Archive for the ‘ Littérature française ’ Category

Guy de Maupassant – Pierre et Jean

Guy de Maupassant - Pierre et JeanRésumé : Il est blond, calme, doux. C’est Jean. Un solide gaillard de vingt-cinq ans, rayonnant, responsable, généreux. Pierre, son frère aîné, est tout le contraire. Noir, emporté, rancunier, fragile, instable. Au Havre, les deux frères se retrouvent chez leurs parents, le temps des vacances. Leurs journées s’écoulent paisiblement au rythme des parties de pêche en mer, les vieilles rivalités d’enfants s’apaisent… Mais, brusquement, l’horizon s’obscurcit. L’orage éclate. C’est un notaire qui frappe à la porte. Affaire d’héritage. Avant de mourir, un lointain ami de la famille a légué sa fortune à Jean. À Jean ? Pourquoi à Jean ? Et pourquoi ce frère est-il si différent de lui ? Pierre en perd le sommeil et la raison. Ces questions le hantent jour et nuit. Il fouille le passé de sa mère. Cherche le secret enfoui. Au risque de sacrifier pour toujours son bonheur…

Lorsque le mot pierre a été tiré au sort pour la vingt-et-unième session du challenge Un mot, des titres de Calypso, mon choix s’est tout de suite porté sur Maupassant que j’ai repris plaisir à lire depuis ma lecture de Bel Ami.

Au début du roman, lorsque les Roland apprennent que Jean, le plus jeune des deux frères, a hérité de M. Maréchal, un vieil ami de la famille, je n’ai pas aimé le comportement de Pierre et sa jalousie. Puis, même si son attitude et sa méchanceté ont continué à m’énerver, je n’ai pu faire autrement que d’apaiser mes sentiments à son égard en découvrant la vérité. Sentiments qui ont été apaisés également par le fait que les autres personnages sont tout aussi détestable.

Maupassant nous donne une fois de plus un excellent angle de réflexion quant aux bonnes mœurs et à l’image que l’on doit donner en société. Je l’ai lu d’une traite, me demandant quels allaient être les choix des protagonistes !

La fin est plutôt surprenante et me paraît assez injuste. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Librio, novembre 2003

Du côté des challenges : Un mot, des titres chez Calypso.

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Laurent Seksik – Le Cas Eduard Einstein

Laurent Seksik - Le Cas Eduard EinsteinQuatrième de couverture : « Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution », écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à l’asile. Le fils d’Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement. Trois destins s’entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d’épopée d’un géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l’intime où résonnent la douleur d’une mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.

Le cas Eduard Einstein est un roman qui nous offre le point de vue de plusieurs narrateurs : le célèbre physicien Albert Einstein, son ex-femme Mileva et leur fils Eduard, atteint de schizophrénie.

Le roman est bien construit et se lit, ou plutôt se dévore, sans difficulté. Les parties dans lesquelles Eduard est le narrateur sont particulièrement percutantes, du fait qu’il s’adresse à son médecin en utilisant un « vous » qui donne au lecteur l’impression d’être directement interpelé. J’ai trouvé ces passages très forts d’autant que les récits qui se passent en institutions psychiatriques m’ont toujours pas mal bouleversée.

Par ailleurs, ce roman m’a permis d’apprendre plein de choses sur Einstein dont la vie privée m’étais jusque-là totalement inconnue – je ne savais même pas s’il avait été marié ! Le livre aborde également son exil aux États-Unis au cours de la seconde guerre mondiale et l’accueil, pas vraiment agréable, qu’il y a reçu.

Et puis, évidemment, il y a Mileva, déchirée d’avoir du confier son fils à un hôpital psychiatrique ; on ne peut qu’être touché par la détresse de cette femme, de cette mère…

Un roman très intéressant que je recommande même s’il ne fût pas un coup de cœur comme pour Cécile qui m’avait donné envie de le lire.

Flammarion, août 2013

Jérôme Ferrari – Le sermon sur la chute de Rome

Jérôme Ferrari - Le sermon sur la chute de RomeQuatrième de couverture : Empire dérisoire que se sont constitué ceux qui l’ont toujours habité comme ceux qui sont revenus y vivre, un petit village corse se voit ébranlé par les prémices de sa chute à travers quelques personnages qui, au prix de l’aveuglement ou de la corruption de leur âme, ont tout sacrifié à la tentation du réel, et qui, assujettis aux appétits de leurs corps ou à leurs rêves de bonheur ou d’héroïsme, souffrent de vouloir croire qu’il n’est qu’un seul monde possible.

Ce que j’en ai pensé : Un roman bien écrit mais une histoire qui m’a laissée de marbre.

J’ai commencé par vous donner ma conclusion et malheureusement, je n’ai pas grand chose à ajouter à cela. Les personnages ne m’ont ni plu ni intéressé et je me suis vite désintéressée de ce qui pouvait leur arriver. Sans les références au sermon sur la chute de Rome d’Augustin d’Hippone alias Saint-Augustin, je me demande si j’aurais terminé le roman…

Babel, août 2013

Du côté des challenges : A tous prix chez Asphodèle, Prix Goncourt 2012.

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Amélie Nothomb – La nostalgie heureuse

Amélie Nothomb - La nostalgie heureuseSeize ans après avoir quitté le Japon pour la deuxième fois, Amélie Nothomb retourne sur les traces de son passé dans le cadre d’une émission de télévision.

D’un point de vue littéraire, ce n’est pas ce qu’elle a écrit de mieux : je n’ai pas été particulièrement éblouie par le style par rapport à certains de ses précédents roman mais cela a été compensé, pour moi, par le fait qu’elle offre ici un témoignage émouvant. Les retrouvailles avec sa nounou, celle qui fut sa deuxième mère pendant les cinq premières années de sa vie, en particulier, m’ont émue.

Par ailleurs, j’aime beaucoup le titre et ce concept de nostalgie heureuse, natsukashii en japonais, la seule forme de nostalgie qui existe au Japon où le concept de nostaglie « triste » n’existe pas (ils utilisent le mot anglais dans ce cas). Décidément, la culture et la langue japonaise ne cesseront jamais de m’émerveiller !

Ce que j’ai aimé dans ce livre est, dans une certaine mesure, liée à mon expérience personnelle, sa vision du Japon correspond pas mal à la mienne : une grande admiration pour le pays et ses coutumes mais aussi le sentiment de ne pas en faire partie, les propos qui nous déroutent parce que nous ne sommes pas japonaises.

Pas le meilleur livre qu’elle ait écrit mais un récit qui m’a touchée plus particulièrement, avec lequel je me suis sentie connectée.

Albin Michel, août 2013

Irène Némirovsky – Suite française

Irène Némirovsky - Suite françaiselogo_coeurIrène Némirowsky brosse le portrait de plusieurs familles, riches ou pauvres, qui tentent de fuir Paris alors que l’armée allemande arrive. Les descriptions, les pensées des uns et des autres sont criantes de vérité, je n’ai pu qu’être touchée par tous ces personnages, même les moins sympathiques, en un sens. On croise beaucoup de personnages, qui n’ont pas forcément de lien les uns avec les autres, issus de milieux différents, ce qui renforce le constat qu’en temps de guerre tout le monde est logé à la même enseigne.

Le récit est encore plus poignant quand on sait qu’Irène Némirowsky est morte en 1942 à Auschwitz et qu’elle a donc écrit ce livre dans le feu de l’action.

La seconde partie du roman est assez différente de la première. Elle se passe sous l’occupation et raconte la vie dans le village de Bussy dans lequel les allemands se sont installés. Village dont il a été question dans la première partie alors que certains personnages y avaient trouvé refuge. Le lieutenant Bruno von Falk installe ses quartiers dans la demeure de Mme Angellier qui y réside avec sa bru, Lucie, en attendant le retour de son fils Gaston, fait prisonnier par les allemands. Dans cette seconde partie, j’ai beaucoup aimé les réactions des différents personnages face aux occupants.

Le roman est complété par les notes de l’auteure qui nous apprennent qu’elle souhaitait en faire un livre beaucoup plus long et nous révèlent qu’il aurait pu être bien différent. Je l’ai adoré comme cela mais je ne peux m’empêcher de penser que ce qu’elle avait en tête aurait été aussi réussi. Quelle tristesse qu’elle n’ait pu aller jusqu’au bout…

C’est la première fois que je lisais cette auteure et une chose est sûre c’est que je ne compte pas en rester là !

Folio, mars 2006

Une adaptation cinématographique de ce roman est actuellement en tournage. Elle me semble se concentrer plutôt sur la seconde partie du roman (d’après le synopsis disponible sur imdb) mais je me trompe peut-être. Le film est réalisé par Saul Dibb et interprété, entre autres, par la ravissante Michelle Williams dans le rôle de Lucie Angellier, Kristin Scott Thomas dans celui de sa belle-mère, Matthias Schoenaerts incarnera Bruno von Falk et Sam Riley jouera le rôle de Benoit.

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Kéthévane Davrichewy – Les Séparées

Kéthévane Davrichewy - Les SéparéesQuatrième de couverture : Quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues. Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d’autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.

Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé : leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des « années Mitterrand ». Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun.

J’ai été à la fois touchée par l’histoire des deux femmes mais aussi déçue par la tournure des évènements. J’ai aimé la façon dont l’auteure a traité le thème de la séparation, amicale ou amoureuse mais aussi l’étiolement des liens familiaux, mais je n’ai pas aimé les personnages en eux-même. J’ai conscience que ce que je dis est paradoxal, j’ai aimé mais je n’ai pas aimé, et c’est pourtant exactement ce que je ressens quand je repense à cette lecture.

Je n’exclue pas, toutefois, de lire l’autre roman de Kéthévane Davrichewy que j’ai repéré, La mer noire.

10×18, juin 2013

J.M. Erre – Le mystère Sherlock

J.M. Erre - Le mystère SherlockUn groupe d’éminents spécialistes de Sherlock Holmes se retrouvent à l’Hôtel Baker Street, sis à Meiringen, Suisse, pour participer à un colloque sur le célèbre personnage. Ils visent tous le poste de titulaire à la chaire d’holmésologie et cherchent par tous les moyens à être nommé par le professeur Bobo avant qu’il ne perde complètement la boule. J’insiste sur TOUS les moyens…

J’ai beaucoup rigolé lors de cette lecture qui s’avère être tout à fait distrayante ! L’auteur connaît bien l’univers créé par Conan Doyle et s’en sert admirablement.

La construction du livre à travers, notamment, les notes de la journaliste présente à l’hôtel est également réussie. Les portraits des protagonistes sont très drôles, tout comme les extraits de Sherlock Holmes pour les nuls ! Les extraits de journaux ou les notes prises par les autres acteurs de l’histoire sont, pour la plupart, tout aussi amusantes – excepté les élucubrations mystiques de Dolorès qui m’ont passablement agacée.

J’ai également apprécié les autres références littéraires qui truffent le récit et je suis sûre que je ne suis pas la seule à avoir aimé ces clins d’œil !

Mon seul petit bémol est que j’avais deviné, assez longtemps avant la fin, l’identité du coupable ce qui me chagrine car si je suis fan de Sherlock ce n’est pas à cause de Benedict Cumberbatch c’est justement parce que je suis toujours bluffée jusqu’au dernier moment.

Un excellent moment de détente ; si vous partez bientôt en vacances, n’hésitez pas à le glisser dans votre valise !

10/18, juin 2013

Grégoire Delacourt – La liste de mes envies

Grégoire Delacourt - La liste de mes enviesQuatrième de couverture : Les femmes pressentent toujours ces choses-là. Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir tout ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre ? Grégoire Delacourt déroule ici une histoire forte d’amour et de hasard. Une histoire lumineuse aussi, qui nous invite à revisiter la liste de nos envies.

Contrairement à beaucoup de monde, je n’ai pas du tout aimé ce livre. Ça commençait plutôt bien, on fait la connaissance de Jo, de sa petite mercerie, de sa famille… Sans réellement apprécier le personnage au départ, je pensais ressentir au fil de la lecture quelque chose comme un élan d’espoir mais ce ne fût pas du tout le cas. Je n’ai aimé ni la personnalité des protagonistes ni leurs choix, encore moins la fin qui ne me semble pas lumineuse et remplie d’espoir après le gâchis provoqué par une succession de mensonges et de trahisons.

Quant à revisiter la liste de ses envies, même si je suis bien d’accord que l’argent ne fait pas le bonheur et que d’autres choses sont plus importantes dans la vie, je trouve aussi que c’est bien d’avoir des objectifs et que c’est ce qui nous fait avancer. Bref, pour résumer, le message de ce roman ne m’a pas du tout atteinte…

Le Livre de poche, mai 2013

Chroniques du racisme ordinaire

Chroniques du racisme ordinairePrésentation de l’éditeur :

L’objet du livre ? – Prendre la mesure de la pensée raciste dans la littérature française. L’incroyable de l’affaire ? –  L’étendue des dégâts !
Racisme à plusieurs étages, si l’on veut. 
Celui qui agit par mimétisme, par répétition des âneries qui traînent dans l’air du temps ; c’est le cas de Stendhal, d’Hugo par exemple.
Racisme mû par la haine, par la méchanceté, et qui préfigure les drames du xxe siècle : c’est le cas de Daudet, de Loti, des frères Goncourt.

Chroniques du racisme ordinaire n’est pas le genre d’ouvrage que je lis habituellement et cela fait pas mal de temps que je n’ai pas mis le nez dans un roman français du XIXème mais j’ai été interpellée par le thème et le fait que j’avais probablement dû lire, voire étudier certains de ces textes à l’école, sans que cela me choque ou en tout cas, je n’en ai pas souvenir.

Les propos tenus dans ces textes sont écœurants, emplis de méchanceté ou de bêtise, ou même les deux à la fois ; ce ne fut donc pas une lecture que je qualifierais d’agréable et je suis souvent restée bouche-bée devant ces propos aberrants. Je trouve que l’idée de rassembler ces textes est bonne – c’est ce qui m’a donné envie de lire le livre, d’ailleurs – toutefois, je ne suis pas aussi séduite par le produit fini que je l’espérais. Le point fort de l’ouvrage devient aussi son point faible car, une fois sortis de l’œuvre, ces extraits sont difficiles à appréhender et à examiner et on se lasse de cette succession de textes dont la lecture nous donne envie de jeter le livre par la fenêtre. Bien que les textes parlent d’eux-même, je crois que j’aurais préféré une étude un peu plus poussée.

Éditions Pimientos, mars 2013

Carole Martinez – Du domaine des Murmures

Carole Martinez - Du domaine des MurmuresC’est le jour même de ses noces avec Lothaire qu’Esclarmonde se refuse à lui et offre sa vie à Dieu malgré l’interdiction de son père.

Elle demande alors à être enfermée dans une cellule attenante à la chapelle du château du domaine des Murmures, où elle restera éternellement vierge et pure et entièrement dévouée à Dieu. Du moins, c’est là son projet, car elle ne se doute pas qu’avant son enfermement définitif, elle va être victime d’un viol qui aura des répercussions non seulement sur ses motivations mais aussi sur la vie de tout le domaine…

Je me suis laissée tenter par cette lecture pour le côté historique – l’histoire débute en 1187 – et en raison de la réputation de l’auteure que je n’avais encore jamais lue, et de ce point de vue, mes attentes n’ont pas été déçues. La plume de Carole Martinez est très agréable à lire et l’ambiance générale du roman m’a plu. J’ai été touchée en particulier par les passages qui montrent l’attachement d’une mère pour son enfant ; en revanche, les questionnements mystiques du personnage et sa relation avec son père m’ont beaucoup moins intéressée.

Un roman que j’ai aimé surtout pour la qualité de l’écriture bien que certains passages ne m’aient pas interpellée du tout. Il me tarde maintenant de découvrir Le cœur cousu car j’ai beaucoup aimé le style et la sensibilité de Carole Martinez.

Folio, février 2013

Ce roman a reçu le prix Goncourt des lycéens en 2011.

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