Archive for the ‘ Littérature américaine ’ Category

Caroline Miller – Les saisons et les jours

Caroline Miller - Les saisons et les joursQuatrième de couverture : Les Carver, au début du XIX e siècle, arrivent de Caroline en Géorgie. Leur histoire s’étend sur un demi-siècle et trois générations, jusqu’à la Guerre de sécession, une guerre qui ne les concerne guère et qu’ils ne comprennent pas, mais à laquelle ils devront tout de même participer. À 14 ans, Cean épouse Lonzo. L’adolescente mutine et timide deviendra une épouse forte et dure à la tâche, mère d’une vaste fratrie plus qu’à son tour frappée par les tragédies. On découvre à travers Cean un monde plus complexe qu’il n’y paraît, où les saisons, les grossesses, les deuils et les blessures forgent les êtres, où Dieu est évident et la nature omniprésente.

Les saisons et les jours raconte l’histoire d’une famille modeste de Caroline du nord partie s’installer en Géorgie à une époque où tout était encore à découvrir. J’ai trouvé les descriptions de la famille Carver et de leur mode de vie très intéressantes et concrètes. Il couvre une période assez longue de l’histoire de la famille Carver ce qui nous permet d’assister à un panel d’évènements assez large bien qu’assez isolé de ce qui se passe à plus de quelques kilomètres de chez eux.

Ce livre est une chronique qui m’a paru très réaliste et dont je garderai un bon souvenir même si je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages.

Ce roman a reçu le prix Pulitzer du roman en 1936.

Pocket, juillet 2014

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine ; A tous prix chez Asphodèle, Prix Pulitzer du roman en 1936.

Jess Walter – La vie financière des poètes

Jess Walter - La vie financière des poètesQuatrième de couverture : La quarantaine passée, Matt se réveille un beau matin sans boulot, criblé de dettes et face à un compte à rebours plus que flippant : il n’a que huit jours pour sauver sa maison des griffes de ses créanciers. Sa rencontre inattendue avec deux minables dealers va lui ouvrir les yeux : investir dans le lucratif commerce de l’herbe qui redonne goût à la vie en ces temps de crise. Mais au pays des rêves et des dollars qui partent en fumée, il faut savoir se méfier des mirages. Entre magistrale arnaque et fiasco annoncé, Matt, en bout de course, n’aura peut-être pas perdu l’essentiel…

Le pitch m’a un peu fait penser à la série Breaking Bad, mais ne l’ayant pas regardée, je ne peux pas dire si la ressemblance va plus loin que ça. Quoi qu’il en soit, j’ai bien aimé le début du roman, les interrogations de Matt et les problèmes que sa situation engendre au sein de son couple, notamment parce que son épouse n’est pas réellement au courant de la gravité de la situation.

Toutefois, je n’ai que moyennement apprécié le dénouement. En effet, la trame m’a semblé somme toute assez convenue ; je crois que je m’attendais à quelque chose de plus percutant.

Bilan mitigé donc pour cette découverte de Jess Walter dont le nouveau roman, De si jolies ruines, vient de paraître chez Fleuve éditions.

10/18, août 2014

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine.

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J. Courtney Sullivan – Maine

J. Courtney Sullivan - Mainelogo_coeurQuatrième de couverture : Pourquoi la vie familiale est-elle si compliquée ? Combien de regrets, de secrets, de non-dits se cachent derrière l’ordinaire du quotidien ? Et comment faire quand la moindre conversation déclenche un drame ? Les femmes de la famille Kelleher se posent les mêmes questions, mais chacune y répond à sa façon. Dans leur maison de vacances du Maine, Alice, 80 ans (la grand-mère), Kathleen (sa fille), Maggie (sa petite-fille) et Ann Marie (sa belle-fille) passent un dernier été réunies. Ce sont trois générations qui se retrouvent… pleines de doutes, de culpabilités, de frustrations, mais d’envies aussi. Entre tensions et explications, ce séjour transformera les liens unissant les quatre femmes, et bouleversera leur existence.

Dans Maine, J. Courtney Sullivan donne la parole à quatre femmes de la même famille aux caractères et aux façons de faire on ne peut plus différents. Alice, la matriarche, est une femme froide qui semble ne pas aimer grand monde et surtout pas ses enfants ; un lourd secret pèse sur sa conscience et c’est une des choses qui m’a donné envie de tourner les pages de ce roman. L’un de ces enfants est Kathleen, ancienne alcoolique partie refaire sa vie sur la côté Ouest et élever des vers. La troisième narratrice est sa fille Maggie et la seule qui attend avec impatience ses vacances dans le Maine bien qu’elle redoute le comportement de sa grand-mère.Et enfin, il y a Ann Marie, la belle-fille d’Alice et la seule qui semble trouver grâce à ses yeux…

J’ai particulièrement aimé la façon dont l’auteure décrit la différence entre le comportement et les pensées de ses protagonistes. On s’aperçoit en effet que l’image que certaines personnes renvoient aux autres et ce qu’elles pensent vraiment n’ont parfois rien à voir. J’ai également aimé cette maison dans le Maine où toute la famille avait l’habitude de passer ses étés lorsque Daniel, le mari d’Alice, était encore en vie. Elle est aussi en quelque sorte un des personnages du roman.

J’ai été tout à fait charmée par cette histoire de famille. Après Les débutantes, Maine confirme le talent de J. Courtney Sullivan. Je lirai sans faute Les liens du mariage !

Le Livre de poche, avril 2014

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine ; 1 pavé par mois chez Bianca (592 pages)

Philip K. Dick – Ô nation sans pudeur

Philip K. Dick - Ô nation sans pudeurQuatrième de couverture : 1949. La République populaire de Chine tout juste proclamée invite les compagnies étrangères installées sur son territoire à plier bagage. Trois Américains choisis au hasard par leur employeur, Verne Tildon, Barbara Mahler et Carl Fitter, demeurent sur place pour remettre officiellement les clés du complexe industriel déserté à ses nouveaux propriétaires. Commencent alors pour eux trois des vacances improvisées, que le soleil écrasant et l’oisiveté ont tôt fait de transformer en huis clos étouffant où les cœurs et les tempéraments s’échauffent.

Ce roman est le tout premier de Philip K. Dick paru bien après qu’il ait connu le succès avec ses œuvres de science-fiction. Il s’agit donc là d’une œuvre de jeunesse et cela se ressent, notamment parce que l’auteur se perd un peu dans ses propos. De ce fait, je n’ai à aucun moment ressenti le « huis-clos oppressant » annoncé par la quatrième de couverture ; les trois personnages ne cessent de se remémorer le passé avec beaucoup de détail, on a pas du tout l’impression de claustration à laquelle je m’attendais. Car ce qui m’intéressait moi, à la base, dans ce roman, c’est le contexte historique et politique et cela ne représente qu’une infime partie du livre, dommage.

Un roman qui comporte de bonnes idées mais qui manque de maturité. Dorénavant, je pense que je vais m’en tenir à ses œuvres de SF.

J’ai lu, juin 2014

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine.

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Ron Rash – Le monde à l’endroit

Ron Rash - Le monde à l'endroitQuatrième de couverture : Chaparder des plants de cannabis, rien d’extraordinaire pour Travis Shelton. Cette fois, le père Toomey le prend en flagrant délit et le lui fait payer. Le gamin ne se came pas; il n’a pas mauvais fond, juste envie de tailler la route. Fuyant l’humiliation paternelle et un présent étriqué, il croise celle de Leonard. Ce prof aux leçons décalées pourrait l’aider à remettre son monde à l’endroit.

Travis est l’exemple typique du gamin intelligent qui ne sait pas quoi faire de sa vie et qui, à défaut d’avoir été encouragé par ses proches, se retrouve à faire un truc totalement stupide. Et pour couronner le tout, il se fait prendre et se retrouve aux mains d’un être vil et sans aucun scrupules. Heureusement, il se trouve qu’il fait aussi la connaissance de Leonard, un ancien professeur qui s’est fait viré pour une raison qui ne nous sera révélée que vers la fin du roman. Celui-ci, bien que dans une situation peu enviable, détecte le potentiel de Travis et lui offre d’une bouffée d’espoir, à lui de ne pas la gâcher…

C’est cette lumière à l’horizon qui donne au lecteur l’envie de poursuivre car même si Travis a eu un comportement stupide, on a envie qu’il s’en sorte.

J’ai également trouvé intéressants les vieux extraits du journal d’un médecin du XIXe siècle dont l’importance va se révéler à la fin du livre.

Une lecture tout à fait satisfaisante même si je lui ai préféré Serena (dont l’adaptation sort au cinéma en France le 12 novembre avec Bradley Cooper et Jennifer Lawrence dans les rôles principaux).

Points, septembre 2013

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine.

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John Irving – A moi seul bien des personnages

John Irving - A moi seul bien des personnagesQuatrième de couverture : Adolescent ardent et confus, Billy rêve de devenir écrivain. Des béguins secrets pour son beau-père ou ses camarades de classe le bouleversent. Comment lutter contre ces «erreurs d’aiguillage amoureux» ? Il tait aussi son attirance pour Miss Frost, bibliothécaire aux seins juvéniles qui l’initie au plaisir et à la littérature. Quand Billy renoncera-t-il à l’art de la dissimulation ?

Si, à première vue, les thèmes abordés m’intéressaient quelque peu, sur la longueur, j’ai trouvé les propos de l’auteur bien répétitifs.

Le début du roman m’a plu, les premières découvertes littéraires de Billy et ses premiers émois m’ont donné envie de voir comment il allait grandir. Cependant, la suite m’a un peu déçue ; j’ai eu l’impression de stagner en attendant désespérément qu’il se passe quelque chose de spécial mais la trame s’est révélée sans surprise.

J’avais découvert John Irving avec plaisir avec Le monde selon Garp mais cette seconde tentative n’a pas été à la hauteur de mes espérances ; j’espère que j’aurai plus de chance la prochaine fois !

Points, mai 2014

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine ; 1 pavé par mois chez Bianca (590 pages)

 

Laura Moriarty – Un été avec Louise

Laura Moriarty - Un été avec LouiseQuatrième de couverture : Août 1922. Louise Brooks a 15 ans. Cette future icône du cinéma muet intègre la prestigieuse école de danse de Denishawn et touche du doigt son rêve : quitter sa ville étriquée du Kansas pour la flamboyante New York. Seule ombre au tableau, ses parents lui imposent une chaperonne, Cora Carlisle. Une femme aux antipodes de Louise, avec le souci des convenances, mais aussi de lourds secrets… Car si Cora se porte volontaire pour accompagner la jeune fille, c’est avant tout pour pouvoir partir sur les traces de son propre passé obscur. Elle n’imaginait pas que préserver la vertu de sa protégée s’avérerait aussi difficile. Louise, avec son air mutin, son petit carré noir soyeux à la frange bien dessinée, attire les regards, elle a soif de liberté et entend bien profiter de cette ville enchanteresse qui foisonne de théâtres, résonne d’un jazz enivrant et fourmille d’hommes. Ces cinq semaines passées ensemble vont changer le cours de leur vie à jamais…

Pendant la première moitié de cette lecture, je me suis demandée en quoi il était judicieux que le personnage principal soit la chaperonne de Louise Brooks en particulier. En effet, il me semblait que son histoire aurait pu être tout à fait la même avec une inconnue, ce en quoi je me trompais.

C’est cependant bien l’histoire de Cora qui est au premier plan dans ce roman et je dois dire que j’ai aimé la suivre dans sa quête pour retrouver ses origines. il s’avère finalement intéressant que celle-ci accompagne Louise Brooks car c’est une expérience qui va la changer à tout jamais. Par ailleurs, on apprend pas mal de choses sur l’enfance de la célèbre actrice dont l’allure m’a toujours fascinée, des choses que j’ignorais car je ne m’étais jamais penchée sur sa biographie et qui m’ont donnée envie d’en savoir plus et de lire son autobiographie, Lulu à Hollywood.

C’est toutefois bel et bien le personnage de Cora et ce qui lui arrive à partir de ce voyage à New York qui m’ont passionnée dans ce roman, le reste est un plus !

Une lecture que j’ai terminé très enthousiaste !

Pocket, mai 2014

Du côté des challenges : 1 pavé par mois chez Bianca (505 pages), Le mois américain chez Titine.

Richard Russo – Les sortilèges du Cap Cod

Richard Russo - Les sortilèges du Cap CodQuatrième de couverture :La famille, la transmission, le couple et ses compromis : autant de thèmes abordés avec brio et subtilité par Richard Russo, qui sait aussi conjuguer l’humour avec l’émotion. Professeur dans une université du Connecticut, Jack Griffin est invité à Cape Cod avec sa femme Joy, le temps d’un mariage. C’est l’occasion rêvée d’une escapade en amoureux. Mais le week-end, qui s’annonçait enchanteur, se révèle dévastateur. Il sonne le glas du couple, réveille les espoirs déçus, les conflits jamais résolus. Joy regagne ensuite le Connecticut, tandis que Jack part pour Los Angeles. Un an plus tard, le mariage de leur propre fille scelle leurs retrouvailles. Elles sont d’autant plus mouvementées que cette fois, Jack transporte non seulement les cendres de son père qu’il trimballait depuis un an et demi dans le coffre de sa voiture mais aussi celles de sa mère, décédée six mois plus tôt, et dont l’esprit sarcastique ne le lâche pas une seconde.

Après la grosse claque prise avec Le déclin de l’empire Whithing, je dois avouer que cette lecture m’a un peu déçue, pourtant on ne peut pas dire que le livre soit mauvais.

Je ne sais pas bien comment expliquer le sentiment que j’ai ressenti à la fin de cette lecture car j’ai aimé mais j’en attendais plus. Il faudrait dire qu’il s’agit d’une semi-déception mais j’ai plutôt envie d’en retenir le côté positif ; peut-on parler, dans ce cas, de semi-satisfaction ?

J’ai aimé les réflexions du narrateur sur sa vie, son enfance, son mariage ainsi que les descriptions de son entourage mais il a manqué le côté surprenant et plus corrosif du roman de Richard Russo que j’avais tant aimé il y a quelques années.

Ceci étant dit, je continuerai à découvrir cet auteur !

10/18, juin 2012

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine.

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Rona Jaffe – Rien n’est trop beau

Rona Jaffe - Rien n'est trop beauQuatrième de couverture : Lorsqu’il fut publié en 1958, Rien n’est trop beau provoqua l’engouement de millions de lectrices américaines. Elles s’identifièrent à ces jeunes secrétaires venues d’horizons différents, employées dans une grande maison d’édition new-yorkaise, dont les rêves et les doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes. Si la ville semble leur offrir d’infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune – l’ambitieuse, la naïve, la divorcée…- doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d’hommes.

Les jeunes femmes mises en scène dans ce roman ont des profils tout à fait différents, une diversité qui m’a beaucoup plu car elle nous offre des points de vue variés sur leur époque. Leur point commun, elle veulent ce qu’il y a de mieux, qu’il s’agisse de réussite professionnelle ou amoureuse, elles ont envie de réussir.

Don Draper (Mad Men) en train de lire le roman de Rona Jaffe

Don Draper (Mad Men) en train de lire le roman de Rona Jaffe

C’est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire mais qui offre malgré tout une vision très pessimiste des relations hommes-femmes et du monde du travail, je m’attendais à une issue un peu moins plombante.

En tout cas, je comprends qu’il ait eu autant de succès lors de sa sortie et je ne peux que vous en conseiller la lecture si vous voulez un aperçu ce que pouvait être la vie à New York dans les années 1950.

Le roman de Rona Jaffe a été adapté au cinéma en 1959, soit un an après sa publication.

Le Livre de poche, août 2012

Du côté des challenges : 1 pavé par mois chez Bianca (672 pages), Le mois américain chez Titine.

Tom Robbins – B comme bière

Tom Robbins - B comme bièreQuatrième de couverture : À la veille de ses 6 ans, Gracie s’interroge. Quel est ce mystérieux liquide que les adultes ingurgitent avec une telle satisfaction ? Si son père élude ses questions sur la bière, l’Oncle Moe s’avère plus loquace. Il propose même à sa nièce de l’emmener visiter la Brasserie Redhook. Mais quand elle apprend que la visite n’aura pas lieu, Gracie a un accès de colère et engloutit une canette trouvée dans le frigo. Elle voit alors surgir la sympathique Fée de la Bière. Commence alors pour la fillette un voyage fabuleux et instructif au pays de l’alcool couleur de miel. B comme bière est un conte enchanteur dont la lecture a l’art d’enivrer petits et grands. À consommer sans modération.

Voici un court roman bien sympathique. Le début est très drôle, la petite Gracie, du haut de ses six ans, se demande quelle est cette jolie boisson dorée que les adultes boivent et à laquelle elle n’a pas le droit de toucher. Puis l’histoire de se transforme en un conte de fée un peu spécial dans lequel la Fée de la Bière entreprend de lui faire faire la visite guidée promise puis annulée par son oncle. On y apprend alors beaucoup de choses sur la fabrication de la bière de façon ludique.

N’allez pas croire qu’il s’agit là d’un livre qui encourage à la consommation d’alcool chez les jeunes (ou les moins jeunes), c’est une comédie pas une apologie, et il n’y a vraiment pas de raison de se priver de passer un bon moment de lecture.

B comme bière est un ouvrage amusant mais aussi instructif ! À consommer sans modération (je parle du livre bien évidemment) !

Gallmeister, octobre 2012

Du côté des challenges : Le mois américain chez Titine.

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