John Le Carré – The Night Manager

Résumé : L’Anglais Jonathan Pyne est devenu directeur de nuit d’un palace suisse pour fuir ses démons : la mémoire d’un père héroïque qu’il croit mort au champ d’honneur, sa propre expérience de soldat en mission clandestine en Irlande, son mariage raté, ses angoisses existentielles. Mais, rattrapé par son passé lorsque la femme qu’il aime est assassinée, il se laisse recruter par un agent secret afin de démasquer le commanditaire du meurtre, un milliardaire aussi fascinant que répugnant, qui se livre impunément à des trafics en tous genres.

The Night Manager

De John Le Carré, j’avais déjà lu La taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy) et ma conclusion avait été que ses romans n’étaient pas faits pour moi. Toutefois, après avoir regardé et adoré l’excellente adaptation TV de The Night Manager avec son casting de folie (Tom Hiddleston, Hugh Laurie, Olivia Coleman, Elizabeth Debicki, Tom Hollander…), j’ai eu envie de redonner une chance à l’auteur.

Il y a pas mal de différences entre le roman et l’adaptation TV, notamment le moment les lieux dans lesquels se déroulent le récit. C’est une des choses qui m’a donné envie de lire le roman au départ, j’avais envie de repérer ces changements entre le livre et le scénario de la série.

J’ai plutôt apprécié le début du roman et la redécouverte des personnages sous la plume de leur créateur, malheureusement, je n’ai pas vraiment réussi à tenir la distance et j’ai retrouvé les mêmes choses que je n’avais pas aimé dans La Taupe. Le récit manque d’action et les explications trainent trop en longueur à mon goût. Par ailleurs, je dois avouer que j’ai préféré la tournure des évènements dans la série que j’ai trouvée bien plus palpitante que le roman.

Cette deuxième lecture de John Le Carré vient donc confirmer mon sentiment d’origine, ses romans ne sont pas faits pour moi !

Je vous recommande en revanche l’adaptation TV qui a été diffusée cette année, un chef d’œuvre de suspens avec des acteurs au top !

Penguin Classics; Television tie-in edition, February 2016

Du côté des challenges : Le mois anglais chez Cryssilda et Lou.

Le mois anglais 2016

Le mois anglais saison 5 chez Lou et Cryssilda

It’s that time of the year again ! Le mois anglais IS BACK thanks to Lou and Cryssilda, nos charmantes organisatrices.

J’ai piqué le logo de notre chère belette parce que Benedict Cumberbatch dans le rôle de Sherlock is just the best !

Le mois anglais 2016Les livres lus dernièrement (et pas encore chroniqués) et ceux qui sont dans ma PAL pour ce mois anglais :

  • Arthur C. CLarke/Stephen Baxter – L’Odyssée du Temps (L’œil du temps – Tempête solaire – Les premiers-nés)
  • Ray Celestin – Carnaval
  • Tatiana De Rosnay – Manderley forever
  • Daphne Du Maurier – Ma cousine Rachel
  • Neil Gaiman – L’océan au bout du chemin (lu)
  • Elizabeth Gaskell – Les amoureux de Sylvia
  • Robert Goddard – Heather Mallender a disparu
  • Ann Granger – Le témoignage du pendu
  • Antonia Hodgson – Le sourire du Diable
  • Kazuo Ishiguro – Le géant enfoui (lu)
  • John Le Carré – The Night Manager (lu)
  • Ian McDonald – La maison des Derviches
  • Terry Pratchett/Stephen Baxter – La longue Terre
  • Anthony Trollope – Le docteur Thorne

Ça me semble déjà pas mal compte tenu de mon rythme actuel de lecture et du fait que je dois déménager à la fin du mois de juin (début juillet au plus tard).

Si ce n’est pas encore fait, dépêchez-vous d’aller vous inscrire chez Lou et Cryssilda, ça commence le 1er juin !

PAL mois anglais

Liane Moriarty – Le secret du mari

Tout commence avec une lettre trouvée inopinément par Cecilia et portant la mention suivante :

« Pour ma femme, Cecilia Fitzpatrick,

À n’ouvrir qu’après ma mort. »

Son époux John-Paul étant bien vivant, il n’y a aucune raison pour qu’elle l’ouvre maintenant, et pourtant, les circonstances de cette découverte rendent la chose extrêmement tentante. De plus, depuis quelques mois, les choses ne sont plus aussi parfaites entre eux et l’attitude de son mari semble cacher quelque-chose…

Secret du mari

Outre Cecilia, l’intrigue est construite principalement autour de deux autres personnages féminins. D’une part, Tess O’Leary, qui, apprenant que son mari et sa cousine/meilleure amie/partenaire en affaires sont tombés amoureux, retourne chez sa mère en emmenant son jeune fils. D’autre part, Rachel Crowley dont la fille a été assassinée à l’âge de 17 ans et qui tente toujours de faire arrêter celui qu’elle soupçonne d’être l’auteur du crime.

Au fil du récit, les liens entre tous ces personnages nous apparaissent et nous donne de plus en plus envie de découvrir de quoi il retourne. L’intrigue est bien menée car les indices sont révélés au compte-goutte et entretiennent le suspens. Mais ce qui m’a surtout plu dans ce roman ce sont les questions qu’il nous amène à nous poser notamment sur le dilemme opposant l’envie de dire la vérité et le besoin de protéger les siens.

Le secret du mari n’est pas seulement un roman sur le secret et le mensonge, c’est aussi un roman sur la famille et c’est ce qui m’a plu dans ce livre de l’australienne Liane Moriarty.

Le Livre de poche, avril 2016

Diane Ducret – Lady Scarface

Quatrième de couverture : Chicago. Début des années folles.  Le Syndicat du crime n’est pas qu’une affaire d’hommes, il se conjugue aussi au féminin.  Elles sont fugueuses, frondeuses, parfois meurtrières, mais toujours rebelles. Elles s’appellent Mary Josephine Capone alias Mae, Ada et Minna Everleigh, les Impératrices du vice, Margaret Collins, la Fille au baiser mortel, Louise Rolfe, l’Alibi blond, Bonnie Parker, la Juliette au revolver, ou encore Virginia Hill, le Flamant rose : elles sont les compagnes d’infortune comme de gloire d’Al Capone, Clyde Barrow ou Bugsy Siegel, barons noirs des années de plomb qui ont fait trembler l’Amérique.  Traquées par le légendaire patron du FBI John Edgar Hoover, muses de la prohibition et de ses fêtes décadentes, elles n’ont rien à envier aux gangsters, l’intelligence et les talons hauts en prime.  Le crime ne paie peut-être pas, mais il séduit toujours. A partir d’archives déclassifiées du FBI et d’Alcatraz, de journaux de l’époque, d’entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile avec le talent qu’on lui connaît l’intimité de celles qui ont choisi d’être des Lady Scarface, à la vie à la mort… 

Lady Scarface

C’est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans cette lecture car bien que les histoires de gangsters tel qu’Al Capone, Bugsy Siegel ou encore Baby Face Nelson ne me soient pas inconnues, je me m’étais jamais intéressée aux femmes de leur entourage. En dehors de Bonnie Parker, personnage qui me fascine depuis que j’ai entendu la chanson Bonnie and Clyde de Serge Gainsbourg, je ne connaissais pas les autres femmes dont il est question dans ce livre.

De Mae Capone, épouse du célèbre Al Capone, alias Scarface, parrain de la mafia de Chicago en pleine période de prohibition à Virginia Hill, le flamant rose, en passant par Margaret Collins, la fille au baiser mortel ou encore Bonnie Parker compagne de Clyde Barrow dont l’histoire est tristement célèbre, Diane Ducret brosse un portrait fidèle de celles qui ont été surnommées les fiancées de la poudre.

Je dois admettre que c’est une période de l’histoire des États-Unis qui m’intéresse beaucoup et si j’ai toujours trouvé qu’il y a quelque chose de fascinants chez ces gangsters, j’ai été tout aussi séduite par leurs compagnes qui n’ont pas froid aux yeux. Le livre est très bien documenté et comporte même des photos d’époque, permettant au lecteur non seulement de mettre un visage sur les noms mais surtout d’admirer le style vestimentaire de ces dames dont le look fût à l’époque jugé choquant !

Lady Scarface est un livre à la fois agréable à lire et instructif que je recommande. Il est disponible dès aujourd’hui chez votre libraire préféré.

Merci aux éditions Perrin et Plon pour cette découverte.

Vonda McIntyre – La Lune et le Roi-Soleil

Vonda McIntyre - La Lune et le Roi-SoleilQuatrième de couverture : En 1693, le père jésuite Yves de La Croix, explorateur au service du roi Louis XIV, ramène à Versailles un couple de mammifères marins capturés dans les mers du Nouveau Monde. L’un d’eux succombe, tandis que l’autre, la femelle, survit et provoque l’ébahissement général. Marie-Josèphe, la jeune sœur du religieux, qui se voue à l’étude des sciences naturelles loin des intrigues de la cour, devient l’intermédiaire entre les humains et la créature aussi laide que son chant est beau. Protégé par le roi vieillissant qui espère découvrir le secret de l’immortalité, Yves cherche à percer les mystères de la voix divine de l’étrange sirène. Mais revendiquer l’intelligence de cette créature est un grave défi aux conventions aristocratiques et à l’obscurantisme chrétien. Conte tragique où vérité historique et imaginaire se mêlent et se côtoient, La Lune et le Roi-Soleil est aussi un plaidoyer pour la tolérance et la liberté.

Outre sa quatrième de couverture intrigante, deux choses m’ont donné envie de lire ce livre : premièrement, ce roman a reçu le prestigieux prix Nebula en 1997 et deuxièmement, il fait l’objet d’une adaptation cinématographique dont la sortie est prévue cette année (source : imdb).

J’ai été interpellée par le mélange science-fiction/réalité historique, imaginer un monstre marin dans la fontaine d’Apollon en plein milieu des jardins de Versailles, il fallait y penser !

La vie à la cour du Roi-Soleil est plutôt bien rendue, toutefois j’ai trouvé que le côté fantastique n’était pas vraiment le plus intéressant même si la relation entre Marie-Josèphe et le monstre marin est bien développée. Ce sont les thèmes sous-jacents qui m’ont le plus interpellée : la place des femmes dans la société de l’époque à travers le personnage de Marie-Josèphe, l’esclavage, l’intolérance…

La Lune et le Roi-Soleil s’est avérée une lecture intéressante et divertissante même si elle n’a pas tout à fait correspondu à mes attentes.

Le Livre de poche, mars 2016

Hannah Kent – A la grâce des hommes

logo_coeurQuatrième de couverture : Islande, 13 mars 1828. Agnes Magnúsdóttir est reconnue coupable de l’assassinat de Natan Ketilsson, son amant, et condamnée à mort. En attendant son exécution, la prisonnière est placée comme servante dans une ferme reculée. Horrifiés à l’idée d’héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Au fil des mois, elle devra apprendre à vivre au sein de cette famille hostile. Malgré leurs peurs réciproques, la violence, les préjugés, les colères et la mort annoncée.  Et la vérité qu’Agnes voudrait pouvoir faire entendre alors que personne ne semble prêt à l’écouter.

Burial Rites

Bien que romancé, ce livre est tiré d’une histoire vraie, celle d’Agnes Magnúsdóttir, dernière personne à avoir été condamnée à mort en Islande.

Ce qui m’a attirée de prime abord, ce n’est pas l’histoire elle-même mais le fait que celle-ci se déroule en Islande. De ce point de vue, je n’ai absolument pas été déçue. On découvre et on apprend beaucoup de choses sur la façon de vivre sur cette île au début du XIXème ; les descriptions des paysages et des conditions climatiques sont également très vives et je les ai lues avec beaucoup de plaisir.

Et ce n’est finalement pas la seule chose qui m’a plu.

J’ai rarement lu un roman dans lequel les personnages m’ont semblé aussi humains, leurs réactions à la situation semblent normales et justes, elles ne sont jamais exagérées. On imagine facilement ce que chacun ressent et même si on aurait pas forcément réagit de la même manière, on les comprends. De plus, bien que le sujet ne soit pas des plus joyeux, le roman est écrit de manière à toucher le lecteur sans tirer sur la corde sensible.

J’ai savouré chaque mot, chaque dialogue, chaque description de la vie quotidienne dans une ferme islandaise, et bien que je l’ai terminé il y a plus d’une semaine, il me trotte encore dans la tête.

En plus d’avoir le mérite de nous faire découvrir l’Islande, A la grâce des hommes est un livre profondément humain que je ne suis pas près d’oublier.

Pocket, janvier 2016

Lectures nippones… ou presque

MURAKAMI Ryû – Kyoko

KyokoCe roman est réputé pour être le plus optimiste de l’auteur. Cela ne veut pas dire pour autant que les thèmes abordés ne sont pas difficiles.

Kyoko, le personnage central de ce roman, part à New York afin de retrouver un certain José; un jeune homme qui l’a en quelque sorte sauvée en lui apprenant la danse quand elle était petite. Pour ce faire, elle n’a en sa possession qu’une adresse vieille de plusieurs années.

L’histoire est racontée du point de vue de divers personnages que la jeune femme rencontre au fil de ses recherches. Il est intéressant d’observer la personnalité de Kyoko à travers leurs yeux et sa persévérance face aux situations les plus désespérées.

Pas le plus marquant des romans de Ryû Murakami mais un livre qui fait réfléchir.

FURUKAWA Hideo – Alors Belka, tu n’aboies plus ?

BelkaDans ce roman, Furukawa a eu l’idée de raconter plusieurs décennies d’Histoire à travers la descendance de quatre chiens soldats abandonnés par l’armée impériale japonaise sur une île déserte pendant la seconde guerre mondiale.

Alors Belka, tu n’aboies plus ? est un roman difficile à décrire et à appréhender. J’étais d’ailleurs un peu sceptique avant de commencer ce livre mais finalement je me suis vite laissée emporter sur les traces de ces générations de chiens à travers le monde.

Un roman intéressant et original qui m’a donné envie de lire d’autres livres de l’auteur.

Radhika Jha – La Beauté du Diable

La beauté du diableCe roman n’a pas été écrit par une japonaise, mais il aurait pu. Outre le fait que l’action se déroule au Japon, on retrouve dans ce livre de l’indienne Radhika Jha des thèmes souvent abordés dans la littérature japonaise contemporaine.

Kayo s’est mariée jeune et a rapidement eu un premier enfant. Son époux étant très pris par son travail, elle se sent rapidement délaissée et trouve dans le fait d’acheter des vêtements un échappatoire à son morne quotidien. A la suite d’une rencontre avec sa meilleure amie du temps du lycée, elle commence à dépenser des sommes de plus en plus conséquentes, jusqu’à se retrouver criblée de dettes…

Je n’ai pas trouvé l’histoire particulièrement originale mais certains passages sur la société de consommation et sur la vie au Japon m’ont beaucoup plu.

Une descente aux enfers savamment orchestrée que j’ai pris plaisir à lire malgré le manque de surprises.