Posts Tagged ‘ Littérature américaine ’

Carson McCullers – Le cœur est un chasseur solitaire

Le coeur est un chasseur solitaireCe roman, qui peut avoir l’air décousu tant qu’on a pas bien assimilé tous les personnages, nous raconte les histoires de plusieurs personnes dans une petite ville du sud des États-Unis dans les années 30. Tout d’abord Mick Kelly, une gamine un peu garçon manquée qui aime la musique et rêve de quitter cette ville ; puis Biff, patron de café, très seul bien qu’il travaille dans cet endroit animé, surtout lorsque Blount débarque, cet homme aux manières plutôt rustres qui passe la moitié de son temps ivre mort. Il y a aussi le docteur Copeland, un noir très engagé, amateur de Karl Marx et rêvant d’un monde plus juste. Et puis, il y a John Singer, un sourd-muet, toujours aimable avec tout le monde, qui va recevoir les confidences de chacun, leur procurant un peu de réconfort tout en cachant son propre malaise.

J’ai bien aimé et en même temps j’en garde un goût amer car il ne laisse vraiment rien à espérer. Tout au long du livre je me suis demandée où l’auteur voulait en venir, mais en fait elle ne cherche à apporter aucune réponse, elle se contente de décrire les évènements tels qu’ils sont, sans porter de jugements d’ailleurs, ce que j’ai beaucoup apprécié car le lecteur est libre de se forger son propre avis sur chacun des personnages. Celui que j’ai préféré est John Singer, le muet ; comme les personnages du livre, c’est à lui que je me suis raccrochée au fil de ma lecture. Bref, je suis encore déboussolée par ce texte d’un tel pessimisme qu’il m’est difficile d’avoir un avis tranché sur ce livre.

On notera qu’il s’agit du premier roman de Carson McCullers, paru en 1940 alors qu’elle n’avait que 22 ans.

Livre de poche, avril 2001

Du côté des challenges : Un mot, des titres chez Calypso ; Le mois américain chez Titine.

Le mois américain en septembre

Plaisirs à cultiver nous propose, en septembre prochain, de lire des romans d’écrivains américains contemporains.

Compte tenu du nombre de romans dans ma PAL qui rentre dans le cadre de ce rendez-vous, il ne m’a pas fallu longtemps pour me décider à participer !

Si vous aussi vous avez envie de vous évader aux États-Unis en septembre prochain, n’hésitez pas à vous inscrire en cliquant sur ce lien.

Joyce Carol Oates – La fille tatouée

Joyce Carol Oates - La fille tatouéeJoshua Seigl, auteur célèbre atteint d’une mystérieuse maladie et vivant reclus, est à la recherche d’un assistant. Après avoir refusé plusieurs candidats, il fait par hasard la connaissance d’Alma Busch, une jeune fille recouverte d’intrigants tatouages, et l’engage sur le champs sans même chercher à savoir si elle est qualifiée pour le poste.

J’ai trouvé ce roman assez moyen au regard de la production de l’auteure. Aucun des personnages ne m’a semblé digne d’intérêt, ils ne m’ont pas émue, ni divertie,  je les ai trouvé pathétiques, bref, ils m’ont plus énervée qu’autre chose. De plus, je trouve que la quatrième de couverture est trompeuse, je m’attendais à une histoire différente où l’accent serait mis sur la relation maître/esclave et où les tatouages d’Alma serait mis en avant, d’où ma semi-déception. A sa décharge, je rajouterai aussi que j’ai enchaîné les lectures avec des personnages peu sympathiques ou peu attrayants et je pense que j’avais envie d’autre chose, je suis certaine que cela a joué un rôle dans ma lecture de ce roman.

Ce titre ne figurera donc pas dans mon top des romans de Joyce Carol Oates même si j’apprécie toujours autant son style. La façon dont le roman se termine m’a tout de même bien plu, d’autant que je ne m’y attendais pas.

Une lecture en demi-teinte pour les raisons que j’ai évoqué plus haut, je me rattraperai avec d’autres titres de JCO !

Le Livre de poche, octobre 2008

La fille tatouée était une lecture choisie pour participer au challenge Un mot, des titres ; un rendez-vous qui fête déjà son premier anniversaire ! Le mot pour la prochaine session qui aura lieu le 1 septembre est enfant, si ça vous inspire, n’hésitez pas à vous inscrire chez Calypso. Moi en tout cas, je sais déjà ce que je vais lire !

Pour voir tous les billets, cliquez sur le logo ci-dessous !

William Faulkner – Tandis que j’agonise

William Faulkner - Tandis que j'agoniseTandis que j’agonise (As I lay dying en VO) est un roman composé de cinquante-neuf courts chapitres d’une intensité rarement égalée. Une quinzaine de narrateurs se succèdent pour raconter le trépas d’Addie Bundren et son voyage jusqu’à sa dernière demeure à Jefferson, la ville dont elle est originaire et où elle a demandé à être enterrée. Parmi eux se trouvent ses enfants et son mari – qui semble plus obsédé par l’achat d’un dentier que par l’enterrement de son épouse.

On est tout de suite frappé par l’atmosphère glauque qui règne des les premières lignes ; j’ai été vraiment choquée quand j’ai compris qu’Addie était encore en vie et qu’elle observait son fils construire son cercueil – oui, je sais, le titre aurait dû me mettre sur la voie mais que voulez vous, parfois, je suis longue à la détente. Plus on avance dans le récit mieux on comprend les relations qui existent entre les membres de cette famille, jusqu’à la chute du roman qui m’a vraiment mise sur le cul – pardonnez l’expression, je ne vois pas d’autre manière de le dire !

Malgré ses quelques 250 pages c’est une lecture qui n’est pas de tout repos et je vous avoue que j’ai eu du mal à avancer, non pas parce que ce n’était pas bien mais parce que c’était dur, souvent révoltant, et, bien que je l’ai terminé il y a plus d’une semaine, je ressens toujours un certain malaise en y repensant.

William Faulkner est assurément un très bon écrivain mais il faut avoir envie de s’embarquer dans son univers et être prêt à voir le pire se dérouler sous nos yeux. Une lecture éprouvante mais efficace.

Folio, janvier 1973

Richard Russo – Le déclin de l’empire Whiting

Richard Russo - Le déclin de l'empire WhitingAprès dix ans passés au Mexique, C.B. Whiting se voit contraint de rentrer à Empire Falls dans le Maine, sa ville natale où il décide de se faire construire une hacienda, façon de lui rappeler le pays où il a passé les meilleures années de sa vie. Son père lui cède alors la direction des deux usines familiales. Il épouse Francine Robideaux, sa voisine, diplômée comme lui de Bowdoin. Sans le savoir il perpétue ainsi la malédiction familiale qui veut que les hommes de la famille Whiting épousent des femmes insupportables… Voici ce que nous apprend le prologue.

Quelques années plus tard, l’usine à papier, la chemiserie et l’usine textiles ont mis la clé sous la porte depuis longtemps laissant un bon nombres de ses employés sans travail. Ce fût notamment le cas de Grace Roby, la mère de Miles et David qui finit par se mette au service de la veuve Whiting. Depuis le suicide de son mari C.B., c’est elle qui possède la moitié des biens immobiliers de la ville. En particulier, l’Empire Grill dont Miles Roby est le gérant et à qui elle a promis de le léguer à sa mort. C’est dans cet espoir qu’il y a travaillé jusqu’à maintenant, supportant son divorce d’avec Janine et essayant d’élever leur fille Tick du mieux possible malgré une communication de plus en plus difficile.

Je vais m’arrêter ici pour le résumé bien qu’il y ait encore énormément de choses à dire et de personnages à introduire, si vous voulez en savoir plus, je vous recommande d’acheter le livre !

Ce roman offre en effet une galerie de personnages très riche, chacun ayant ses particularités, vous en apprécierez certains et vous en détesterez sûrement d’autres comme ce fut le cas pour moi ! Du policier qui croit tout connaître alors qu’il n’est jamais sorti de sa ville, au prêtre devenu sénile, en passant par le vieux beau(f) ou encore l’adolescent asocial, il y a de quoi faire et chaque portrait est peint avec force détail.

J’ai adoré l’histoire de cette ville américaine sur le déclin et de ses personnages à l’avenir incertain. Je vous recommande vivement ce roman !

Le déclin de l’empire Whiting a obtenu le Prix Pulitzer en 2003.

10/18, janvier 2004

Jonathan Franzen – Les corrections

Jonathan Franzen - Les correctionsLes corrections raconte l’histoire d’une famille américaine, les Lambert. Le père retraité depuis quelques années a la maladie de Parkinson, il reste la plupart du temps assis dans son fauteuil alors que son épouse, Enid, fait de son mieux pour supporter ses sautes d’humeur. Son obsession est de réunir une dernière fois toute la famille pour Noël dans leur maison familiale à Saint Jude, ce qui n’est visiblement pas au goût de leurs trois enfants.

Gary, l’aîné, vit à Philadelphie avec son épouse et leurs enfants, homme d’affaires plutôt brillant, il semble depuis quelques temps déprimé et a une fâcheuse tendance à flirter avec la bouteille dès qu’il en a l’occasion. Le suivant, Chip, prof à l’université jusqu’à ce qu’il se fasse renvoyer pour avoir couché avec une étudiante tente de trouver une nouvelle voie tout en empruntant de l’argent à sa petit sœur, Denise. Cette dernière est le chef d’un restaurant de Philadelphie où elle rencontre beaucoup de succès ce qui n’est pas le cas dans sa vie privée.

Les différentes parties du roman se concentrent chacune sur l’un des cinq personnages principaux de la famille Lambert et ses relations avec les autres dans le contexte socio-économique difficile des années 1990.

Je vous avoue que j’ai eu un peu de mal avec cette lecture. Les personnages sont trop caricaturaux pour en faire une histoire crédible et aucun n’a réussi à se gagner ma sympathie. Du coup, j’ai eu un petit peu de mal à m’intéresser à leur vie, si ce n’est le personnage de Gary qui est celui qui m’a le plus intriguée dans sa relation avec sa femme notamment. Mais globalement, même si je comprends ce sur quoi l’auteur a voulu mettre le doigt, je n’en ai pas apprécié la forme.

Pas forcément mauvais mais pas un livre pour moi, sans doute.

Points, novembre 2011

Jonathan Safran Foer – Tout est illuminé

Jonathan Safran Foer - Tout est illuminéTout est illuminé, c’est tout d’abord l’histoire d’un écrivain juif, Jonathan Safran Foer, qui entreprend un voyage en Ukraine pour retrouver la personne qui a sauvé son grand-père des nazis.

Et puis, c’est aussi l’histoire d’Alex, fils d’une famille ukrainienne qui est envoyé par son père, chargé d’une agence de voyage, pour servir d’interprète à l’écrivain alors que son grand-père tiendra le rôle du chauffeur.

On s’aperçoit bien vite que la communication est difficile entre Jonathan et Alex mais il ne veut pas faillir à sa mission et fait tout son possible pour l’aider, malgré l’incompréhension et malgré la mauvaise volonté du grand-père !

Cette aventure, malgré la différence de langue et de culture aura créé des liens entre les deux personnages qui sont, depuis, restés en contact. La narration prend alors trois formes distinctes, d’une part, le roman qu’écrit Jonathan Safran Foer, un récit qui raconte l’histoire  d’un shtetl du nom de Trachimbrod, d’autre part, l’histoire du voyage effectué par l’écrivain raconté par Alexandre, et enfin les lettres que ce dernier envoie à Jonathan et dans lesquels il lui donne son avis sur son manuscrit tout en lui demandant des conseils sur le sien.

Ce qui nous frappe tout de suite, c’est la langue utilisée par Alex. S’il a certes appris l’anglais, il fait beaucoup de fautes, utilises des mots à la place des autres, et si cela fait souvent sourire, je dois dire que j’ai aussi trouvé cela touchant. Je tiens d’ailleurs ici à saluer le travail des traducteurs, Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, car j’imagine qu’il n’a pas été facile de traduire ces parties du récit.

J’ai aimé la chronique du shtetl de Trachimbrod pour ce qu’elle est tout autant que les réfléxions d’Alex sur celle-ci, sa façon d’invectiver l’auteur, sa naïveté aussi, parfois. J’ai aussi été touchée par sa propre histoire, sa vie de famille, ses ambitions…

Un roman à tiroirs qui ne cesse de nous surprendre, qui nous fait rire et nous émeut à la fois et dans lequel l’auteur aborde un très grand nombre de sujets. Je ne suis pas sûre que tout le monde aime, mais moi, j’ai trouvé ça génial !

Je ne manquerai pas de lire bientôt Extrêmement fort et incroyablement près du même auteur et dont j’ai entendu énormément de bien !

Points, mars 2004