Archive pour janvier 2016

Joyce Maynard – L’homme de la montagne

Quatrième de couverture : Juin 1979, Californie du Nord. Rachel, 13 ans, et sa sœur Patty, 11 ans, sont délaissées par leurs parents : une mère souvent absente et un père volage. Leur quotidien ennuyeux est soudain interrompu par une affaire de meurtre en série que leur père, l’inspecteur Torricelli, est chargé de résoudre. Trente ans plus tard, Rachel, devenue romancière, raconte l’été qui a bouleversé leur vie.

L'homme de la montagne

Contrairement aux précédents romans que j’ai lus de l’auteur, L’homme de la montagne a des allures de thriller. Joyce Maynard nous fait suivre plusieurs pistes avant la révélation finale. Je ne vous cache pas que j’ai assez vite deviné comment cela allait finir, pourtant elle a réussi à me surprendre en ajoutant quelques éléments auxquels je n’aurais jamais pensé.

Outre l’aspect policier, ce roman se concentre sur la relation entre les deux sœurs et leur relation avec leur père, parti de la maison pendant leur enfance. Le fait que celui-ci soit chargé de l’enquête sur le tueur de la montagne joue un rôle très important dans leurs rapports avec lui. Le récit traite donc essentiellement de l’adolescence et du passage à l’âge adulte ; si vous vous attendez à un thriller, il est possible que vous soyez déçu, pour ma part, j’ai retrouvé ce qui me plait dans les romans de cet écrivain.

L’homme de la montagne n’est pas mon roman préféré de l’auteur mais j’ai une fois de plus aimé son style et son analyse des liens familiaux. A lire si vous appréciez Joyce Maynard mais pas forcément le meilleur titre pour la découvrir.

10/18, septembre 2015

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Graham Joyce – Les limites de l’enchantement

Maman Cullen n’est pas la vraie mère de Fern mais c’est elle qui l’a élevée et lui a transmis son savoir de sage-femme et de guérisseuse. Entre l’arrivée de hippies dans la ferme voisine et l’hospitalisation de Maman Cullen, Fern va devoir apprendre à faire face au monde extérieur. En plein cœur des années 60, la jeune femme se retrouve donc coincée entre les traditions ancestrales et les changements d’un monde qui se modernise.

enchantement

J’ai retrouvé dans ce roman ce qui m’avait plu dans Lignes de vie, à savoir une histoire ancrée dans la réalité relevée d’un soupçon de fantastique. Les limites de l’enchantement est un beau roman sur une jeune fille un peu perdue dans un monde en transition. Je n’ai pas autant aimé que ma précédente lecture de Graham Joyce mais il est certain que je vais continuer ma découverte de cet auteur.

Folio SF, octobre 2015

John Lydon – La rage est mon énergie

John Lydon, connu également sous le pseudonyme de Johnny Rotten, a été le chanteur du célèbre groupe punk Sex Pistols avant de fonder PiL (Public Image Limited). C’est à lui qu’on doit Anarchy in the UK, God save the Queen ou encore This is not a Love Song pour n’en citer que quelques-uns.

Anger is an energy

D’un point de vue littéraire, La rage est mon énergie (Anger is an energy) est loin d’être un chef d’œuvre. Le style est proche du langage parlé et on a parfois l’impression de lire une interview plutôt qu’une autobiographie. Par ailleurs, il répète souvent les mêmes propos, parfois à seulement une page d’intervalle, ce qui vient alourdir un récit déjà bien rempli.

Cela peut sembler rédhibitoire mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cette lecture au cours de laquelle j’ai tout de même appris un certain nombre de choses. Je ne suis pas du genre à m’intéresser à la vie privée des artistes, je ne connaissais donc pas grand chose du personnage en-dehors de sa musique. Les passages qui m’ont le plus intéressée ont été son enfance, ses années avec les Sex Pistols et ce qui l’a amené à former PiL. Après, pour être honnête, j’ai trouvé que l’histoire se répétait un peu trop. J’ai donc eu un peu plus de mal avec le dernier tiers du livre mais je ne regrette pas du tout cette lecture.

Points, novembre 2015

Antoine Bello – Les falsificateurs

Quatrième de couverture : C’est l’histoire d’une organisation secrète internationale, le CFR (Consortium de Falsification du réel) qui falsifie la réalité mais dont personne ne connaît les motivations. C’est l’histoire de quelques une des plus grandes supercheries de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l’espace, qui n’a jamais existé, de Christophe Colomb qui n’a pas découvert l’Amérique, des fausses archives de la Stasi. C’est l’histoire d’un jeune homme, embauché par le CFR, qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille. C’est l’histoire d’une bande d’amis qui veulent réussir leur vie, sans trop savoir ce que cela veut dire. C’est, d’une certaine façon, l’histoire de notre siècle.

Falsificateurs

Parlons tout d’abord du personnage principal, Sliv Dartunghuver , un jeune islandais recruté par le Consortium de Falsification du Réel dès la fin de ses études. Lorsqu’il intègre l’agence, il y voit un côté ludique sans saisir vraiment la portée de l’acte de falsification en lui-même. Ce n’est que plus tard qu’il se demande quels sont les buts que poursuit le CFR. Est-il simplement naïf ou bien complètement idiot, je lui laisse encore le bénéfice du doute après avoir terminé le livre. En tout cas, il fait partie de ces personnages qu’on ne peut ni complètement aimer ni vraiment détester.

Par ailleurs, ce roman est extrêmement bien documenté ; quel que soit le sujet abordé ou les lieux visités, tout est bien décrit et expliqué à tel point qu’on en arrive parfois à douter de ce qui a été falsifié ! J’ai vraiment apprécié la manière dont ce roman nous fait voyager.

Il n’en reste pas moins que j’aimerais bien savoir quels sont les objectifs du CFR car on n’en sait pas beaucoup plus à la fin du livre !

J’ai donc adoré Les falsificateurs et je ne tarderai pas à lire la suite des aventures de Sliv dans Les éclaireurs !

Folio, mai 2008

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