Archive pour avril 2013

DAZAI Osamu – La déchéance d’un homme

DAZAI Osamu - La déchéance d'un hommeQuatrième de couverture : «Je suis devenu bouffon. C’était mon ultime demande adressée aux hommes. Extérieurement, le sourire ne me quittait pas ; intérrieurement, en revanche, c’éatit le désespoir.» Ainsi se présente Yôzô, né dans une famille riche du nord du Japon, qui veut être peintre, abandonne ses études au lycée de Tôkyô pour travailler dans des ateliers, mais s’initie plus vite au saké et aux filles qu’au dessin et à la peinture. D’amours malheureuses en amours malheureuses, après n’avoir été qu’un médiocre caricaturiste de revues de second ordre, il échoue à vingt-sept ans, malade, tel un vieillard, dans une vieille chaumière, irréparable d’où il rédige l’histoire de sa vie, «vécue dans la honte», et alors qu’il ne connaît plus désormais ni le bonheur ni le malheur.

J’ai aussi souhaité inclure dans le challenge Écrivains japonais que j’organise cette année, des auteurs que je n’avais jamais lu, ainsi j’ai moi aussi le plaisir de la découverte ! C’est le cas de DAZAI Osamu dont j’ai entendu parler seulement l’an dernier et dont la biographie assez atypique m’avait intriguée. L’ouvrage que j’ai choisi pour le découvrir s’intitule La déchéance d’un homme et a la particularité d’être en grande partie autobiographique, ce que j’ai trouvé très intéressant. Il y évoque notamment des thèmes comme l’alcoolisme, la drogue ou la folie et illustre son malaise avec son entourage. En revanche, c’est au niveau du style que j’ai été assez déçue, je ne saurais dire si cela vient de la traduction ou non mais j’ai trouvé les phrases assez banales et manquant de charme.

Je vous laisse avec un passage qui illustre bien, de mon point de vue, l’idée générale du roman :

Je manquais de flamme et le sentiment d’une déchéance ne me quittait pas.

Le reste d’un verre d’absinthe…

C’est par cette image que je me représentais cette déchéance dont il était impossible de remonter la pente.

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Lecture commune : Gatsby le magnifique

Cela fait des mois que j’attends ce film, des mois ! Et pas seulement parce qu’il s’agit de l’adaptation du célèbre roman de F. Scott Fitzgerald mais aussi parce qu’il est réalisé par Baz Luhrmann que j’apprécie énormément (Romeo + Juliet, Moulin Rouge…) et que Leonardo DiCaprio y interprète le rôle principal !

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Le film fera l’ouverture du Festival de Cannes 2013 le 15 mai prochain, date pour laquelle je vous propose cette lecture commune.

Miss Léo, Shelbylee et Virgule sont déjà avec moi dans les starting-blocks, si vous voulez nous rejoindre, vous êtes les bienvenus !

Elizabeth Strout – Olive Kitteridge

Elizabeth Strout - Olive KitteridgeQuatrième de couverture : Olive est l’épouse du pharmacien de Crosby, une petite ville côtière du Maine. Elle a un fils, Christopher, qu’elle étouffe. Et c’est aussi un professeur de mathématiques brutal et tyrannique, capable, pourtant, d’élans de bonté. Personnalité hors normes, a priori peu aimable, mais ô combien attachante, Olive traverse cette fresque polyphonique où les destins des habitants de Crosby – héros ordinaires – s’entremêlent sur une période de trente ans.

J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteur nous présente Olive Kitteridge à travers les yeux de différents personnages. En effet, dans ce roman, les chapitres se succèdent, semblant n’avoir aucun rapport entre eux si ce n’est qu’ils nous permettent d’observer la petite ville de Crosby et de cerner petit à petit Olive Kitteridge. De cette femme pourtant, on ne sait pas grand chose, les informations sont distillées au compte-goutte alors que nous pénétrons dans l’intimité des différents protagonistes. Elle n’apparaît pas comme très sympathique, pourtant je ne crois pas qu’elle soit foncièrement méchante, ce sont les différentes étapes de sa vie qui l’ont rendu ainsi et même s’ils ne peuvent servir d’excuse à certains comportements, je me suis tout de même un peu attachée à Olive…

Une lecture douce-amère que j’ai beaucoup apprécié.

Le Livre de poche, février 2012

Ce roman a reçu le Prix Pulitzer de la fiction en 2009. Et de 10 pour le challenge A tous prix de Laure !

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David Mitchell – Les mille automnes de Jacob de Zoet

David Mitchell - Les mille automnes de Jacob de Zoetlogo_coeur1799, Jacob de Zoet débarque dans le port japonais de Dejima, près de Nagasaki, comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, la seule à avoir été autorisée à commercer avec le Japon. Il est chargé de vérifier les comptes de la compagnie après que des irrégularités aient été rapportées ; une mission à l’issue de laquelle il espère pouvoir rentrer aux Pays-bas pour épouser sa promise.

L’expérience se révèle toutefois bien différente de ce qu’il imaginait lorsqu’il se rend compte de la corruption qui règne à Dejima mais aussi à partir du moment où il fait la connaissance de Mlle Aibagawa, une jeune sage-femme en apprentissage chez le médecin local…néerlandais établi dans cette enclave…

Après Cartographie des nuages, c’est de nouveau un coup de cœur pour ce roman de David Mitchell, et pourtant, ces deux romans n’ont absolument rien en commun si ce n’est le talent de l’écrivain. Et, comme souvent lorsque j’adore un livre, je ne suis pas sûre de savoir vous communiquer mon enthousiasme !

Le fait que le roman se déroule au Japon n’est sans doute pas étranger au fait que j’ai adoré, non pas parce que j’aime ce pays mais parce que l’auteur – qui y a vécu pendant huit ans – a vraiment bien exploité cette période de l’histoire du pays.

Malgré ses 700 pages, je ne me suis ennuyée à aucun moment, le récit est vivant, intrigant, émouvant, palpitant ! J’étais complètement sous le charme. J’ai adoré les passages avec les interprètes, l’auteur a réussi à bien retranscrire la façon qu’ont les japonais de parler une langue étrangère et de prononcer les noms étrangers – De Zoet devient par exemple Dazûto – j’avais l’impression d’entendre mes élèves et de me voir en train d’essayer de trouver des synonymes ou de paraphraser pour leur expliquer un mot ! Par ailleurs, l’écriture est soignée et les descriptions sont extrêmement précises – même celle traitant de médecine, ce dont je me serais bien passée ! – on a aucun mal à imaginer le décor et les personnages. En plus de ces qualités, c’est aussi une belle histoire, je ne vois ce qu’on pourrait demander de plus à un roman !

Les mille automnes de Jacob de Zoet fait partie de ces livres que l’on referme à regret tant on aurait aimé que le voyage se prolonge encore un peu plus.

Points, janvier 2013

Chroniques du racisme ordinaire

Chroniques du racisme ordinairePrésentation de l’éditeur :

L’objet du livre ? – Prendre la mesure de la pensée raciste dans la littérature française. L’incroyable de l’affaire ? –  L’étendue des dégâts !
Racisme à plusieurs étages, si l’on veut. 
Celui qui agit par mimétisme, par répétition des âneries qui traînent dans l’air du temps ; c’est le cas de Stendhal, d’Hugo par exemple.
Racisme mû par la haine, par la méchanceté, et qui préfigure les drames du xxe siècle : c’est le cas de Daudet, de Loti, des frères Goncourt.

Chroniques du racisme ordinaire n’est pas le genre d’ouvrage que je lis habituellement et cela fait pas mal de temps que je n’ai pas mis le nez dans un roman français du XIXème mais j’ai été interpellée par le thème et le fait que j’avais probablement dû lire, voire étudier certains de ces textes à l’école, sans que cela me choque ou en tout cas, je n’en ai pas souvenir.

Les propos tenus dans ces textes sont écœurants, emplis de méchanceté ou de bêtise, ou même les deux à la fois ; ce ne fut donc pas une lecture que je qualifierais d’agréable et je suis souvent restée bouche-bée devant ces propos aberrants. Je trouve que l’idée de rassembler ces textes est bonne – c’est ce qui m’a donné envie de lire le livre, d’ailleurs – toutefois, je ne suis pas aussi séduite par le produit fini que je l’espérais. Le point fort de l’ouvrage devient aussi son point faible car, une fois sortis de l’œuvre, ces extraits sont difficiles à appréhender et à examiner et on se lasse de cette succession de textes dont la lecture nous donne envie de jeter le livre par la fenêtre. Bien que les textes parlent d’eux-même, je crois que j’aurais préféré une étude un peu plus poussée.

Éditions Pimientos, mars 2013

Quelle époque ! : Le bilan de la LC

Comme promis, voici le bilan de notre lecture commune de Quelle époque ! (The way we live now) d’Anthony Trollope.

Les billets :

Merci à tous ceux qui m’ont accompagnée dans cette loooongue lecture !

Logo LC Trollope mars 2013

J’ai, depuis, regardé la mini-série en 4 épisodes diffusée sur la BBC en 2001, dans laquelle on retrouve David Suchet dans le rôle d’Augustus Melmotte, Matthew MacFayden dans celui de Felix Carbury ou encore Cillian Murphy dans celui de Paul Montague. Du côté des rôles féminins, j’avoue que je ne connaissais aucune des actrices mais j’ai trouvé que Shirley Henderson correspondait bien à l’image que je me faisais de Marie Melmotte.

J’ai trouvé l’ambiance générale assez bien rendue à l’écran, les personnages y sont aussi détestables que dans le livre et, malgré quelques longueurs, j’ai plutôt apprécié la série The way we live now.