Archive for the ‘ Littérature américaine ’ Category

Ron Rash – Une terre d’ombre

logo_coeurQuatrième de couverture : Laurel Shelton et son frère Hank vivent au fond d’un vallon encaissé des Appalaches. Marquée par une tache de naissance, Laurel est considérée comme une sorcière. Hank, revenu de la Première Guerre mondiale, y a laissé une main. Isolés, bannis, ils mènent une vie fastidieuse et solitaire. Mais lorsque Laurel rencontre un mystérieux joueur de flûte, sa vie bascule.

Une terre d'ombre

Laurel est un personnage qui m’a immédiatement séduite par sa force de caractère. Mise au ban de la société à cause de vieilles superstitions, Laurel ne se plaint jamais. Elle endure la vie à la ferme dans cet endroit isolé que l’on qualifie de maudit, s’occupe de son père malade et tente de continuer à s’instruire même après que le village l’ait forcée à quitter les bancs de l’école. Bien sûr, elle se sent seule et même quand son frère rentre de la guerre, un bras en moins, elle ne voit pas ce que l’avenir pourrait lui apporter.

Puis, elle rencontre Walter et se laisse séduire par sa musique, peu importe qu’il soit muet, ses mélodies à la flûte et ses regards sont bien suffisants pour Laurel.

Toutefois, Walter semble cacher un terrible secret.

Si je n’avais jamais lu Ron Rash auparavant, j’aurais sans doute eu l’espoir d’une issue favorable pour l’un et l’autre. Ici, au contraire, j’ai eu peur pendant toute ma lecture de ce qui allait se passer. J’ai été tout bonnement écœurée par l’attitude des villageois, par leur ignorance et leur bêtise, par leurs croyances déraisonnables et par leur haine de l’étranger, de l’inconnu…

Une terre d’ombre s’est avérée une lecture captivante dont l’intensité monte crescendo pour finir en apothéose et qui m’a laissée à bout de souffle.

Une histoire magnifique bien qu’éprouvante dont je me souviendrai longtemps, un gros coup de cœur !

Points, avril 2015

Caroline Preston – Le journal de Frankie Pratt

Quatrième de couverture : 1920. Frankie Pratt a 18 ans. Élève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d’archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook. Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grand tirage, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraîne dans son sillage, du New York de la Prohibition au Paris des Années folles.

Frankie Pratt

L’intérêt de ce livre ne réside pas dans l’histoire, qui s’avère assez classique et sans surprises, mais plutôt dans la description qu’il offre des années 20. J’ai beaucoup aimé les illustrations et documents qui se trouvent dans ce livre qui se présente sous forme de scrapbook. J’avais un peu peur qu’il perde du charme dans la version poche mais ça n’est pas le cas, c’est un bel objet, tout en couleur, qu’on prend plaisir à feuilleter même après l’avoir terminé. Je suis ravie de l’avoir dans ma bibliothèque !

Pocket, novembre 2015

Garth Risk Hallberg – City on Fire

Quatrième de couverture : 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. Mais Sam a un autre rendez-vous auquel elle tient plus que tout. Elle retrouvera Charlie dans quelques heures à la station de métro de la 72e Rue. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, en rupture avec sa famille, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur William, son amant, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ?

Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige…

Qu’est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n’auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s’entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville.

City on Fire

Le début du roman peut sembler déroutant car la galerie de personnages mis en scène par Garth Risk Hallberg est assez vaste mais on comprend assez vite qu’ils ont des liens les uns avec les autres. Le meurtre perpétré à la fin de la première partie sert de déclencheur pour la suite du récit.

Celui-ci n’est d’ailleurs pas chronologique et il est entrecoupé d’interludes sous forme de documents (extraits de journaux, photos, etc.), on découvre petit à petit les différentes pièces du puzzle qui nous permettent de mieux cerner les protagonistes.

Par ailleurs, l’auteur réussit à merveille à nous plonger dans l’ambiance du New York des années 70, du moins cela correspond à l’idée que je m’en fais. J’ai surtout été frappée par la description du blackout qui a plongé la ville de New York dans le chaos en juillet 1977, je l’ai trouvée très réaliste.

City on Fire est un premier roman ambitieux réussi malgré quelques longueurs.

Merci à NetGalley et aux éditions Plon pour cette lecture.

Plon, janvier 2016

Joyce Maynard – L’homme de la montagne

Quatrième de couverture : Juin 1979, Californie du Nord. Rachel, 13 ans, et sa sœur Patty, 11 ans, sont délaissées par leurs parents : une mère souvent absente et un père volage. Leur quotidien ennuyeux est soudain interrompu par une affaire de meurtre en série que leur père, l’inspecteur Torricelli, est chargé de résoudre. Trente ans plus tard, Rachel, devenue romancière, raconte l’été qui a bouleversé leur vie.

L'homme de la montagne

Contrairement aux précédents romans que j’ai lus de l’auteur, L’homme de la montagne a des allures de thriller. Joyce Maynard nous fait suivre plusieurs pistes avant la révélation finale. Je ne vous cache pas que j’ai assez vite deviné comment cela allait finir, pourtant elle a réussi à me surprendre en ajoutant quelques éléments auxquels je n’aurais jamais pensé.

Outre l’aspect policier, ce roman se concentre sur la relation entre les deux sœurs et leur relation avec leur père, parti de la maison pendant leur enfance. Le fait que celui-ci soit chargé de l’enquête sur le tueur de la montagne joue un rôle très important dans leurs rapports avec lui. Le récit traite donc essentiellement de l’adolescence et du passage à l’âge adulte ; si vous vous attendez à un thriller, il est possible que vous soyez déçu, pour ma part, j’ai retrouvé ce qui me plait dans les romans de cet écrivain.

L’homme de la montagne n’est pas mon roman préféré de l’auteur mais j’ai une fois de plus aimé son style et son analyse des liens familiaux. A lire si vous appréciez Joyce Maynard mais pas forcément le meilleur titre pour la découvrir.

10/18, septembre 2015

S.E. Hinton – Outsiders

S.E. Hinton - OutsidersL’histoire se déroule à Tulsa dans l’Oklahoma en 1966. Ponyboy Curtis a quatorze ans, il vit avec ses deux frères aînés, et c’est un Greaser, une sorte de blouson noir aux cheveux gominés. Une rixe avec des Socs (bande rivale composée de jeunes issus de milieux plus favorisés), à l’issue dramatique va chambouler son quotidien.

De prime abord, le synopsis ne semble pas très original et, même si j’étais curieuse de le lire, je ne m’attendais pas à grand chose. Ce roman s’est finalement avéré une bonne surprise, d’une part, parce que le dénouement s’est révélé différent de ce à quoi je m’attendais, d’autre part, par sa qualité littéraire.

S.E. Hinton a écrit ce livre à l’âge de seize ans après avoir observé de nombreuses inégalités sociales autour d’elle et les réflexions qu’elle apporte à travers ses personnages sonnent on ne peut plus vraies. Les dialogues entre Ponyboy, le Greaser, et Cherry, la Soc, en sont le parfait exemple et m’ont particulièrement touchée.

Outsiders est un roman d’apprentissage très réussi, je le recommande vivement.

Le roman a été adapté sur grand écran en 1983 par Francis Ford Coppola avec Matt Dillon, C. Thomas Reilly, Patrick Swayze, Rob Lowe, Tom Cruise ou encore Emilio Estevez (rien que ça !). Je ne vais sans doute pas tarder à le regarder en espérant qu’il soit aussi bon que le livre !

Le Livre de poche, avril 1984

Donna Tartt – Le chardonneret

Donna Tartt - Le chardonneretQuatrième de couverture : C’est un minuscule tableau de maître. Un oiseau fascinant. Inestimable. La raison pour laquelle Theo Decker, 13 ans, s’est retrouvé en possession de ce chef-d’œuvre de l’art flamand est une longue histoire… Un hasard qui, huit ans après ce jour tragique de pluie et de cendres à New York, l’obsède toujours autant. Des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds mafieux d’Amsterdam ou de Las Vegas, Le Chardonneret surveille l’effroyable descente aux enfers de Theo et préside à son étrange destin…

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant ce livre. Les première pages, racontant la mort de la mère de Théo et la façon dont le jeune garçon s’est retrouvé en possession du tableau, m’ont totalement bluffée par leur réalisme. La suite décrit les conséquences de cette triste journée. Il est intéressant de voir l’ampleur qu’a pris le tableau dans la vie de Théo depuis le moment où il a posé les yeux dessus.

L’écriture de Donna Tartt est un vrai plaisir à lire mais malheureusement, cela ne m’a pas empêchée de trouver dans ce roman quelques longueurs, notamment dans la deuxième moitié du récit. Malgré cela, c’est une lecture que je recommande.

Pocket, janvier 2015

Du côté des challenges : 1 pavé par mois chez Bianca (1100 pages), A tous prix chez Asphodèle, Prix Pulitzer 2014

Joyce Carol Oates – Zombi

Joyce Carol Oates - ZombiQuatrième de couverture : Il pose bien un peu problème à à ses parents, mais ni l’un ni l’autre ne croient à l’accusation d’agression sexuelle sur un mineur dont il est l’objet. Il est un cas pour le psychiatre-expert auprès des tribunaux chargé de le suivre, qui se sent néanmoins encouragé par la nature toujours plus positive de ses rêves et sa franchise à en discuter. Il est le plus exquis des garçons pour sa riche grand-mère incapable de lui refuser quoi que ce soit. Il est le plus vrai et le plus terrifiant des tueurs-psychopathes jamais imaginés dans un roman dont on se demande par instants comment l’auteur a pu trouver les mots pour l’écrire. Joyce Carol Oates nous offre encore une fois la preuve de son immense talent. En donnant la voix à une âme des plus noires, elle plonge dans l’ignominie, et le lecteur avec elle de pénétrer l’innommable.

Je n’ai pas grand chose à dire sur ce court roman si ce n’est que je n’ai pas trop aimé. Les romans de Joyce Carol Oates dans lesquels elle tente de se mettre dans la peau d’un serial killer, aussi bien conçus soient-ils, ne sont apparemment pas pour moi ; j’avais en effet eu le même problème avec Le triomphe du singe-araignée. Il y a plusieurs raisons à cela mais la principale est certainement que ça ne m’intéresse pas tant que ça de savoir ce que peut penser un tel personnage. A partir de là, évidemment, même si le livre est bien écrit, je ne risquais pas d’accrocher.

Le Livre de poche, décembre 2014

Lori Nelson Spielman – Demain est un autre jour

Lori Nelson Spielman - Demain est un autre jourQuatrième de couverture : À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va hériter de l’empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu’elle voulait vivre, rédigée lorsqu’elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list… Mais la Brett d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la jeune fille de l’époque. Enseigner ? Elle n’a aucune envie d’abandonner son salaire confortable pour batailler avec des enfants rebelles. Un bébé ? Andrew, son petit ami avocat, n’en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s’y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que…  Malgré tout, Brett va devoir quitter sa cage dorée pour tenter de relever le défi. Et elle est bien loin d’imaginer ce qui l’attend.

Ce roman, j’ai tourné autour pendant assez longtemps. J’étais curieuse et même temps consciente que ça n’était pas mon genre de prédilection.

L’héroïne réserve bien des surprises. Elle m’a parfois agacée mais en même temps il était facile de comprendre sa réaction face à son héritage. Les objectifs de cette liste ont l’air tout à fait réalisables à plus ou moins court terme et pourtant ceux qui semblent les plus faciles ne le sont pas tant que ça !

L’histoire a finalement pris un tour auquel je ne m’attendais pas et s’est révélée bien moins légère que ce que j’imaginais. En tout cas, c’est un roman qui n’a pas manqué de me surprendre et qui m’a touchée plus que je ne m’y attendais. Je ne regrette pas ma curiosité !

Pocket, avril 2014

Laura Kasischke – Esprit d’hiver

Laura Kasischke - Esprit d'hiverQuatrième de couverture : Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, Holly, angoissée, se précipite dans la chambre de sa fille. Tatiana dort encore, paisible. Pourtant rien n’est plus comme avant en ce jour de Noël. Dehors, le blizzard s’est levé ; les invités ne viendront pas. Au fil des heures, ponctuées par des appels téléphoniques anonymes, Tatiana devient irascible, étrange, inquiétante. Holly se souvient : l’adoption de la fillette si jolie, treize ans auparavant, en Sibérie… Holly s’interroge : « Quelque chose les aurait suivis depuis la Russie jusque chez eux ? »

Esprit d’hiver est ma quatrième lecture de Laura Kasischke et c’est la première qui me laisse un sentiment mitigé. En effet, l’histoire ne m’a pas déplu mais j’ai assez vite deviné la fin ce qui a profondément gâché l’effet glaçant qu’aurait du provoquer la lecture des dernières pages. Cela n’ôte rien au fait que l’auteure réussit à merveille à établir une atmosphère pesante et à nous mettre mal à l’aise comme elle sait si bien le faire. Je ne parlerai donc pas de déception mais pas une satisfaction non plus en ce qui me concerne.

Le Livre de poche, octobre 2014

Du côté des challenges : A tous prix chez Asphodèle, Grand prix des lectrices de Elle 2014

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Joyce Maynard – Baby Love

Joyce Maynard - Baby LoveQuatrième de couverture : Les années 1970, une ville paumée des États-Unis. Filles-mères, Sandy, Tara, Wanda et Jill se racontent : boyfriends lâches ou disparus, potins de magazines, rêves en couleurs, et surtout, maternité. Car leur bébé, c’est leur seule réussite, l’unique preuve de leur importance. Elles le nourrissent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec comme à la poupée, le malmènent, aussi. Une vie d’une banalité aussi touchante que terrifiante, jusqu’à l’arrivée de deux femmes meurtries en quête d’enfants, et d’un psychopathe en cavale…

Mes deux premières lectures de Joyce Maynard, Les filles de l’orage et Long week-end, ont été des coups de cœur et c’est avec beaucoup de curiosité que je me suis penchée sur son tout premier roman.

Dès le début, j’ai été absorbée par l’ambiance et le contexte décrits par l’auteur ; les années 70, un petit village de l’Amérique profonde, et le quotidien ordinaire de ces filles-mères. Il faut reconnaître qu’elles sont un peu paumées et on ressent un décalage entre leur idéal familial et la réalité. Les hommes sont quant à eux peu présents et semblent dépassés par des évènements qu’ils n’ont pas vraiment choisis. Je ne me suis pas sentie d’affinités avec les personnages mais ils ne m’ont pas pour autant laissée indifférente. Toutefois, la fin n’a pas réussie à me surprendre ce qui fait que ce roman n’a pas complètement satisfait mes attentes.

Un premier roman qui laissait déjà présager du talent de l’auteur bien qu’il ne soit pas parfait.

10/18, septembre 2014