Archive pour 19 mars 2013

Herman Koch – Le dîner

Herman Koch - Le dînerDeux frères et leur épouse ont rendez-vous pour dîner dans un restaurant huppé d’Amsterdam. D’un côté, il y a Paul, ex-enseignant, et son épouse Claire, de l’autre, Serge Lohman, politicien, candidat au poste de Premier Ministre, et son épouse Babette. L’objet de ce dîner est de parler d’un acte que leurs enfants ont commis, un acte si terrible que le sujet ne sera aborder qu’au moment de l’addition, le dîner se révélant une sacrée épreuve…

Quelle bonne surprise que ce roman du néerlandais Herman Koch ! Il y a des livres qui vous happent dès que vous les ouvrez, ce fût le cas pour moi avec Le dîner. Une écriture fluide et une tension qui monte crescendo font que je l’ai dévoré quasiment d’une traite. Alors que les plats se succèdent, tout s’écroule, plus on en apprend, pire c’est, et pourtant j’ai suivi les révélations avec une certaine fascination.

A travers ce roman, Herman Koch, dresse le portrait au vitriol d’une soi-disant bonne société qui derrière une image impeccable cache les pires secrets, mais pas que. Il s’intéresse également aux liens familiaux, notamment la capacité des parents à protéger leur enfant, coûte que coûte.

Tout au long du livre, je me suis demandée si l’auteur allait nous servir une fin moralisatrice, ce n’est pas le cas, et j’aurais été bien déçue s’il en avait été autrement. Certains la trouveront peut-être horrible, je la trouve parfaite.

Ne soyez pas rebuté par la couverture qui n’est pas représentative du tout du contenu – ni très jolie à vrai dire – ce roman vaut largement le coup !

10/18, janvier 2013

L’extrait (chapitre 2, page 15) qui m’a immédiatement interpellée :

Si je devais donner une définition du bonheur, ce serait celle-ci : le bonheur se satisfait de lui-même, il n’a pas besoin de témoin. « Toutes les familles heureuses se ressemblent, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon », dit la première phrase d’Anna Karénine, de Tolstoï. Je me contenterai tout au plus d’y ajouter que les familles malheureuses – et au sein de ces familles en premier lieu les couples malheureux – n’y parviennent jamais seules. Plus il y a de témoins, mieux cela vaut. Le malheur est toujours en quête de compagnie. Le malheur ne peut supporter le silence – et encore moins les silences gênés qui s’installent lorsqu’il se retrouve seul.