Archive pour février 2015

Valentine Goby – Kinderzimmer

Valentine Goby - KinderzimmerQuatrième de couverture : En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Ce roman est sorti alors que j’étais enceinte et malgré ses excellentes critiques, je n’ai pas pu me résoudre à le lire tant j’étais angoissée. Je m’étais toutefois promis de le lire une fois que mon état d’esprit serait apaisée ; c’est aujourd’hui chose faite, et j’en suis absolument ravie.

Le sujet est difficile, les familles séparées, le quotidien dans les camps, l’angoisse d’être sélectionné à tout moment, tout est raconté avec un réalisme époustouflant. Et puis il y a Mila, Mila qui est enceinte et qui espère réussir à le cacher le plus longtemps possible. En effet, on ne voit jamais de femmes enceintes dans le camp, où sont-elles ? Qu’est-ce qu’on leur fait ? Mila n’a aucune envie de le savoir. Elle ne peut faire confiance à personne, mais entre femmes, sans aucune intimité, on le devine… Et malgré les conditions de vie innommables, il se trouvera quand même une poignée de gens pour l’aider.

Alors oui, c’est un livre difficile à lire mais il est également porteur d’espoir et je ne vais évidemment pas vous raconter comment ça se termine mais je peux vous dire que c’est un livre magnifique et qu’il m’a beaucoup touchée.

Kinderzimmer est un roman bouleversant mais tellement beau qu’il mérite l’investissement affectif nécessaire à cette lecture.

Un immense merci à Camille chez qui j’ai gagné ce roman que j’avais vraiment très envie de lire.

Actes Sud, août 2013

Du côté des challenges : A tous prix chez Asphodèle, Prix des Libraires 2014

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David Foenkinos – Charlotte

David Foenkinos - CharlotteQuatrième de couverture : Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie ». Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Le style est plutôt surprenant au départ mais on finit par s’y habituer et par l’oublier pour se concentrer uniquement sur l’histoire de Charlotte Salomon. Il y a visiblement un gros travail de recherche de la part de l’auteur sur cette artiste pour laquelle il a eu un coup de cœur lors d’une exposition. Il s’inclue d’ailleurs de temps en temps dans le récit pour raconter son expérience et j’ai aimé la façon qu’il a de parler de cette artiste qui le passionne.

Même si je n’ai pas été convaincue par le style, je suis ravie d’avoir découvert l’histoire de cette artiste que je ne connaissais pas.

Gallimard, août 2014

Du côté des challenges : A tous prix chez Asphodèle, Prix Renaudot et Prix Goncourt des lycéens en 2014

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Regine Sondermann – Édith, Reine des Saxons

Regine Sondermann - Édith, Reine des SaxonsQuatrième de couverture : « Vous voulez m’aimer, mais vous ne me connaissez pas ». C’est par ces mots que la Reine Édith commence son récit, qu’elle nous adresse aujourd’hui la parole, à plus de mille ans de distance. L’auteur magdebourgeoise, Regine Sondermann transporte le lecteur dans un Moyen-Âge encore jeune, aux côtés d’une femme, dont on ne connaissait jusqu’à présent que peu de choses. Elle mourut à trente-six ans et fut enterrée dans la cathédrale de Magdebourg où ses ossements ont été retrouvés dans un petit cercueil de plomb, en l’an 2010. L’auteur a trouvé dans les sources historiques, les livres d’histoire et ses entretiens avec archéologues et historiens de petits morceaux de cette courte vie, qu’elle a patiemment assemblés et remis en place, comme un bol ancien brisé il y a très longtemps. Lire l’histoire d’Édith et de sa famille, c’est voyager dans des contrées inconnues, qui nous paraissent si proches, et se trouvent pourtant infiniment loin, c’est découvrir des mœurs tantôt archaïques, tantôt cruelles et la croyance profonde guidant et réconfortant nos ancêtres, livrés impuissants aux guerres, famines et maladies.

Le Moyen-Âge est loin d’être ma période historique préférée, pourtant je n’ai eu aucun mal à me passionner pour l’histoire d’Édith. Le fait que le récit soit écrit à la première personne y a sans doute été pour beaucoup car il m’a permis de rapidement m’attacher au personnage.

Édith est une jeune femme intelligente, cultivée qui va devoir à épouser un roi étranger en vue de conclure une alliance. Une pratique tout à fait courante à l’époque ce qui ne la rend pas moins traumatisante pour ce jeunes filles. Le récit nous montre combien il a été difficile pour elle d’être à la fois une femme et une étrangère dans un pays aux mœurs différentes de celles dans lesquelles elle a été élevée.

Une biographie romancée tout à fait passionnante et instructive que je vous encourage à lire même si la période du Moyen-Âge ne vous séduit pas forcément.

Challenge écrivains japonais : décembre et janvier

Les lectures de décembre

Chez Sharon : ISHIDA Ira – Ikebukuro West Gate Park

Chez Flolunaire : MURAKAMI Haruki – L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Chez Nounours OGAWA Yôko – La lecture des otages et Parfum de glace

Les lectures de janvier

Chez Nounours : KAWABATA Yasunari – Première neige sur le Mont Fuji et TÔHARA Hisashi – Il y a un an Hiroshima

Chez Céline : MURAKAMI Haruki – Sommeil

Chez Andrée : MURAKAMI Haruki : L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage ; Les attaques de la boulangerie et Après le tremblement de terre

Chez Lydie : Aki Shimazaki – Hamaguri ainsi que le manga Les Pommes Miracle de FUJIKAWA Tsutomu

Chez Valentyne a lu MURAKAMI Haruki – L’éléphant s’évapore

Chez Purplevelvet : L’œil du serpent : Contes folkloriques japonais et  OGAWA Yôko – Une parfaite chambre de malade

Chez Titou : TOYODA Tetsuya – Undercurrent

Et chez moi MAYUZUMI Madoka – Haikus du temps présent

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