Archive for the ‘ Littérature chinoise ’ Category

Yiyun Li – Un beau jour de printemps

Yiyun Li - Un beau jour de printempsEn ce jour de printemps 1979, la ville de Rivière-Fangeuse se prépare à l’exécution de Gu Shan, une ancienne garde rouge devenue dissidente. Pour ses parents et les quelques habitants écœurés par cette ultime injustice, plus rien ne sera comme avant. Sous l’œil omniprésent du Parti, contre la terreur ordinaire dans la Chine postmaoïste, ils tentent de modifier la trajectoire imposée.

Ce roman de Yiyun Li est intéressant à plusieurs points de vue. Il y a tout d’abord le contexte historique intéressant d’une Chine en transition où l’on se doit d’obéir à la loi coute que coute faute de représailles. Et puis, il y a l’histoire de Gu Shan, la dissidente, celle qui a osé non seulement défier le gouvernement établi mais aussi trahir ses convictions initiales. A partir de ce personnage dont l’exécution doit avoir lieu au début du roman, nous découvrons d’autres habitants de Rivière-Fangeuse, ses parents, vivant dans la peur d’être assimilé à la traitresse, le couple Hua qui a passé sa vie à recueillir les orphelins, Kai dont la voix mélodieuse porte la parole du parti, Bashi un jeune homme tout juste majeur qui vit avec sa grand-mère et obsédé par le corps féminin ou encore la petite Nini, handicapée, rejetée de tous… C’est cette diversité de personnages qui fait la force de ce récit où chaque vie participe à l’atmosphère générale du roman.

Un beau jour de printemps est un livre qui m’a beaucoup plu malgré son sujet peu réjouissant et son atmosphère pesante, je le conseille si vous avez envie d’avoir un aperçu de la Chine à cette époque.

10/18, avril 2011

Dragon2012feu

Xinran – Baguettes chinoises

Baguettes chinoises raconte l’histoire de trois sœurs qui s’installent dans la ville de Nankin pour y travailler avec l’espoir de pouvoir envoyer de l’argent à leur famille dans leur village natal.

Pourquoi ce titre ? Parce que dans l’esprit de leur père et dans celui de nombreux chinois, les filles sont comme des baguettes, faibles, que l’ont peut briser facilement au contraire des garçons qui sont vu comme des poutres, assez solides pour supporter le toit d’une maison.

J’ai trouvé cette lecture plutôt agréable et intéressante. Tout d’abord, nous découvrons ce petit village qui bien que l’histoire se situe dans les années 2000 semble vivre dans une autre époque, aussi bien par l’aspect matériel que par ses façons de penser. C’est à travers le regard des trois jeunes filles venues de la campagne que nous sommes témoins des différences et des inégalités entre villages reculés et villes modernes.

Vient ensuite la découverte de la ville, source de surprise et d’émerveillement pour les jeunes demoiselles mais aussi de peur car rien ne ressemble à ce qu’elles ont connu jusqu’à alors. Chacune va alors faire ses expériences et se battre pour montrer qu’elles sont aussi fortes et solides que des poutres !

Le roman apporte aussi un point de vue occidental via le salon de thé où travaille la sixième sœur, la plus jeune des trois filles venues à Nankin, un endroit fréquenté par des étrangers. J’ai beaucoup aimé cet endroit dans lequel on peut savourer un thé tout en parcourant les livres mis à disposition des clients !

Un roman plaisant et instructif qui m’a donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteur.

Picquier poche, janvier 2011

Mo Yan – Beaux seins, belles fesses

Mo Yan - Beaux seins, belles fessesOn pourrait dire que j’ai eu le nez fin en choisissant ce titre pour le challenge Un mot, des titres de Calypso puisque Mo Yan, écrivain chinois, a reçu le Prix Nobel de Littérature le 11 octobre dernier. Malheureusement, cette lecture a été l’une des plus difficiles de ma vie de lectrice.

Tout d’abord, l’écriture de Mo Yan est très poétique mais aussi très descriptive et du coup il y a beaucoup de détails qui n’apportent rien à l’histoire et même si cela contribue à nous mettre dans l’ambiance, j’ai trouvé que c’était vraiment trop détaillé.

Mais ce n’est pas le plus grave, ce n’est pas le premier roman que je lis à comporter beaucoup de description et ce n’est pas forcément un point négatif en soi. Le problème c’est que j’ai détesté absolument tous les personnages… sans exception. Leur façon d’agir m’a gênée à un moment ou un autre, je n’ai pas compris leur façon de penser, sans doute trop éloignée des valeurs dans lesquelles j’ai grandi – et pourtant, je n’ai aucun mal à vivre au Japon et à comprendre leur façon de penser alors que cette culture est tout aussi différente. Mais je m’égare, revenons-en à Beaux seins, belles fesses qui raconte l’histoire de la famille Shangguan, et du couple formé par Lushi et Shouxi qui attend désespérément d’avoir un fils après avoir engendré sept filles. Le miracle se produit finalement avec le naissance de jumeaux, une fille et un garçon, mais les troupes de l’envahisseur japonais débarquent et bouleversent la vie cette modeste famille.

La majeure partie de la narration est faite par Jintong, l’héritier des Shangguan, dont l’obsession pour les seins de sa mère – et ceux de toutes les autres femmes qui passent à sa portée – m’a beaucoup dérangée (pour ceux qui ont lu/vu Le trône de fer, vous voyez le  fils de Lysa Arryn (sœur de Catelyn Stark), ben voilà, c’est pareil…). Difficile donc, dans ces conditions, d’apprécier le récit.

Ce fût donc une lecture laborieuse car malgré ses qualités stylistiques, c’est un roman très long, et quand on accroche pas à l’histoire, cela devient vraiment pénible.

Pas vraiment une déception car je n’attendais rien de particulier mais le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne m’a pas donné envie de lire d’autres romans de l’auteur.

Points, octobre 2005