Archive pour 15 mars 2013

Anthony Trollope – Quelle époque !

Anthony Trollope - Quelle époqueQuelle époque… moi j’ai surtout envie de dire quelle aventure ! J’en profite d’ailleurs pour remercier mes partenaires de LC car sans eux, je pense que cet ouvrage serait resté longtemps dans mes étagères et cela aurait été fort dommage ! Cette lecture commune m’a donné l’élan nécessaire pour ouvrir mon exemplaire des éditions J’ai lu à la couverture hideuse et aux caractères microscopiques… Mais passons sur ces considérations matérielles pour nous intéresser au sujet de cet excellent roman d’Anthony Trollope.

Dans l’absolu, l’histoire m’a moins plu que Miss Mackenzie mais en même temps je l’ai trouvée plus riche, sans doute parce que l’on croise plus de personnages et de caractères différents. Aucun d’entre eux, pourtant, n’aura réussi à s’attirer ma totale sympathie car, bien qu’à des degrés différents, ils sont tous à blâmer pour une raison ou une autre. Parlons d’abord des pires de tous à mon goût, car ce sont finalement eux qui ont provoqué chez moi les réactions les plus vives : Augustus Melmotte et Felix Carbury.

Le premier, Melmotte, est aveuglé par l’argent et par l’ambition, il en veut toujours plus qu’il s’agisse de biens matériels ou de reconnaissance, peu importe les moyens pour les obtenir, il est sans pitié et n’hésite pas à trahir même ses collaborateurs les plus proches (j’ai failli écrire ami mais il n’en a évidemment pas). A l’opposé, nous avons Felix Carbury, qui est lui aussi toujours en quête d’argent mais n’en estime absolument pas la valeur et dilapide non seulement son héritage mais celui de sa famille en jouant aux cartes ! C’est un pleutre, incapable de s’engager et sans aucune ambition, il recule devant le moindre obstacle et je l’ai trouvé vraiment détestable ! Maintenant que j’ai vidé mon sac, je vais pouvoir vous parler des autres personnages et, peut-être, vous donner envie de le lire.

Car l’intérêt du roman ne réside pas dans ces deux personnages, là où cela devient passionnant c’est lorsqu’on observe les comportements des uns et des autres dans une société en pleine mutation.

Felix Carbury vit avec sa mère qui l’adore et lui passe tous ses caprices, et sa sœur Henrietta (Hetta pour les intimes). Cette dernière reçoit une demande en mariage de son cousin Roger Carbury qu’elle éconduit pour deux raisons, elle ne l’a jamais envisagé sous cet angle et le considère comme un ami et surtout elle est récemment tombée sous le charme de Paul Montague, de retour des États-Unis où il a passé quelque temps. Hetta est sans doute le personnage que j’ai préféré, je n’ai pas grand chose à lui reprocher si ce n’est un caractère un peu trop effacé pour évoluer sans heurts dans ce monde de brutes.

Une idylle entre elle est Montague me semblait la meilleure chose qui puisse arriver – au détriment de Roger Carbury qui bien que d’une droiture exceptionnel manque de charisme à mon goût – jusqu’à l’arrivée de Mrs Winifred Hurtle, l’ex-compagne américaine de Paul, venue le poursuivre jusqu’à Londres !

Par ailleurs, Melmotte, on l’a déjà dit, est un homme d’affaire qui ne pense qu’à faire du profit et n’hésite pas pour cela à user de ses talents d’orateur pour pousser un certain nombre de gentlemen à investir dans un énorme projet de chemin de fer aux États-Unis initié par Montague et ses associés américains. Cela inclut notre ami Felix qui a pourtant une autre idée en tête, épouser Marie Melmotte, fille d’Augustus, et hériter ainsi de la fortune du père ! Marie est sans conteste le personnage pour qui j’ai les sentiments les plus mitigés ; pas toujours en accord avec ses choix et surtout avec l’objet de son affection, j’ai fini par l’admirer pour sa force de caractère.

D’un point de vue plus global, j’ai aimé les aspects financiers du roman, les débats à la City, les investissements et les changements qui sont en train de se produire dans le monde des affaires mais aussi dans les mœurs car j’avoue que ce sont les intrigues amoureuses qui m’ont le plus tenue en haleine !

Il y a un certains nombres de personnages que je n’ai pas évoqué ici mais qui n’en sont pas moins intéressant (la famille Longestaffe notamment), ce serait toutefois trop long de tous les présenter, si vous voulez en savoir plus, il ne vous reste plus qu’à lire Quelle époque !

En conclusion, je suis définitivement sous le charme des romans d’Anthony Trollope et regrette fortement qu’on ne puisse pas trouver plus de roman de cet auteur en version française.

D’autres billets chez Camille, Céline, Denis, Lecture et cie, Malorie, Shelbylee, Syl. et Titine (liens à venir prochainement). Je ferai un récapitulatif de tous les billets le 1er avril prochain au cas où vous en auriez rater !

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