Morrison – Home

Toni Morrison - HomeFrank Money, jeune soldat qui vient de participer à la guerre de Corée, rentre aux États-Unis. Traumatisé par ce qu’il a vécu et en proie à de terribles crises d’angoisse, il a du mal à maintenir sa relation avec sa petite amie. Par ailleurs, il éprouve le besoin de retourner dans sa Géorgie natale où sa petite sœur Cee a besoin de lui.

J’ai aimé les passages à propos de Cee plus que ceux concernant Frank, peut-être parce que je suis une femme et que je me suis sentie, de ce fait, plus proche de ce personnage ? En tout cas, je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait lui arriver et j’ai ressenti beaucoup d’émotion envers elle à la fin du roman.

L’histoire de Frank, pour être honnête, m’a moins touchée bien qu’il ait vécu des choses terribles lors d’une guerre se déroulant à des milliers de kilomètres de chez lui.

Mais ce qui est important dans Home, plus que les histoires individuelles, c’est le contexte dans lequel il se déroule, cette Amérique des années 50 où la ségrégation raciale et la haine des noirs sont encore très vivaces ; un contexte que Toni Morrison décrit avec brio.

J’avais lu Beloved il y a plusieurs années mais je n’avais pas relu d’autres livres de Toni Morrison depuis et celui-ci m’a laissé la même impression, un roman que j’ai plutôt bien aimé mais dont j’attendais plus.

Christian Bourgeois, août 2012

John Irving – Le monde selon Garp

John Irving - Le monde selon GarpJenny Fields est infirmière lorsqu’elle décide d’avori un enfant. Cependant, elle souhaite garder son indépendance et ne veut en aucun cas d’une relation avec un homme. Elle profite alors d’un de ses patients, le sergent technicien Garp pour concevoir son bébé. Un enfant auquel elle donnera le nom de S.T. Garp.

Jenny va élever son fils dans le pensionnat de Steering où elle est employée comme infirmière, un métier qu’elle va laisser tomber pour devenir écrivain et raconter ses mémoires.

Un excellent roman qui allie tragédie et humour et qui aborde des thèmes aussi variés que le féminisme, l’adultère, les handicaps ou encore la folie. Le personnage de Jenny Fields est extrêmement intéressant et la façon dont elle devient une icône malgré elle, fascinant. Quant à Garp, personnage qui donne son titre au roman, il s’avère être plus complexe que ne le laisse présager le début de l’histoire. Le fait d’avoir grandi sans père et de voir sa mère devenir célèbre en tant qu’écrivain, métier qu’il a lui-même choisi sont deux des éléments qui façonnent son comportement et son monde.

On note aussi une certaine ironie dans ce qui arrive à la famille de ce père ultra-protecteur qui vit toujours dans la peur qu’il arrive quelque chose à ses enfants, un aspect du roman qui m’a vraiment plu malgré son côté tragique.

J’ai également beaucoup aimé la structure du roman qui intègre les récits écrits par Garp au sein de sa propre histoire et de celle de sa mère.

Je ne voulais pas découvrir John Irving avec un autre titre que Le monde selon Garp, maintenant que c’est chose faite, je vais pouvoir m’attaquer au reste de sa bibliographie !

Points, décembre 1998

Richard Powers – Gains

Richard Powers - GainsDans Gains, Richard Powers nous invite à suivre deux histoires parallèles.

D’une part, l’histoire de la famille Clare qui crée, dans la région de Boston, une petite entreprise de fabrication de savon dans les années 1830. Au fil du temps, nous voyons comment la petite entreprise familiale s’est développée jusqu’à devenir une grande multinationale.

D’autre part, Laura Bodey, 42 ans en 1998, divorcée et mère de deux enfants ; elle travaille comme agent immobilier non loin des usines de Clare Inc. Lorsqu’elle rentre à l’hôpital pour une intervention visant à lui retirer un kyste, elle ne se doute pas que sa vie va basculer. Ce récit est le combat d’une femme contre la maladie.

Tout d’abord, je dois dire que j’ai d’emblée aimé le style de Richard Powers, recherché sans être compliqué ; la lecture se fait avec fluidité à tel point qu’on ne voit pas passer les 600 et quelques pages qui le compose.

Ceci étant dit, venons-en à l’histoire elle-même. Les deux récits sont tout aussi intéressants et complémentaires mais ils ne soulèvent pas du tout le même type de réaction !

Dans les passages qui traitent de la famille Clare, on parle beaucoup d’enjeux politiques et économiques, tous les rouages de l’entreprise nous sont révélés. J’ai beaucoup apprécié la façon dont l’auteur décrit les relations entre les différents acteurs de la réussite de l’entreprise. L’auteur a également eu l’excellente idée d’insérer entre les chapitres des messages promotionnels qui montrent bien l’évolution de l’entreprise Clare et l’impact du marketing sur la population.

Les passages qui concernent Laura, en revanche, sont beaucoup plus émouvants et révoltants, l’auteur décrit à merveille le combat de cette femme et le regard que les autres portent sur elle.

J’ai aimé la contradiction soulevée par l’auteur qui nous fait réfléchir sur la société de consommation. Un roman de la rentrée littéraire à ne pas manquer !

Le Cherche Midi, Lot 49, août 2012